Moïse laissa donc les Enfants d’Israël et vint à la rencontre de son Seigneur, alors qu’il avait désigné Aaron pour le suppléer auprès d’eux. Puis Moïse dit : « Ô mon Seigneur, pardonne-moi ainsi qu’à mon frère, et fais-nous entrer en Ta miséricorde, car Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. »
Pourtant, Aaron (que la paix soit sur lui) leur avait expressément interdit cet acte effroyable, les réprimandant avec la plus grande fermeté. Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Certes, Aaron leur avait déjà déclaré : “Ô mon peuple, ce n’est que par ce veau que vous avez été tentés.” » Autrement dit, Dieu avait décrété l’affaire du veau et l’avait fait mugir afin de vous éprouver et de vous tester. « Et votre Seigneur est le Tout Miséricordieux » et non pas cette idole. « Suivez-moi donc dans ce que je vous dis et obéissez à mon commandement (20:90). » Ils répliquèrent : « Nous ne cesserons de demeurer dévoués devant lui jusqu’à ce que Moïse revienne à nous. » Ainsi, Dieu témoigne qu’Aaron – et Dieu suffit comme Témoin – les avait bien interdits et sermonnés, mais ils ne lui obéirent point et ne le suivirent pas.
Ensuite, Moïse se tourna vers le Samiri : « Qu’as-tu fait, Samiri ? » (20:95), c’est-à-dire : « Qu’est-ce qui t’a poussé à agir ainsi ? » Le Samiri répondit : « J’ai perçu ce qu’ils n’ont pas perçu. J’ai vu Gabriel monté sur son cheval, et j’ai saisi une poignée de la trace laissée par le Messager (20:96) », c’est-à-dire du sabot du cheval de Gabriel. Certains rapportent qu’il remarqua que, partout où ce cheval posait le sabot, la terre verdissait et se couvrait d’herbe. Il ramassa donc une poignée de cette trace et la jeta dans le veau façonné en or, ce qui entraîna ce qui s’est produit. C’est pourquoi il dit : « Je l’ai lancée, et c’est ainsi que mon âme me l’a suggéré. »
Moïse répliqua : « Va-t’en ! Ton châtiment, dans cette vie, sera de dire : “Ne me touchez pas !” » (20:97). C’était une invocation contre lui pour qu’il ne puisse plus toucher quelqu’un ni être touché, en rétribution d’un geste qu’il n’aurait pas dû faire. Telle fut donc sa punition en ce bas monde. Ensuite, Moïse le menaça pour l’au-delà, en ajoutant : « Et il est un rendez-vous que tu ne manqueras pas. » Puis il dit : « Regarde ta divinité que tu adorais sans relâche : nous allons la brûler, puis la disperser en poussière dans la mer (20:97). »
On rapporte que Moïse (que la paix soit sur lui) brûla ce veau dans le feu, d’après le dire de Qatâda et d’autres. Selon un autre avis, il l’aurait réduit en miettes à l’aide de limes, comme l’ont soutenu ‘Alî, Ibn ‘Abbâs et d’autres, opinion qui concorde avec les Écritures des Gens du Livre. Ensuite, il en dispersa la poussière dans la mer et ordonna aux Enfants d’Israël d’en boire. Dès lors, quiconque avait adoré ce veau vit ses lèvres se tacher d’une trace révélatrice, ou, d’après une autre version, son teint devint jaunâtre.
Puis Dieu – Exalté soit-Il – rapporte que Moïse leur déclara : « En vérité, votre Dieu c’est Dieu ; il n’est de divinité que Lui, et Sa science embrasse toute chose (20:98). » Il a également dit : « Ceux qui ont adopté le veau [comme idole] seront frappés de la colère de leur Seigneur et d’une humiliation dans la vie d’ici-bas. C’est ainsi que Nous rétribuons ceux qui inventent des mensonges (7:152). »