Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis vint l’an 196 de l’Hégire. Cette année-là, Abou Maʿâwiya al-Ḍarîr, Muhammad ibn Khâzim, l’un des éminents maîtres du ḥadith, fiable et renommé, décéda. Al-Walîd ibn Muslim ad-Dimachqî, élève de l’imam al-Awzâʿî, mourut également.

Au cours de la même année, Muhammad al-Amîn fit incarcérer Asad ibn Yazîd parce que celui-ci lui reprochait de jouer et de se montrer négligent envers ses administrés, de partir à la chasse et de se livrer à d’autres distractions en ce moment.

Cette année-là aussi, al-Amîn envoya son oncle Aḥmad ibn Mazîd et ʿAbd Allâh ibn Ḥumayd ibn Qaḥṭaba, à la tête de quarante mille hommes – vingt mille sous les ordres de chacun – vers Ḥulwân pour combattre Ṭâhir ibn al-Ḥusayn, émir de la guerre du côté d’al-Maʾmûn. Lorsqu’ils arrivèrent près de Ḥulwân, Ṭâhir creusa un fossé autour de son armée et entreprit de semer la discorde entre les deux chefs ennemis. Ceux-ci divergèrent et rebroussèrent finalement chemin sans l’affronter. Ṭâhir entra alors dans Ḥulwân. Il reçut une lettre d’al-Maʾmûn lui ordonnant de remettre les territoires qu’il contrôlait à Harthama ibn Aʿyan et de se diriger lui-même vers l’Ahwâz, ce qu’il fit.

La même année, al-Maʾmûn éleva son vizir al-Faḍl ibn Sahl au rang le plus haut, lui confiant d’importantes responsabilités et le surnommant « Ḏû ar-Riyâsatayn » (« celui qui détient la double autorité »).

Cette année encore, al-Amîn nomma ʿAbd al-Malik ibn Ṣâliḥ ibn ʿAlî gouverneur (nāʾib) de la Syrie, après l’avoir fait sortir de la prison d’ar-Rashîd. Il lui ordonna d’envoyer des hommes et des troupes pour combattre Ṭâhir et Harthama. Lorsque ʿAbd al-Malik ibn Ṣâliḥ arriva à ar-Raqqa, il s’y établit et écrivit aux notables de Syrie afin de les rallier et de les appeler à obéir. Ils furent nombreux à se présenter à lui. Ensuite survinrent des combats, dont l’origine se trouvait chez les gens de Ḥimṣ (Homs) ; la situation s’aggrava, les affrontements durèrent longtemps, et ʿAbd al-Malik ibn Ṣâliḥ mourut sur place.

L’armée retourna alors à Bagdad, accompagnée d’al-Ḥusayn ibn ʿAlî ibn Mâhân. Les habitants de Bagdad l’accueillirent avec les honneurs, au mois de Raǧab de cette année. Lorsqu’il arriva, il reçut la visite d’un messager d’al-Amîn qui le convoquait. Il déclara : « Par Dieu, je ne suis ni un compagnon de veillée ni un amuseur ; je n’ai reçu de lui aucune fonction, je n’ai pas fait transiter de biens par mes mains ; pourquoi donc me demande-t-il cette nuit ? »

Récit de la destitution d’al-Amîn, fils de Zubayda, et des circonstances dans lesquelles le pouvoir revint à son frère al-Maʾmûn :

Le lendemain, al-Ḥusayn ibn ʿAlî ibn Mâhân, qui n’était pas allé trouver al-Amîn malgré sa convocation, prit la parole en public. Il appela les gens à s’opposer à al-Amîn, évoquant ses jeux, ses plaisirs, et tout ce qu’il pratiquait comme divertissements et actes répréhensibles, affirmant qu’il n’était pas digne du califat dans un tel état et qu’il voulait semer la violence parmi la population. Il les exhorta à se dresser contre lui. Une foule nombreuse se rallia à lui. Alors, Muḥammad al-Amîn dépêcha contre eux une troupe de cavaliers et ils combattirent pendant une bonne partie de la journée.

Al-Ḥusayn ordonna alors à ses hommes de mettre pied à terre pour combattre à l’épée et à la lance, et l’ennemi prit la fuite.

(1) Dans (Q) : « ولا جبى » et dans l’Histoire de Ṭabarī (5/64) : « ولا جرى له », et ce qui est confirmé provient de (B, Ḥ).
[ثم دخلت سنة ست وتسعين ومئة] فيها تُوفي أبو معاوية الضرير محمد بن خازم، أحد مشايخِ الحديث الثقاتِ الرُّفَعاءَ المشهورين. والوليد بن مسلم الدمشقي تلميذُ الأوزاعي. وفيها حَبَس محمدٌ الأمينُ أسَد بن يزيد لأجلِ أنه نَقَم على الأمينِ لَعِبَهُ وَتَهاوُنَه في أمرِ الرعيَّة، وارتكابَهُ للصيد وغيرِهِ في هذا الوقت. وفيها وجَّهَ الأمينُ عمَّهُ أحمد بن مزيد، وعبدَ اللَّه بن حُميد بن قَحْطَبة، في أربعين ألفًا، مع كلِّ واحدٍ منهما عشرون ألفًا إلى حُلْوان لقتالِ طاهرِ بنِ الحُسين أمير الحرب من جهةِ المأمون؛ فلما وصلوا إلى قريبٍ من حُلْوان خندقَ طاهرٌ على جيشِه خندقًا، وجعل يُعملُ الحيلةَ في إيقاعِ الفتنة بين الأميرَيْن، فاختلفا، فرجعَا ولم يقاتلاه، ودخل طاهرٌ إلى حُلْوان؛ وجاءه كتابُ المأمون بتسليمِ ما تحتَ يدِهِ إلى هَرْثمةَ بنِ أعيَن، وأن يتوجَّهَ هو إلى الأهواز؛ ففعل ذلك. وفيها رفع المأمون وزيرَهُ الفضلَ بن سَهْل وولَّاهُ أعمالًا كبارًا، وسمَّاهُ ذا الرِّيَاسَتَيْن. وفيها ولَّى الأمينُ نيابةَ الشام لعبدِ الملك بن صالح بن علي، وقد كان أخرجه من سجنِ الرشيد، وأمرَهُ أنْ يبعثَ له رجالًا وجنودًا لقتالِ طاهرٍ وهَرْثمة؛ فلمَّا وصلَ عبدُ الملك بن صالح إلى الرقَّة أقامَ بها، وكتبَ إلى رؤساء الشام، يتألَّفُهم ويدعوهم إلى الطاعة، فقَدِمَ عليه منهم خلقٌ كثير، ثم وقعَتْ حروبٌ كان مَبْدَؤها من أهلِ حمص؛ وتفاقم الأمر، وطال القتالُ بين الناس، ومات عبدُ الملك بن صالح هنالك؛ فرجع الجيشُ إلى بغداد صحبةَ الحسين بن علي بن ماهان، فتلقَّاهُ أهلُ بغدادَ بالإكرام، وذلك في شهر رجب من هذه السنة؛ فلما وصل إليها جاء رسولُ الأمين يطلُبُه، فقال: واللَّهِ ما أنا بمُسامِرٍ ولا مُضحِك، ولا وَليتُ له عملًا، ولا جاء له (١) على يدي مال، فلماذا يطلُبني في هذه الليلة؟. سبب خلع الأمين بن زُبيدة وكيف أفضَتِ الخلافةُ إلى أخيه المأمون لما أصبح الحسين بن علي بن ماهان ولم يذهبْ إلى الأمين لمَّا طلبه، وذلك بعد مَقْدَمهِ بالجيش من الشام قام في الناس خطيبًا وألَّبَهم على الأمين، وذكر لَعِبه وما يتعاطاهُ من اللَّهْو وغير ذلك من المعاصي، وأنه لا تصلُحُ الخلافةُ لمنْ هذا حالُه، وأنه يُريد أنْ يُوقع البأسَ بين الناس، ثم حثَّهم على القيامِ عليه، والنهوض إليه، ونَدَبهم لذلك؛ فالتفَّ عليه خلقٌ كثير، وجمٌّ غفير، وبعث محمدٌ الأمين إليه خيلًا فاقتتلوا مَلِيًّا من النهار، فأمر الحسينُ أصحابَهُ بالترجُّل إلى الأرض، وأنْ يُقاتلوا بالسيفِ والرِّماح، فانهزم
(١) في (ق): "ولا جبى" وفي تاريخ الطبري (٥/ ٦٤): "ولا جرى له"، والمثبت من (ب، ح).

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