Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Certains ajoutent(1) qu’on rapporte d’Abû Nuwâs, après ces vers :

« Je dis, lorsque mes voies se resserrent autour de moi, et que les marques de soucis entaillent mon cœur :
À cause de la longueur de mes fautes et de la gravité de mon péché, je me sens perdu, sans aucune part dans le repentir.
Je sombre dans une mer de crainte, au désespoir, puis mon âme revient parfois et se repent.
Je me rappelle alors le pardon du Généreux envers les créatures : je revis, j’espère Son absolution et me tourne vers Lui.
Je m’humilie dans mes paroles, je Le supplie, espérant qu’Il me délivre de l’épreuve et revienne à moi avec Sa clémence. »

Ibn Ṭarārā al-Jarīrī(2) déclara : « J’ai déjà attribué ces vers à ceux qui ont précédé Abû Nuwâs ; ils figurent dans ses poèmes ascétiques (zuhdiyyāt). Les grammairiens y ont souvent fait référence, comme nous l’avons mentionné. »

Hassan ibn al-Dāyah dit : « Je suis entré auprès d’Abû Nuwâs alors qu’il était sur son lit de mort et je lui ai dit : “Exhorte-moi.” Il récita alors :

“Multiplie autant que tu peux les péchés, car tu rencontreras un Seigneur Plein de pardon.
Quand tu arriveras devant Lui, tu constateras Son absolution et tu verras un Souverain, un Roi tout-puissant.
Et tu te mordras les doigts de regret pour ce que tu as abandonné par crainte du feu malfaisant.”(3)

Je lui dis : “Malheur à toi ! Dans un tel état, tu m’adresses pareille exhortation ?” Il répondit : “Tais-toi !” Et il poursuivit : “Hammād ibn Salama nous a rapporté, d’après Thābit, d’après Anas, que le Prophète (que Dieu lui accorde Sa prière et Son salut) a dit : ‘J’ai réservé mon intercession aux gens ayant commis des péchés majeurs parmi ma communauté.’(4)”

Par ailleurs, d’après le même canal de transmission, il est rapporté de lui : “Que nul d’entre vous ne meure sans avoir une bonne opinion de Dieu.”(5)

Al-Rabī‘ et d’autres ont relaté d’après ash-Shāfi‘ī : « Nous sommes entrés auprès d’Abû Nuwâs, le jour même de sa mort, alors qu’il rendait son dernier soupir. Nous lui dîmes : “Qu’as-tu préparé pour ce jour ?” Il récita alors :

“Mon péché me semblait immense, mais lorsque je l’ai comparé à Ton pardon, ô mon Seigneur, Ton pardon s’est révélé plus grand encore.
Tu n’as cessé d’être indulgent envers la faute, et Tu continues à répandre Ton bienfait et Ta grâce.
Sans Toi, Iblîs n’aurait pu égarer aucun adorateur ; comment l’aurait-il pu alors qu’il a déjà induit en erreur Ton élu, Adam ?””

(1) Il s'agit d'Ibn ʿAsākir dans son histoire, l'Histoire de la ville de Damas (13/456, 457). (2) Dans (Q) : Ṭirāz, et dans (B, Ḥ) Ṭirār. Les deux sont des erreurs de copie, corrigées par ce qui précède dans la note en marge p. 7 de la copie (Q). Il s'agit d'al-Muʿāfā ibn Zakariyyā qui a été mentionné précédemment. (3) Les vers se trouvent dans le Dīwān d'Abū Nuwās à la p. 307 avec des termes proches. (4) Voir la critique du hadith en note de bas de page p. 517, n° (5). (5) Son critique a été présentée plus haut en note de bas de page p. 517, n° (3).
وزاد بعضُهم (١) في روايةٍ عن أبي نُواس بعدَ هذه الأبيات: أقولُ إذا ضاقَتْ عليَّ مذاهبي … وحلَّتْ بقلبي للهُمومِ نُدُوبُ لِطُولِ جِنَاياتي وعُظْمِ خَطِيئتي … هَلَكْتُ ومالي في المتابِ نَصيبُ وأغرَقُ في بَحرِ المخافَةِ آيسًا … وتَرْجِعُ نفسي تارةً فتتوبُ وتذكُرُ عفوًا للكريم عن الورَى … فأحْيَا وأرجو عَفْوَهُ فأُنيبُ وأخضَعُ في قولي وأرغَبُ سائلًا … عَسَى كاشفُ البَلْوَى عليَّ يتوبُ قال ابنُ طَرَارا (٢) الجَرِيري: وقد روَيْتُ هذه الأبيات لِمَنْ قبلَ أبي نُواس، وهي في زُهْدِيَّاتِه؛ وقد استشهَدَ بها النُّحَاة في أماكنَ كثيرة قد ذكَرْناها. وقال حسنُ بن الدايَة: دخلتُ على أبي نواس وهو في مرَضِ الموت فقلت: عِظْني. فأنشأ يقول: فكَثِّرْ ما استطعتَ من الخطايا … فإنك لاقيًا رَبًّا غفورا ستبصِرُ إنْ وردتَ عليه عَفْوًا … وتَلْقَى سيدًا مَلِكًا قديرا تعضُّ ندامَة كفَّيْكَ مِمَّا … تركتَ مخافةَ النارِ الشُّرورا (٣) فقلت: ويحك، وبمثلِ هذا الحالِ تَعِظُني بهذه الموعظة!، قال: اسكُتْ. حدّثنا حمادُ بن سلمة، عن ثابت، عن أنس، قال: قال ﷺ : "ادَّخَرْتُ شفاعتي لأهلِ الكبائِرِ مِنْ أُمَّتي" (٤) . وقد تقدَّمَ له بهذا الإسناد عنه: "لا يموتَنَّ أحدُكم إلَّا وهو يُحسنُ الظنَّ باللَّه" (٥) . وقال الربيع وغيرُه، عن الشافعيِّ قال: دخَلْنا على أبي نُوَاس في اليوم الذي مات فيه وهو يَجودُ بنفسِهِ، فقلنا: ما أعدَدْتَ لهذا اليوم؟ فأنشأ يقول: تَعاظَمَني ذَنبي فلمَّا قَرَنْتُهُ … بعَفْوِكَ ربي كان عَفْوكَ أعظَما وما زلتَ ذا عَفْوٍ عن الذنبٍ لم تزَلْ … تَجودُ وتعفو مِنَّةٌ وتكرُّما ولولاك لم يَغْوَ بإبليس عابدٌ … وكيف وقد أغْوَى صَفِيَّكَ آدَما
(١) هو ابن عساكر في تاريخه تاريخ مدينة دمشق (١٣/ ٤٥٦، ٤٥٧). (٢) في (ق): طراز، وفي (ب، ح) طرار. وكلاهما تصحيف، والمثبت مما مضى في حاشية ص (٧) من نسخة (ق). وهو المعافى بن زكريا الذي سبق ذكره آنفًا. (٣) الأبيات في ديوان أبي نواس ص (٣٠٧) بألفاظ مقاربة. (٤) انظر تخريج الحديث في حاشية الصفحة (٥١٧) رقم (٥). (٥) تقدم تخريجه في حاشية الصفحة (٥١٧) رقم (٣).

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