Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au nom de Dieu, combien les cheveux blancs sont un excellent prédicateur et conseiller, si seulement l’homme en tenait compte ! (1)

Le jeune homme ne veut rien d’autre que suivre ses désirs, alors même que la voie de la vérité lui est manifeste. Élève tes yeux vers ces femmes dont la dot consiste en œuvres pieuses. Nul ne jouira de la Houris à l’abri de son voile, hormis celui dont la balance des bonnes actions est lourde. Quiconque craint Dieu accède ainsi à la transaction profitable qui lui est destinée. Avance donc, car il n’y a pas d’erreur dans la religion, et mets-toi en route vers ce pour quoi tu es fait.

(2) Il advint qu’Abu Haffân lui demanda de réciter son poème qui débute par : « Ne néglige pas Laylâ et ne te laisse pas enchanter par Hind. »

(3) Lorsque le poème fut terminé, Abu Haffân se prosterna devant lui. Abu Nuwâs s’écria alors : « Par Dieu, je ne te parlerai plus pour un temps. » – « Cela m’attrista, raconte-t-il. Et quand je m’apprêtai à partir, il me demanda : “Quand te reverrai-je ?” Je lui dis : “N’as-tu pas fait serment ?” Il répondit : “La vie est trop courte pour qu’on y entretienne quelque brouille.” »

On raconte parmi ses plus belles inspirations ces vers :
« Combien de visages vénérables sont retournés à la poussière,
et combien de beautés délicates y sont enfouies !
Que de détermination, de courage et d’avis éclairés
gisent désormais dans la terre !
Dis à celui qui habite près de toi qu’il est envoyé
en voyage vers un lieu lointain et reculé.
Je vois tout être vivant promis à la mort, et ses enfants aussi ;
nul lignage, si illustre soit-il, ne saurait échapper à la perte.
Quand un homme avisé met ce monde à l’épreuve,
il s’aperçoit qu’il n’est qu’un ennemi déguisé en ami. »

(4) Et il a également dit :
« Ne sois pas avide, car l’avilissement naît de la voracité,
tandis que la dignité vient de la mansuétude, non de l’emportement ou de la sottise.
Dis à l’orgueilleux qui se targue de vanité :
si tu connaissais les méfaits de l’excès, tu renoncerais.
L’outrecuidance corrompt la religion, amoindrit la raison,
et ruine l’honneur : prends-y garde ! »

(5) Un jour, Abû l-‘Atâhiyya, al-Qâsim ibn Ismâ‘îl, s’assit devant l’étal d’un libraire et traça au dos d’un registre ces vers :
« Ô merveille que l’on puisse désobéir à Dieu,
ou que le mécréant ose Le renier ! »

(1) Dans (Q) : « خطئ » [erreur], et dans le Dîwân : « سمع » [ouï], confirmé par (B, Ḥ). (2) Les vers se trouvent dans le Dîwân d'Abû Nuwâs, p. 175. (3) Ainsi dans (B, Ḥ), tandis que dans (Q) : « لا تنس ليلى ولا تنظر إلى هند » [Ne oublie pas Layla et ne regarde pas Hind]. Le poème est dans le Dîwân d'Abû Nuwâs, son début est : Ne pleure pas Layla et ne t’émeus pas pour Hind … Bois sur la rose du vin rouge comme la rose. (4) Les vers se trouvent dans le Dîwân d'Abû Nuwâs, p. 465. (5) Je n'ai pas trouvé les vers dans le Dîwân d'Abû Nuwâs imprimé.
للَّهِ دَرُّ الشَيْب من واعِظٍ … وناصِحٍ لو حَذِرَ (١) الناصحُ يأبَى الفتى إلَّا اتباعَ الهوَى … ومَنْهَجُ الحَقِّ لَهُ واضِحُ فاسْمُ بعَيْنَيْكَ إلى نِسْوَةٍ … مُهورُهُنَّ العمَلُ الصَّالِحُ لا يَجْتَلي الحوراءَ في خِدْرِها … إلَّا امرؤٌ ميزانُهُ راجِحُ مَنِ اتَّقَى اللَّه فذاك الذي … سِيقَ إليه المَتْجرُ الرابحُ فاغْدُ فما في الدِّين أُغْلوطةٌ … ورُحْ لما أنتَ لَهُ رائحُ (٢) وقد استنشَدَهُ أبو هَفَّان قصيدَتَهُ التي في أوَّلِها: "لا تنس ليلى ولا تطرب إلى هند" (٣) . فلما فرَغَ منها سجَد له أبو هَفَّان، فقال له أبو نُوَاس: واللَّهِ لا أُكَلِّمُكَ مُدَّة. قال: فغَمَّني ذلك، فلما أردتُ الانصراف قال: متى أراك؟ فقلت: ألم تُقسِمْ؟ فقال: الدهرُ أقصرُ من أنْ يكونَ معه هَجْر. ومن مُستجادِ شعرِه قولُه: ألا رُبَّ وَجْه في التُّرابِ عَتِيقِ … ويا رُبَّ حُسْنٍ في التُّرابِ رَقيقِ ويا رُبَّ حَزْمٍ في التُّرابِ ونَجْدَةٍ … ويا رُبَّ رأي في التُّرابِ وَثيقِ فقُلْ لِقَريبِ الدارِ إنك ظاعِنٌ … إلى سَفَرٍ نائي المَحلِّ سَحِيقِ أرى كل حَيٍّ هالكًا وابنَ هالكٍ … وذا نَسَبٍ في الهالكينَ عَريقِ إذا امتَحَنَ الدنيا لَبيبٌ تكشَّفَتْ … له عن عدوٍّ في لباسِ صَدِيقِ (٤) وقوله: لا تشرَهَنَّ فإنَّ الذُّلَّ في الشَّرَهِ … والعِزُّ في الحِلْمِ لا في الطَّيْشِ والسَّفَهِ وقلْ لِمُغْتَبِط في التِّيهِ من حُمُقٍ … لو كنتَ تعلَمُ ما في التِّيهِ لم تَتِهِ التِّيهُ مَفْسَدةٌ للدِّينِ مَنْقَصَةٌ … للعقلِ مَهْلَكةٌ للعِرْضِ فانتَبِهِ (٥) وجلس أبو العتاهية القاسم بن إسماعيل على دُكَّانِ ورَّاق، فكتب على ظهر دفترٍ هذه الأبيات: أيا عجبًا كيف يُعْصَى الإلـ … ـهُ أمْ كيف يَجْحَدُهُ الجاحِدُ
(١) في (ق): "خطئ"، وفي الديوان: "سمع"، والمثبت من (ب، ح). (٢) الأبيات في ديوان أبي نواس ص (١٧٥). (٣) كذا في (ب، ح)، وفي (ق): "لا تنس ليلى ولا تنظر إلى هند". والقصيدة في ديوان أبي نواس، ومطلعها: لا تَبْكِ ليلى ولا تطرَبْ إلى هندِ … واشرَبْ على الوَرْدِ من حَمْرَاءَ كالوَرْدِ (٤) الأبيات في ديوان أبي نواس ص (٤٦٥). (٥) لم أجد الأبيات في ديوان أبي نواس المطبوع.

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