Il se rendit public avec vingt mille dinars qu’il avait empruntés à certaines personnes, et ainsi les esprits furent satisfaits. Puis, Ibrāhīm ibn al-Mahdī regretta la mise à mort de Muḥammad al-Amīn ibn Zubayda et le pleura en quelques vers. La nouvelle parvint à al-Maʾmūn, qui le réprimanda et le blâma pour cela. Ibn Jarīr rapporta de nombreuses élégies composées par le peuple pour al-Amīn (1), mentionna également des extraits de poèmes de ceux qui l’avaient satirisé et cita, parmi les vers de Ṭāhir ibn al-Ḥusayn lorsqu’il le tua, ce qui suit :
« Tu as imposé ta domination aux gens par la contrainte et la puissance,
et tu as tué les tyrans les plus grands.
Tu as tourné le califat vers Marw,
pour te hâter d’y faire allégeance à al-Maʾmūn. »
La succession d’Abd Allāh al-Maʾmūn, fils de Hārūn al-Rashīd
Lorsque son frère Muḥammad fut tué le quatrième jour de Ṣafar de l’an 198 (certains disent en Muḥarram), l’allégeance se consolida à l’Est comme à l’Ouest en faveur d’al-Maʾmūn, ʿAbd Allāh ibn al-Rashīd. Celui-ci confia la lieutenance (niyāba) de l’Irak, du Fārs, de l’Ahwāz, de Kūfa, de Baṣra, du Ḥijāz et du Yémen à al-Ḥasan ibn Sahl, puis envoya ses délégués (nūwwāb) dans ces provinces. Il écrivit à Ṭāhir ibn al-Ḥusayn, qui se trouvait à Bagdad, afin qu’il se rende à al-Raqqa pour combattre Naṣr ibn Shabath, et il lui accorda la lieutenance de la Jazīra, de la Syrie (Shām), de Mossoul et du Maghreb. Il envoya également une lettre à Harthama ibn Aʿyan pour le nommer gouverneur du Khorasan.
Cette même année, le pèlerinage fut dirigé pour la population par al-ʿAbbās ibn Mūsā ibn ʿĪsā al-Hāshimī.
Durant cette année, s’éteignirent : Sufyān ibn ʿUyayna, ʿAbd al-Raḥmān ibn Mahdī et Yaḥyā ibn Saʿīd al-Qaṭṭān. Ces trois hommes comptent parmi les grands maîtres de la science du ḥadīth, de la jurisprudence et de la connaissance des transmetteurs.
[Puis arriva l’an 199]
Cette année-là, al-Ḥasan ibn Sahl arriva à Bagdad comme gouverneur (de la part d’al-Maʾmūn) et dépêcha ses délégués vers le reste de ses domaines. Ṭāhir partit assumer la lieutenance de la Jazīra, de la Syrie et du Maghreb. Harthama se rendit au Khorasan pour y assumer son mandat. Vers la fin de l’année précédente, au mois de Dhū al-Ḥijja, al-Ḥasan ibn al-Harsh (2) se mit en campagne pour appeler à la cause du « bien-aimé » (ar-riḍā) issu de la famille de Muḥammad, et il perçut l’impôt à cette occasion.