[Le serment d’allégeance des gens de Bagdad à Ibrâhîm fils d’al-Mahdî]
Lorsque la nouvelle parvint à Bagdad que le calife al-Ma’mûn avait désigné ‘Alî ar-Ridâ, fils de Mûsâ, comme héritier après lui, les avis se divisèrent : certains approuvaient, d’autres s’y opposaient, et la majorité des ‘Abbassides refusa. Ibrâhîm et Mansûr, fils d’al-Mahdî, furent les instigateurs et les meneurs de cette opposition.
Le mardi, cinq jours avant la fin de Dhû l-Ḥijja, les ‘Abbassides proclamèrent publiquement leur allégeance à Ibrâhîm fils d’al-Mahdî et le surnommèrent « al-Mubârak » – il était de teint noir – puis, après lui, à son neveu Isḥâq, fils de Mûsâ fils d’al-Mahdî. Ils déposèrent ainsi al-Ma’mûn.
Le vendredi, deux jours avant la fin de Dhû l-Ḥijja, ils voulurent invoquer la prière en faveur d’al-Ma’mûn puis, ensuite, en faveur d’Ibrâhîm, mais le peuple déclara : « Nous ne sommes satisfaits que d’Ibrâhîm seul. » Les gens furent alors partagés et troublés, si bien qu’ils ne célébrèrent pas la prière du vendredi ; chacun pria individuellement quatre rak‘ât(1).
Cette même année, le gouverneur de Ṭabaristân conquit ses montagnes ainsi que les contrées d’al-Lârz(2) et ash-Shayzar. Ibn Jarîr(3) rapporte que Salm al-Khâsir composa un poème à ce sujet. Cependant, Ibn al-Jawzî et d’autres précisent que Salm(4) serait mort plusieurs années auparavant(5). Dieu seul le sait.
Au cours de cette année, une grave famine frappa les habitants du Khurâsân, du Rayy et d’Iṣfahân, rendant les denrées extrêmement rares. Cette même année, Bâbak al-Khurramî entra en rébellion et fut suivi par des foules de gens vils et ignorants. Il professait la croyance en la transmigration des âmes – qu’Allah le réprouve et le maudisse. Nous verrons plus loin(6) l’issue de son affaire.