Al-Faḍl ibn Sahl, le vizir (1), et Abou Yaḥyā al-Ḥimmānī (2).
[Puis vint l’année deux cent trois.] Durant celle-ci, al-Ma’mûn arriva, au cours de son voyage depuis le Khurāsān vers l’Irak, dans la ville de Ṭūs (3). Il y demeura [là-bas] (4) près du tombeau de son père pendant quelques jours du mois de Ṣafar. Vers la fin du mois, ʿAlī ibn Mūsā al-Riḍā mangea du raisin et mourut subitement. Al-Ma’mûn accomplit la prière funéraire sur lui, puis l’enterra aux côtés de son père Hārûn al-Rashīd, et montra de grands signes de tristesse — Dieu est le plus Savant quant à la réalité des choses. Il écrivit ensuite à al-Ḥasan ibn Sahl pour le consoler au sujet d’ʿAlī al-Riḍā et l’informer de la peine qu’il avait ressentie à cette occasion.
Il adressa également une lettre aux Banû al-ʿAbbās à Bagdad, leur disant : « Vous ne vous êtes opposés à moi que parce que j’avais désigné ʿAlī al-Riḍā comme héritier après moi, or il est maintenant décédé ; revenez donc à l’obéissance. » Ils lui répondirent par la missive la plus virulente jamais envoyée à quiconque.
Cette même année, la mélancolie (5) envahit al-Ḥasan ibn Sahl au point qu’on l’enchaîna et qu’on l’enferma dans une pièce. Les émirs en informèrent al-Ma’mûn, qui leur écrivit : « Je suis sur le point de venir à la suite de cette lettre. »
De nombreuses guerres éclatèrent ensuite entre Ibrāhīm et les habitants de Bagdad, qui lui manifestèrent de l’hostilité et de la haine. Les désordres, les bandes de malandrins et les débauchés se multiplièrent à Bagdad, la situation empira, et les habitants accomplirent la prière du vendredi à midi, dirigés par des muezzins, sans prône, et avec quatre rakʿas. L’affaire s’aggrava, la discorde s’intensifia parmi la population au sujet d’Ibrāhīm et d’al-Ma’mûn, puis la faction favorable à al-Ma’mûn finit par l’emporter.
Mention du fait que les habitants de Bagdad destituèrent Ibrāhīm [ibn al-Mahdī] (6) et appelèrent à l’autorité d’al-Ma’mûn :
Lorsque vint le vendredi suivant, les gens prièrent en invoquant al-Ma’mûn et déposèrent Ibrāhīm. Humayd ibn ʿAbd al-Ḥamīd s’avança alors