La nuée était présente, et la colonne de lumière resplendissait. Moïse gravit la montagne, et les Enfants d’Israël affirmèrent avoir entendu la parole de Dieu. Un groupe d’exégètes est effectivement allé dans ce sens et a interprété en conséquence la parole du Très-Haut : « Et, en effet, un groupe d’entre eux écoutait la parole de Dieu, puis, après l’avoir comprise, la falsifiait sciemment » (Al-Baqara : 75). Toutefois, cela n’est pas une conclusion nécessaire, car Dieu dit également : « Et si l’un des associateurs te demande asile, accorde-le-lui afin qu’il entende la parole de Dieu » (At-Tawba : 6), c’est-à-dire par l’intermédiaire d’un transmetteur. Ainsi, ceux-là ont bien entendu la parole transmise par Moïse (que la paix soit sur lui). Ils ont aussi prétendu que les soixante-dix virent Dieu, ce qui est erroné ; en effet, lorsqu’ils demandèrent à Le voir, ils furent foudroyés, comme le Très-Haut le dit : « Et lorsque vous dîtes : “Ô Moïse, nous ne te croirons que si nous voyons Dieu à découvert.” Alors la foudre vous saisit tandis que vous regardiez. Puis Nous vous ressuscitâmes après votre mort afin que vous soyez reconnaissants » (Al-Baqara : 55-56). Il dit aussi ici : « Puis, lorsque la secousse les saisit, [Moïse] dit : “Seigneur ! Si Tu l’avais voulu, Tu les aurais anéantis auparavant, ainsi que moi-même.” » (Al-Aʿrâf : 155).
Muhammad Ibn Isḥâq a dit : « Moïse choisit soixante-dix hommes parmi les Enfants d’Israël, parmi les meilleurs, et leur dit : “Allez vers Dieu ; repentez-vous de ce que vous avez fait et demandez-Lui pardon pour ceux de votre peuple que vous avez laissés en arrière. Jeûnez, purifiez-vous et purifiez vos vêtements.” Il se mit donc en route avec eux jusqu’au mont Sinaï, au moment fixé par son Seigneur, car il ne s’y rendait qu’avec Sa permission et Sa science. Il dit : “Les soixante-dix m’ont demandé à entendre la parole de Dieu.” [Moïse] répondit : “Je le ferai.” Lorsque Moïse s’approcha de la montagne, la nuée s’y déploya en une colonne couvrant toute la montagne. Moïse s’approcha et pénétra dans la nuée. Il dit aux hommes : “Approchez-vous !” Quand Dieu s’entretenait avec Moïse, un vif éclat de lumière se dégageait de son front, si intense qu’aucun fils d’Adam ne pouvait le regarder, et un voile fut donc dressé entre lui et eux. Ceux-ci s’approchèrent et, lorsqu’ils entrèrent sous la nuée, ils se prosternèrent. Ils entendirent alors Dieu parler à Moïse, lui ordonnant et lui interdisant : ‘Fais ceci, ne fais pas cela.’ Lorsque Dieu acheva de lui donner Ses ordres et que la nuée se dissipa de Moïse, il se dirigea vers eux. Ils dirent : “Nous ne te croirons pas tant que nous ne verrons pas Dieu à découvert” (Al-Baqara : 55). La secousse – c’est-à-dire la foudre – les saisit, se saisit de leurs âmes, et ils moururent tous. Moïse se releva et implora son Seigneur, L’invoquant avec ferveur et disant : ‘Seigneur, si Tu l’avais voulu, Tu les aurais anéantis auparavant, ainsi que moi-même. Nous feras-Tu périr à cause de ce que les insensés parmi nous ont fait ?’ Autrement dit : ‘Ne nous incrimine pas en raison des actes de ceux qui ont adoré le Veau, car nous en sommes innocents.’ » Ibn ʿAbbâs, Mujâhid, Qatâda et Ibn Jurayj ont dit que la secousse les frappa parce qu’ils n’avaient pas interdit à leur peuple d’adorer le Veau.
Et Sa parole : « Ce n’est que Ta tentation » (Al-Aʿrâf : 155) signifie : c’est Ton épreuve, Ton test, Ton examen. C’est l’opinion d’Ibn ʿAbbâs, Saʿîd Ibn Jubayr, Abû Al-ʿÂliya, Ar-Rabîʿ Ibn Anas et de nombreux autres savants anciens et récents. Autrement dit, c’est Toi qui as décrété cette affaire et créé ce qui a trait au Veau pour les mettre à l’épreuve, comme Il a dit : « Et certes, Hârûn leur avait déjà dit : Ô mon peuple, vous n’avez été mis à l’épreuve que par cela » (Tâ Hâ : 90). C’est pourquoi Il dit : « Tu égare qui Tu veux par cette tentation et Tu guides qui Tu veux » (Al-Aʿrâf : 155), c’est-à-dire que celui que Tu veux, Tu l’égare par cette épreuve, et celui que Tu veux, Tu le guides. Nul ne peut s’opposer à Ta décision ni à Ton décret. « Tu es notre Protecteur, pardonne-nous et fais-nous miséricorde. Tu es le Meilleur des pardonneurs. Et prescris pour nous une belle part ici-bas et dans l’au-delà. Nous sommes revenus à Toi » (Al-Aʿrâf : 155-156).