Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et Ibn Numr, et Ibn Sâbûr, et ‘Amr al-‘Anbarî, et Abû Mutî‘ al-Balkhî (1), ainsi que Yûnus ibn Bukayr. [Puis vint l’an deux cents de l’Hégire.]

Le premier jour de cette année, Husayn ibn Hasan al-Afṭas s’installa sur une natte triangulaire derrière la Maqâm (station d’Ibrâhîm). Il ordonna que la Ka‘ba fût dépouillée des étoffes des Banû al-‘Abbâs et déclara : « Nous la purifions de leurs couvertures. » Il la recouvrit alors de deux draps jaunes portant le nom d’Abû l-Sarâyâ. Ensuite, il prit les fonds se trouvant dans le trésor de la Ka‘ba, puis il s’empara des dépôts appartenant aux Banû al-‘Abbâs. Il alla jusqu’à confisquer l’argent de ceux qui en avaient, prétendant qu’il revenait aux « musawwida » (les partisans des ‘Abbâsides). Les gens, terrifiés, fuirent vers les montagnes.

Il fit fondre l’or se trouvant sur les chapiteaux des colonnes, dont la récupération était ardue, puis il arracha les fenêtres de la Mosquée sacrée et les vendit à vil prix, commettant de graves exactions. Lorsqu’il apprit la mort d’Abû l-Sarâyâ, il dissimula la nouvelle et nomma à sa place un homme très âgé issu des Banû Tâlib, puis il poursuivit ses abus. Finalement, il s’enfuit le seizième de Muharram de la même année, lorsque Harthama vainquit Abû l-Sarâyâ, dispersa son armée et le chassa, lui et les Banû Tâlib qui étaient avec lui, hors de Kûfa. Harthama et Mansûr ibn al-Mahdî y entrèrent, assurèrent la sécurité de la population et ne cherchèrent querelle à personne.

De son côté, Abû l-Sarâyâ quitta la ville, emmenant ses partisans vers al-Qâdisiyya, puis de là ils poursuivirent leur route, jusqu’à ce qu’ils croisent une troupe de l’armée d’al-Ma’mûn qui les repoussa à nouveau. Abû l-Sarâyâ fut grièvement blessé ; ils fuirent alors en direction de la Jazîra pour gagner le domicile d’Abû l-Sarâyâ à Ra’s al-‘Ayn. Mais une autre troupe s’opposa à eux, s’empara d’eux et les amena devant al-Hasan ibn Sahl, qui se trouvait à al-Nahrawân lorsque la révolte l’avait poussé à se retirer. Il ordonna alors qu’on tranchât la tête d’Abû l-Sarâyâ. Pris d’une grande détresse, ce dernier fut décapité, puis on exhiba sa tête. Son corps fut sectionné en deux et placé sur les deux ponts de Bagdad. Il s’écoula dix mois entre son soulèvement et son exécution. Al-Hasan ibn Sahl envoya ensuite Muhammad ibn Muhammad auprès d’al-Ma’mûn en lui remettant la tête d’Abû l-Sarâyâ.

À ce propos, un poète a dit :
« Ne vois-tu pas le coup porté par al-Hasan ibn Sahl… de ton glaive, ô Prince des croyants ? »

(1) Dans (Ḥ, Q) : « père de Muṭīʿ al-Balkhī », qui est une erreur de transcription ; ce qui est confirmé dans (B), à savoir al-Ḥakam ibn ʿAbd Allāh Abū Muṭīʿ al-Balkhī, dont la biographie se trouve dans al-Jarḥ wa al-Taʿdīl (3/121) et Mīzān al-Iʿtidāl (2/339).
وابنُ نُمر. وابنُ سابور. وعمرو العَنْبري. وأبو مُطيع البَلْخى (١) ويونس بن بُكير. [ثم دخلت سنة مئتين من الهجرة] في أول يومٍ منها جلس حُسين بن حسن الأفطس على طِنْفِسَةٍ مثلَّثةٍ خلفَ المقام، وأمرَ بتجريدِ الكعبة مِمَّا عليها من كساوَى بني العباس وقال: نُطَهِّرُها من كساويهم. وكساها مُلاءتَيْن صفراوَيْن، عليهما اسمُ أبي السرايا، ثم أخذ ما في كَنْز الكعبةِ من الأموال، وتتبَّع ودائعَ بني العباس فأخذها، حتى إنه أخذَ مالَ ذوي المال، ويزعُم أنه للمسوِّدة، وهرب منه الناسُ إلى الجبالِ وسبَكَ ما على رؤوس الأساطينِ من الذهب، وكان يَنْزِلُ مِقدارٌ يسيرٌ بعد جهد، وقلعوا ما في المسجِد الحرام من الشبابيك وباعوها بالبَخْس، وأساؤوا السِّيرة جدًّا، فلما بلغَهُ مقتل أبي السرايا كتَمَ ذلك، وأمَّرَ رجلًا من الطالبيِّين شيخًا كبيرًا، واستمرَّ على سوء السيرة، ثم هرب في سادس عشر المحرَّم منها وذلك لما قهر هرثمةُ أبا السرايا، وهزم جيشَه وأخرجه ومَنْ معَهُ من الطالبيِّين من الكوفة، ودخلها هرثمةُ ومنصور بن المهدي، فأمَّنوا أهلَها ولم يتعرَّضوا لأحد. وسار أبو السرايا بِمَنْ معه إلى القادسيَّة، ثم سار منها فاعترضهم بعضُ جيوشِ المأمون فهزمهم أيضًا وجُرح أبو السرايا جِراحةً مُنكرة جدًّا، وهربوا يريدون الجزيرة إلى مَنْزل أبي السرايا برأس العَين، فاعترضهم بعضُ الجيوش أيضًا، فأسروهم وأتَوْا بهم الحسَن بن سهل وهو بالنَّهْرَوَان، حين طردَتْهُ الحربيَّة، فأمر بضرْبِ عُنق أبي السرايا، فجَزِع من ذلك جزَعًا شديدًا جدًّا، وطِيف برأسه، وأمر بجسده أن يقطَّع اثنتين، وينصب على جسري بغداد. فكان بين خروجه وقتلِه عشرةُ أشهر. فبعث الحسنُ بن سهل محمدَ بن محمد إلى المأمون مع رأسِ أبي السرايا، وقال بعض الشعراء: ألم تَرَ ضَرْبَةَ الحسنِ بن سَهْلٍ … بسيفِكَ يا أميرَ المؤمنينا
(١) في (ح، ق): والد مطيع البلخي، وهو تصحيف، والمثبت من (ب)، وهو الحكم بن عبد اللَّه أبو مطيع البلخي، ترجمته في الجرح والتعديل (٣/ ١٢١)، وميزان الاعتدال (٢/ ٣٣٩).

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