Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et ainsi l’affaire eut lieu. Certains parmi les pieux prédécesseurs ont déclaré à propos de la parole divine : « Et c’est ainsi que Nous rétribuons ceux qui inventent (des mensonges) » qu’elle reste consignée contre tout auteur d’innovation jusqu’au Jour de la Résurrection.

Ensuite, Dieu – exalté soit-Il – informa de Sa mansuétude, de Sa miséricorde envers Ses créatures et de Sa bienfaisance envers Ses serviteurs en acceptant le repentir de celui qui revient à Lui, par Sa parole : « Et ceux qui ont commis de mauvaises actions puis se sont repentis après cela et ont cru… ton Seigneur, après cela, est certes Pardonneur et très Miséricordieux. » Cependant, Dieu n’accepta le repentir des adorateurs du Veau qu’à la condition qu’ils se fassent mettre à mort, comme Il le dit : « Et lorsque Moïse dit à son peuple : “Ô mon peuple, vous vous êtes fait du tort à vous-mêmes en adoptant le Veau. Revenez donc à votre Créateur et tuez-vous les uns les autres. Cela est bien meilleur pour vous auprès de votre Créateur.” Puis Il agréa votre repentir, car c’est Lui, certes, le Grand Accueillant au repentir, le Très Miséricordieux » (Al-Baqara, 2 : 54).

On rapporte à ce sujet qu’un matin, ceux qui n’avaient pas adoré le Veau saisirent leurs épées. Dieu fit alors descendre sur eux un brouillard empêchant qu’on reconnaisse son proche ou son parent, puis ils se jetèrent sur les adorateurs du Veau, les tuant et les fauchant. Il est dit qu’en une seule matinée, ils en tuèrent soixante-dix mille.

Dieu, exalté soit-Il, dit ensuite : « Et quand la colère de Moïse se fut calmée, il reprit les Tables, dont le texte comportait un guide et une miséricorde pour ceux qui craignent leur Seigneur » (Al-A‘râf, 7 : 154). Certains se sont appuyés sur le verset : « dont le texte comportait » pour affirmer qu’elles furent brisées. Toutefois, cet argument est discutable, et rien, dans le mot, n’indique une rupture des Tables. Dieu est plus savant.

Ibn ‘Abbâs a rapporté, dans le récit de la tentation (hadith al-fitoun) – comme il sera précisé (1) –, que leur adoration du Veau surgit peu après leur sortie de la mer, ce qui n’a rien d’étonnant, puisqu’une fois sortis, ils dirent : « Ô Moïse, établis pour nous une divinité tout comme ils ont des divinités » (Al-A‘râf, 7 : 138). De même, selon les Gens du Livre, leur adoration du Veau eut lieu avant leur arrivée aux contrées de la Maison sacrée (Bayt al-Maqdis). En effet, quand il leur fut ordonné de tuer ceux qui avaient adoré le Veau, ils en tuèrent trois mille dès le premier jour. Puis Moïse alla demander pardon pour eux, et ils furent absous à condition qu’ils entrent en Terre sainte.

Dieu dit : « Moïse choisit soixante-dix hommes de son peuple pour Notre rendez-vous. Puis, lorsque le tremblement les saisit, il dit : “Ô mon Seigneur ! Si Tu l’avais voulu, Tu les aurais détruits, eux et moi, avant cela. Voudrais-Tu nous anéantir pour ce que des insensés parmi nous ont commis ? Il ne s’agit que de Ton épreuve ; par elle, Tu égare qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux. Tu es notre Protecteur : pardonne-nous donc et fais-nous miséricorde, car Tu es le Meilleur des Pardonneurs. (155) Et inscris pour nous, dans cette vie d’ici-bas, une belle part, ainsi que dans l’au-delà : nous voici revenus à Toi.” Il (Dieu) répondit : “J’afflige de Mon châtiment qui Je veux, mais Ma miséricorde embrasse toute chose ; Je la prescrirai à ceux qui Me craignent, acquittent la Zakât, et qui croient à Nos signes ; (156) à ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l’Évangile : il leur ordonne le convenable et leur interdit le blâmable, il leur rend licites les bonnes choses et leur prohibe les mauvaises, et les délivre du fardeau et des chaînes qui pesaient sur eux. Ceux donc qui croient en lui, le soutiennent, l’assistent et suivent la Lumière descendue avec lui, ceux-là sont les bienheureux” » (Al-A‘râf, 7 : 155-157).

As-Suddî, Ibn ‘Abbâs et d’autres rapportent que ces soixante-dix personnes étaient les savants des Enfants d’Israël, accompagnés de Moïse, Aaron, Josué (Yûcha‘), Nadab et Abiyou. Ils partirent avec Moïse – sur lui la paix – afin de présenter des excuses pour l’adoration du Veau qu’avait commise une partie des Enfants d’Israël. Il leur fut commandé de se parfumer, de se purifier et de se laver. Alors qu’ils le suivaient et s’approchaient de la montagne, sur laquelle

(1) Page : (92) de ce volume.
وهكذا وقع. وقد قال بعض السلف: ﴿وَكَذَلِكَ نَجْزِي الْمُفْتَرِينَ﴾ مسجَّلةٌ لكلِّ صاحب بِدعةٍ إلى يوم القيامة. ثمّ أخبر تعالى عن حلمه، ورحمته بخلقه، وإحسانه على عبيده في قبوله توبة من تاب إليه بتوبته عليه فقال: ﴿وَالَّذِينَ عَمِلُوا السَّيِّئَاتِ ثُمَّ تَابُوا مِنْ بَعْدِهَا وَآمَنُوا إِنَّ رَبَّكَ مِنْ بَعْدِهَا لَغَفُورٌ رَحِيمٌ﴾ لكنْ لم يقبلِ اللّهُ توبة عابدي العجل إلا بالقتل كما قال تعالى: ﴿وَإِذْ قَالَ مُوسَى لِقَوْمِهِ يَاقَوْمِ إِنَّكُمْ ظَلَمْتُمْ أَنْفُسَكُمْ بِاتِّخَاذِكُمُ الْعِجْلَ فَتُوبُوا إِلَى بَارِئِكُمْ فَاقْتُلُوا أَنْفُسَكُمْ ذَلِكُمْ خَيْرٌ لَكُمْ عِنْدَ بَارِئِكُمْ فَتَابَ عَلَيْكُمْ إِنَّهُ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ﴾ [البقرة: ٥٤] فيقال: إنّهم أصبحوا يومًا وقد أخذ من لم يعبد العجل في أيديهم السيوف، وألقى اللّه عليهم ضَبابًا حتى لا يعرف القريبُ قريبَه ولا النسيب نسيبه، ثمّ مالوا على عابديه فقتلوهم وحصدوهم. فيقال: إنّهم قتلوا في صبيحةٍ واحدة سبعين ألفا. ثمّ قال اللّه تعالى: ﴿وَلَمَّا سَكَتَ عَنْ مُوسَى الْغَضَبُ أَخَذَ الْأَلْوَاحَ وَفِي نُسْخَتِهَا هُدًى وَرَحْمَةٌ لِلَّذِينَ هُمْ لِرَبِّهِمْ يَرْهَبُونَ﴾ استدلّ بعضهم بقوله: ﴿وَفِي نُسْخَتِهَا﴾ على أنّها تكسّرت، وفي هذا الاستدلال نظر، وليس في اللفظ ما يدلّ على أنّها تكسّرت. واللّه أعلم. وقد ذكر ابن عباس في حديث الفتون - كما سيأتي (١) - أن عبادتهم العجل كانت على أثر خروجهم من البحر، وما هو ببعيد؛ لأنهم حين خرجوا ﴿قَالُوا يَامُوسَى اجْعَلْ لَنَا إِلَهًا كَمَا لَهُمْ آلِهَةٌ﴾. وهكذا عند أهل الكتاب أن عبادتهم العجل كانت قبل مجيئهم بلاد بيت المقدس، وذلك أنّهم لما أُمروا بقتل من عبد العجل قَتَلوا في أول يوبم ثلاثة آلاف. ثمّ ذهب موسى يستغفر لهم فغفر لهم بشرط أن يدخلوا الأرض المقدّسة. ﴿وَاخْتَارَ مُوسَى قَوْمَهُ سَبْعِينَ رَجُلًا لِمِيقَاتِنَا فَلَمَّا أَخَذَتْهُمُ الرَّجْفَةُ قَالَ رَبِّ لَوْ شِئْتَ أَهْلَكْتَهُمْ مِنْ قَبْلُ وَإِيَّايَ أَتُهْلِكُنَا بِمَا فَعَلَ السُّفَهَاءُ مِنَّا إِنْ هِيَ إِلَّا فِتْنَتُكَ تُضِلُّ بِهَا مَنْ تَشَاءُ وَتَهْدِي مَنْ تَشَاءُ أَنْتَ وَلِيُّنَا فَاغْفِرْ لَنَا وَارْحَمْنَا وَأَنْتَ خَيْرُ الْغَافِرِينَ (١٥٥) وَاكْتُبْ لَنَا فِي هَذِهِ الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآخِرَةِ إِنَّا هُدْنَا إِلَيْكَ قَالَ عَذَابِي أُصِيبُ بِهِ مَنْ أَشَاءُ وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَيْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ وَيُؤْتُونَ الزَّكَاةَ وَالَّذِينَ هُمْ بِآيَاتِنَا يُؤْمِنُونَ (١٥٦) الَّذِينَ يَتَّبِعُونَ الرَّسُولَ النَّبِيَّ الْأُمِّيَّ الَّذِي يَجِدُونَهُ مَكْتُوبًا عِنْدَهُمْ فِي التَّوْرَاةِ وَالْإِنْجِيلِ يَأْمُرُهُمْ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَاهُمْ عَنِ الْمُنْكَرِ وَيُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَائِثَ وَيَضَعُ عَنْهُمْ إِصْرَهُمْ وَالْأَغْلَالَ الَّتِي كَانَتْ عَلَيْهِمْ فَالَّذِينَ آمَنُوا بِهِ وَعَزَّرُوهُ وَنَصَرُوهُ وَاتَّبَعُوا النُّورَ الَّذِي أُنْزِلَ مَعَهُ أُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ﴾ [الأعراف: ١٥٥ - ١٥٧] . ذكر السُّدَي وابن عباس وغيرهما أن هؤلاء السبعين كانوا علماءَ بني إسرائيل، ومعهم موسى وهارون ويوشع وناداب وأبيهو، ذهبوا مع موسى (عليه السلام) ليعتذروا عن بني إسرائيل في عبادة من عبد منهم العجلَ، وكانوا قد أُمروا أن يتطيّبوا ويتطهَّروا ويغتسلوا، فلما ذهبوا معه واقتربوا من الجبل، وعليه
(١) صفحة: (٩٢) من هذا الجزء.

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