Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans cette année, le frère d’Abū al-Sarāyā se souleva à Kufa et brandit l’étendard blanc. Ibrāhīm ibn al-Mahdī envoya alors contre lui des troupes qui le combattirent et le tuèrent, puis elles envoyèrent sa tête à Ibrāhīm.

La nuit du quatorzième jour de Rabīʿ al-Ākhir de cette même année, une rougeur apparut dans le ciel, puis disparut, mais deux colonnes rougeâtres subsistèrent dans le ciel jusqu’à la fin de la nuit. À Kufa, il y eut des guerres entre les partisans d’Ibrāhīm et ceux d’al-Maʾmūn, et des combats acharnés eurent lieu. Les premiers portaient la couleur noire, les seconds la couleur verte, et les affrontements se poursuivirent jusqu’à la fin de Rajab.

Au cours de cette même année, Ibrāhīm ibn al-Mahdī s’empara de Sahl ibn Salāma al-Muṭṭawʿī et l’emprisonna. En effet, un groupe de partisans s’était rallié autour de lui au nom de l’obligation d’ordonner le bien et d’interdire le mal, mais ils avaient dépassé les limites, condamnant le pouvoir et appelant à se conformer au Livre et à la Sunna. La porte de sa maison ressemblait à celle d’un souverain, avec armes, gardes et tout le faste royal. Les soldats l’attaquèrent et dispersèrent ses compagnons. Lui-même déposa les armes au milieu des femmes et des badauds, puis se cacha dans une ruelle, avant d’être arrêté et conduit à Ibrāhīm, qui l’emprisonna pendant une année complète.

Cette année-là, al-Maʾmūn quitta le Khorassan en direction de l’Irak. ʿAlī ibn Mūsā ibn Jaʿfar al-ʿAlawī l’avait en effet informé des dissensions et des troubles qui agitaient le pays d’Irak, précisant que les Hachémites le soupçonnaient d’être ensorcelé ou fou, et qu’ils lui reprochaient d’avoir décidé de me désigner, moi, comme ton successeur. Il lui fit également part de la guerre qui opposait al-Ḥasan ibn Sahl à Ibrāhīm ibn al-Mahdī. Al-Maʾmūn convoqua alors plusieurs de ses émirs et de ses proches pour leur demander confirmation de ce qu’avait rapporté ʿAlī al-Riḍā. Ils reconnurent la véracité de ses propos après avoir reçu de lui un sauf-conduit, affirmant : « Al-Faḍl ibn Sahl t’a conseillé de tuer Harthama, qui pourtant t’était dévoué, et tu t’es empressé de le faire. Quant à Ṭāhir ibn al-Ḥusayn, il avait préparé le terrain pour toi… »

(1) Dans A et Ẓā : la sortie d’Abū al-Sarāyā est confirmée conformément à ce qui est rapporté dans Ṭ. Abū al-Sarāyā fut tué en l’an 199 de l’Hégire. (2) « Bayyaḍ » : c’est-à-dire qu’il ordonna de porter du vert, contrairement à la pratique des Abbassides qui portent du noir, leur emblème. (3) Supplément dans Ṭ. (4) Ainsi dans Ẓā et al-Ṭabarī : « fou », alors que dans Ṭ : « prisonnier », ce qui est une altération. (5) Dans A et Ṭ : « et ses proches ». « La parenté de l’homme » est au nom verbal. (6) Dans A et Ṭ : « il les informa » ; on confirme ce qui est rapporté dans Ẓā. (7) Il s’agit de Harthama ibn A‘yan, un émir et un commandant courageux. Al-Rachīd lui confia l’Égypte, puis il l’envoya en Ifriqiya et lui confia la province de Khorasan. Lorsque la discorde éclata entre al-Amīn et al-Ma’mūn, il se rallia à al-Ma’mūn, commandant ses armées et lui restant fidèle jusqu’à ce que la querelle cesse par la mort d’al-Amīn. Al-Ma’mūn lui reprocha quelque chose, selon certains il l’accusa de sympathie envers Ibrāhīm ibn al-Mahdī ou de négligence dans la lutte contre les Ṭālibides et Abū al-Sarāyā; il l’appela, l’insulta, le frappa et l’emprisonna. Al-Faḍl ibn Sahl (le vizir) le détestait et lui fit secrètement assassiner en prison. Sa biographie se trouve dans al-ʿAlām (8/81).
وفي هذه السنة خرج (١) أخو أبي السَّرايا بالكوفة، فبيّض (٢) ، فأرسل إليه إبراهيمُ بن المهدي مَن قاتله فقتل أخو أبي السرايا وأرسل برأسه إلى إبراهيم. ولما كان ليلة أربعَ عشرةَ من ربيع الآخر من هذه السنة ظهرت في السماء حُمرةٌ ثم ذهبت، وبقي بعدها عمودان أحمران في السماء إلى آخر الليل. وجرت بالكوفة حروب بين أصحاب إبراهيم وأصحاب المأمون، واقتتلوا قتالًا شديدًا. وعلى أصحاب إبراهيمَ السَّوادُ، وعلى أصحاب المأمون الخُضْرَةُ، واستمرَّ القتالُ بينهم إلى أواخر رجب. وفي هذه السنة ظفر إبراهيم بن المهدي بسهل بن سلامة المطَّوّعي فسجنه، وذلك لأنه التف عليه جماعةٌ من الناس يقومون في الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر، ولكن [كانوا] (٣) قد جاوزوا الحدَّ، وأنكروا على السلطان، ودعوا إلى القيام بالكتاب والسنة، وصار بابُ داره كأنَّه بابُ سلطان، عليه السلاح والرجال وغيرُ ذلك من أُبَّهة الملك، فقاتله الجند فكسروا أصحابه، فألقى السلاح وصار بين النساء والنظارة، ثم اختفى في بعض الدروب، فأُخذ وجِيء به إلى إبراهيم فسجنه سنة كاملة. وفي هذه السنة أقبل المأمون من خراسان قاصدًا العراق، وذلك أنَّ عليَّ بن موسى بن جعفر العلوي أخبر المأمون بما الناس فيه من الفتن والاختلاف بأرض العراق، وأنَّ الهاشميين يتهمون المأمون بأنه مسحور ومجنون (٤) ، وأنهم قد ينقمون عليك ببيعتك إليَّ من بعدك، وأن الحرب قائمة بين الحسن بن سهل وبين إبراهيم بن المهدي. فاستدعى المأمون بجماعة من أمرائه وقراباته (٥) فسألهم عما أخبر (٦) به علي الرِّضا، فصدَقوه الأمرَ بعد أخذهم الأمان منه، وقالوا له: إنَّ الفضل بن سهل حسَّن لك قتل هَرْثَمَة (٧) ، وقد كان ناصحًا لك، فعاجله بقتله، وإن طاهرَ بن الحسين مهَّد لك الأمور حتى قاد لك
(١) في أ، ظا: خروج أبو السرايا وأثبت ما جاء في ط، وقد قتل أبو السرايا في سنة ١٩٩ هـ. (٢) "بيّض": أي أمر بلبس الخضرة، مخالفًا بذلك ما عليه بنو العباس من لبس السواد، وهو شعارهم. (٣) زيادة من ط. (٤) كذا في ظا والطبري: مجنون، وفي ط مسجون، تحريف. (٥) في ط: وأقربائه. وقرابة الرجل، على المصدر. (٦) في أ، ط: أخبرهم، وأثبت ما جاء في ظا. (٧) هو هَرْثَمَة بن أعْيَن، أمير، من القادة الشجعان، ولاه الرشيد مصر، ووجهه إلى إفريقية، وعقد له على خراسان. ولما بدأت الفتنة بين الأمين والمأمون انحاز إلى المأمون، فقاد جيوشه وأخلص له الخدمة حتى سكنت الفتنة بمقتل الأمين. ونقم المأمون عليه أمرًا، قيل: اتهمه بممالأة إبراهيم بن المهدي أو بالتراخي في قتال الطالبيين وأبي السرايا، فدعاه إليه وشتمه وضربه وحبسه. وكان الفضل بن سهل (الوزير) يبغضه، فدس إليه من قتله في الحبس سرًا. ترجمته في الأعلام (٨/ ٨١).

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