Abou Nuwâs déclara : « Je n’ai pas composé de poésie avant d’avoir récité celle de soixante femmes, dont al-Khansâ’ et Laylâ. Que penserais-tu alors du nombre d’hommes ? »
Et Ya‘qûb ibn as-Sikkît dit : « Si tu apprends la poésie d’Imru’ al-Qays et d’al-A‘shâ parmi les poètes de la période antéislamique, de Jarîr et d’al-Farazdaq parmi les poètes islamiques, et parmi les modernes celle d’Abou Nuwâs, cela te suffit. »
Plus d’un lettré l’ont loué, parmi lesquels al-A sma‘î, al-Jâhiz et an-Nazzâm.
Abou ‘Amr ash-Shaybânî dit : « Si Abou Nuwâs n’avait pas gâté sa poésie par ce qu’il y a introduit de vil, nous l’aurions cité comme référence. » Il faisait allusion aux vers qu’il composa au sujet du vin et des beaux imberbes – vers lesquels il penchait – et à d’autres thèmes bien connus dans son œuvre.
Un groupe de poètes se réunit auprès du calife al-Ma’mûn. On leur demanda : « Qui parmi vous est l’auteur de :
(1) “Lorsque celui-ci en goûta, nous nous arrêtâmes, comme si nous apercevions une lune sur terre dressée jusqu’à un astre” ?
Ils répondirent : “C’est Abou Nuwâs.”
Il poursuivit : “Et qui parmi vous est l’auteur de :
(2) ‘Quand elle (la gorgée) descend au-dessous de la luette du jeune homme, son souci se retire de son cœur’ ?”
Ils dirent : “C’est Abou Nuwâs.”
Il demanda encore : “Et qui a dit :
(3) ‘Elle se mit à courir dans leurs articulations, comme court la guérison dans la maladie’ ?”
Ils répondirent : “C’est Abou Nuwâs.”
Il conclut : “Il est donc le plus grand poète d’entre vous.” »
Sofyân ibn ‘Uyaynah dit à Ibn Munâdhir : « Combien votre spirituel Abou Nuwâs est brillant lorsqu’il dit :
“Ô lune que j’aperçus à des funérailles,
Se lamentant entre ses compagnons.
Le cortège funèbre l’a exposé à moi malgré lui,
Malgré le gardien et les portiers.
Il pleure, et fait pleuvoir des perles de ses yeux,
Il gifle la rose [de ses joues] avec sa jujube [rosée des lèvres].” »