Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abd al-Wâhid lui répliqua alors : « Éloigne-toi de moi, pécheur ! Je ne veux plus m’entretenir avec toi, ni avec aucun de ces gens à cause de toi. » Lorsque Mâlik ibn Anas et Ibrâhîm ibn Abî Yahyâ apprirent ces propos, ils déclarèrent : « Il aurait été préférable qu’il lui transmette (la science), peut-être Dieu l’aurait-Il réformé. »

J’ai dit : « Ce qu’Abû Nuwâs a cité dans ses vers a également été rapporté par Ibn ‘Adî dans son “Kâmil”, d’après Ibn ‘Abbâs, aussi bien en version “mawqûf” qu’en version “marfû‘” :

“Celui qui aime, reste chaste, dissimule (son amour), puis meurt, meurt en martyr.” (1)

Le sens de cette formule est que celui qui se trouve éprouvé par l’amour, sans l’avoir choisi, qui fait preuve de patience et s’abstient de toute immoralité, tout en préservant son secret, et qui meurt du fait de cet amour, obtient une grande récompense. Si ce hadith est exact, il constitue pour lui une forme de martyre. Dieu est plus savant.

Al-Khatîb rapporte également (2) que Shu‘bah rencontra Abû Nuwâs et lui dit : « Fais-nous part de tes meilleures anecdotes. » Abû Nuwâs se mit alors à déclamer, sans préparation (3) :

“Nous a rapporté al-Khaffâf, d’après Wâ’il,
Et Khâlid al-Haddhâ’, d’après Jâbir,
Et Mis‘ar, d’après certains de ses compagnons ;
Ce qu’il attribuait au shaykh, puis à ‘Âmir.
Ils dirent tous :

‘Toute jeune fille (4)
Qu’un homme de noble caractère à son tour a aimée,
Qui l’a rappelé à son souvenir pieux et qui sut persévérer,
Possédera, grandes ouvertes, les portes du Paradis,
Pour jouir de ses jardins rayonnants.
Et tout être aimé qui ensuite délaisse son amant
Après une union longtemps radieuse
Trouvera dans le châtiment de Dieu un éloignement certain ;
Oui, qu’il soit donc accablé à jamais de Son anéantissement.’”

Alors Shu‘bah lui répondit : « En vérité, tu disposes de nobles qualités, et je forme de bons espoirs à ton égard. » Abû Nuwâs récita également (5) :

“Ô magicien du regard et de la nuque !
Tu me tues à force de tes prétendues promesses.
Tu m’annonces l’union, puis tu me trompes ;
Tu ne respectes jamais ta parole envers moi.”

(1) Rapporté par al-Khaṭīb dans son Taʾrīkh Baghdād (11/297), par Ibn Ḥibbān dans son Kitāb al-Majrūḥīn (1/352) (456), certains le considèrent comme une invention (mawḍūʿ), tandis que d'autres le défendent. Voir également Naqd al-Maqlūl de Muḥammad ibn Abī Bakr al-Zurʿī, p. 132 (224), al-Manār al-Munīf, p. 140 (321), Kashf al-Khafāʾ (2/345-346), et Fayḍ al-Qadīr (6/180). Il s'agit d'un hadith non authentique. (2) Dans Taʾrīkh Baghdād (7/439). (3) Dans (Q) : les vers ont été transformés en prose, et il est possible que cela ait malheureusement induit en erreur lors de la transcription en prose du Dīwān de Abū Nuwās, d’où leur absence confirmée dans ce recueil. (4) « al-Ṭafla » : la jeune esclave tendre et docile. Lisan al-ʿArab (ṭifl). (5) Dans (Q) : « Waylāy min khalfika maʿūdī » ; et dans (B, Ḥ) : « Fawablāy min mukhlif maʿūdī » ; dans les deux versions, le mètre du vers ne correspond pas à celui d’al-Munsariḥ, selon ce qui est confirmé dans Taʾrīkh Jurjān, p. 511.
فقال له عبدُ الواحد: قُمْ عَنِّي يا فاجر، لا حدَّثْتُكَ ولا حدَّثْتُ أحدًا من هؤلاءِ من أجلِك. فبلغ ذلك مالكَ بنَ أنس وإبراهيمَ بن أبي يحيى، فقالا: كان ينبغي أن يُحدِّثَه، لعلَّ اللَّه أن يُصْلِحَه. قلت: وهذا الذي أنشَدَهُ أبو نُواس في شعره قد رواهُ ابنُ عديٍّ في كامِلِه عن ابن عباس موقوفًا ومرفوعًا "منْ عَشِقَ فعَفَّ فكتَمَ فماتَ ماتَ شهيدًا" (١) . ومعناه: أنَّ منِ ابتُلي بالعِشْقِ من غيرِ اختيارٍ منه فصَبَرَ، وعَفَّ عن الفاحشة، ولم يُفشِ ذلك، فماتَ بسبب ذلك حَصَل له أجرٌ كثير. فإنْ صَحَّ هذا كان ذلك له نوع شهادة. واللَّه أعلم. وروى الخطيبُ أيضًا (٢) ، أنَّ شُعبة لَقِيَ أبا نواس فقال له: حدِّثْنا من طُرَفِك. فقال مرتجلًا (٣) : حدثنا الخفَّافُ عن وائلٍ … وخالدُ الحذَّاءُ عن جابِرِ ومِسْعرٌ عن بعضِ أصحابِه … يرفعُهُ الشيخُ إلى عامِرِ قالوا جميعًا: أيُّما طَفْلَةٍ (٤) … عُلِّقَها ذو خُلُقٍ طاهرِ فواصلَتْهُ ثم دامَتْ لهُ … على وِصَالِ الحافِظِ الذاكرِ كانت له الجنة مفتوحةً … يَرْتعُ في مرتَعِها الزاهرِ وأيُّ مَعْشوقٍ جَفَا عاشقًا … بعدَ وِصَالٍ دائمٍ ناضِرِ ففي عذابِ اللَّه بُعدًا له … نَعَمْ وسُحقٍ دائمٍ داخِرِ فقال له شعبة: إنك لجميل الأخلاق، وإني لأرجو لك. وأنشد أبو نُواس أيضًا: يا ساحرَ المُقْلَتَيْنِ والجيدِ … وقاتِلي منكَ بالمواعيدِ تُوعِدُني الوَصْلَ ثم تُخْلِفُني … فلا تَفي منه لي بمَوْعُودي (٥)
(١) أخرجه الخطيب في تاريخ بغداد (١١/ ٢٩٧)، وابن حبان في كتاب المجروحين (١/ ٣٥٢) (٤٥٦)، وعده بعضهم من الموضوعات، وانتصر له آخرون، وانظر نقد المنقول لمحمد بن أبي بكر الزرعي ص (١٣٢) (٢٢٤)، والمنار المنيف ص (١٤٠) (٣٢١)، وكشف الخفا (٢/ ٣٤٥، ٣٤٦)، وفيض القدير (٦/ ١٨٠)، فهو حديث غير صحيح. (٢) في تاريخ بغداد (٧/ ٤٣٩). (٣) في (ق): تحولت الأبيات إلى نثر، وربما ضلَّلتْ كتابتها نثرًا جامعي ديوان أبي نواس، فلم يثبتوها فيه. (٤) "الطَّفْلة": الجارية الرَّخْصةُ الناعمة. لسان العرب (طفل). (٥) في (ق): "ويلاي من خلفك موعودي"؛ وفي (ب، ح): "فوابلائي من مخلف موعودي"؛ وبكلا الروايتين لا يستقيم وزن البيت من المنسرح، والمثبت من تاريخ جرجان ص (٥١١).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies