Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La mort n’a jamais cessé d’être le destin de ses bien-aimés… et sa vision n’a jamais cessé d’être mon occupation.

(1)
Ibn al-Aʿrābī a dit : « Le plus grand poète est Abū Nuwās lorsqu’il déclare :
“Je me suis abrité de mon destin sous l’ombre de son aile :
mon regard embrasse mon destin, tandis que lui ne me voit pas.
Si tu interroges les jours à mon sujet, ils n’en sauront rien ;
et si tu demandes où je suis, ils en ignoreront la place.” »

(2)
Et Abū l-ʿAtāhiyya a dit : « J’ai composé plus de vingt mille vers en matière d’ascèse, mais j’aurais aimé les échanger contre les trois vers qu’Abū Nuwās a prononcés, lesquels étaient inscrits sur sa tombe :
“Ô Nuwāsī, sois grave, ou change, ou patience !
Si un jour a pu te peiner, combien d’autres t’ont réjoui !
Ô toi qui es chargé de nombreux péchés, sache que le pardon de Dieu est plus grand encore.” »

(3)
Parmi les poèmes d’Abū Nuwās faisant l’éloge de certains princes, on trouve :
“Dieu l’a créé : nul ne lui est semblable
pour qui le recherche ou le réclame.
Et il n’est pas inconcevable pour Dieu
de rassembler le monde en un seul être.”

(4)
On récita devant Sufyān ibn ʿUyaynah ces vers d’Abū Nuwās :
“Nulle passion n’existe sans cause
dont elle découle et se déploie.
Elle a séduit mon cœur : voilée,
son visage est comme masqué par la beauté.
Elle s’est parée, puisant dans la beauté
ce qu’elle cueille et sélectionne.
Elle en a revêtu maints atours,
reprenant une partie de ce qu’elle offrait.
Ainsi, si je lui offrais encore mon retour,
nul désir ne la détournerait.
Ce que je prenais pourtant pour un jeu
est désormais devenu sérieux :
maintes fois un jeu aboutit à un grand sérieux.”

(5)
Alors Ibn ʿUyaynah s’écria : « Je crois en Celui qui l’a créée. »

(1) Les vers se trouvent dans le Dīwān d’Abū Nawwās, p. 53, avec des termes similaires. (2) Les deux vers sont dans le Dīwān d’Abū Nawwās, p. 650. (3) Les vers figurent dans le Dīwān d’Abū Nawwās, p. 348. Ils se retrouvent également dans l’Histoire d’Ibn ʿAsākir (tome 13, pp. 459-460), où un vers supplémentaire est ajouté : « Plus le péché envers Dieu est grand… plus le pardon de Dieu se fait petit. » (4) Les deux vers proviennent d’un poème dans le Dīwān d’Abū Nawwās, p. 218. (5) Les vers sont dans le Dīwān d’Abū Nawwās, p. 51.
لا زالَ مَوْتًا دَأْبُ أحبابِهِ … ولم تَزَلْ رُؤْيَتُهُ دابي (١) قال ابنُ الأعرابي: أشعَرُ الناسِ أبو نُوَاس في قوله: تغَطَّيْتُ من دَهْري بظِلِّ جناحِهِ … فعيني تَرَى دهري وليس يَرَاني فلو تسألُ الأيامَ عنِّىَ ما دَرَتْ … وأين مكاني ما عَرَفْنَ مكاني (٢) وقال أبو العتاهية: قلتُ في الزُّهْد عشرينَ ألفَ بيت، وَدِدْتُ أنَّ لي مكانَها الأبياتَ الثلاثةَ التي قالها أبو نُوَاس، وهي هذه، وكانتْ مكتوبةً على قبرِه: يا نُوَاسِيُّ تَوَقَّرْ … أو تَغَيَّرْ أو تَصَبَّرْ إنْ يَكُنْ ساءَكَ دَهرٌ … فلَمَا سَرَّكَ أكْثَرْ يا كثيرَ الذَّنْبِ عَفْوُ اللَّهِ … من ذَنْبِكَ أَكْبَرْ (٣) ومن شعرِ أبي نُوَاس يَمدَحُ بعضَ الأمراء: أوجَدَهُ اللَّهُ فما مِثْلُهُ … لطالِبِ ذاكَ ولا ناشِدِ وليس للَّهِ بِمُسْتَنْكَرٍ … أنْ يَجمعَ العالَمَ في واحِدِ (٤) وأنشدوا لسفيانَ بنِ عُيينة قولَ أبي نواس: ما هَوَى إلَّا له سَبَبُ … يبْتَدي منهُ ويَنْشَعِبُ فتَنَتْ قلبي مُحجَّبَة … وجْهُها بالحُسْنِ مُنْتَقِبُ حَلِيَتْ والحُسْنُ تأخذُهُ … تنْتَقي منه وتَنْتَخِبُ فاكتسَتْ منهُ طرائفَهُ … واسترَدَّتْ بعضَ ما تَهَبُ فَهْيَ لو صَيَّرْتُ فيه لَهَا … عوْدةً لم يَثْنِها أرَبُ صار جِدًّا ما مَزَحْتُ بِهِ … ربَّ جِدٍّ جَرَّهُ اللَّعِبُ (٥) فقال ابنُ عُيينة: آمنتُ بالذي خلَقَها.
(١) الأبيات في ديوان أبي نواس ص (٥٣) بألفاظ مقاربة. (٢) البيتان في ديوان أبي نواس ص (٦٥٠). (٣) الأبيات في ديوان أبي نواس ص (٣٤٨). وهي في تاريخ ابن عساكر (١٣/ ٤٥٩، ٤٦٠)، وفيه زيادة بيت وهو: أكثرُ العصيانِ للَّه في أصْـ … ـغَرِ عفوِ اللَّه يَصْغَرْ (٤) البيتان من قصيدة في ديوان أبي نواس ص (٢١٨). (٥) الأبيات في ديوان أبي نواس ص (٥١).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies