Noûh. C’est ainsi que ‘Abd Allâh ibn [Abî] Sa‘d al-Warrâq (1) le rattacha au patronage d’al-Jarrâh ibn ‘Abd Allâh al-Hakamî. On l’appelait Abû Nuwâs al-Basrî. Son père était originaire de Damas, appartenant à l’armée de Marwân ibn Muhammad, puis il se rendit à al-Ahwâz où il épousa une femme nommée Jalbân, qui lui donna Abû Nuwâs et un autre fils appelé Abû Mu‘âdh.
Ensuite, Abû Nuwâs se rendit à Bassora, où il reçut son éducation auprès d’Abû Zayd et d’Abû ‘Ubayda. Il étudia le Kitâb de Sîbawayh et fréquenta Khalaf al-Ahmar ; il fréquenta également Yûnus ibn Habîb al-Jarmî, le grammairien.
Le cadi Ibn Khallikân (2) a rapporté qu’il fut le compagnon d’Abû Usâma al-Walbah ibn al-Hubâb al-Kûfî.
Il transmit le hadith d’après Azhar ibn Sa‘d, Hammâd ibn Zayd, Hammâd ibn Salama, ‘Abd al-Wâhid ibn Ziyâd, Mu‘tamir ibn Sulaymân et Yahyâ al-Qattân. Parmi ceux qui reçurent de lui, on compte Muhammad ibn Ibrâhîm ibn Kathîr as-Sayrafî. Une assemblée de grands savants rapporta également de lui, dont ach-Châfi‘î, Ahmad ibn Hanbal, Ghundar et d’autres éminents érudits.
Parmi ses hadiths les plus réputés figure celui que transmit Muhammad ibn Ibrâhîm ibn Kathîr as-Sayrafî [d’après al-Hasan ibn Hânî], d’après Hammâd ibn Salama, d’après Thâbit, d’après Anas, qui dit : « Le Messager d’Allâh (ﷺ) a dit : “Qu’aucun de vous ne meure sans avoir une bonne opinion d’Allâh, car la bonne opinion d’Allâh est le prix du Paradis.” » (3)
Muhammad ibn Ibrâhîm a dit : « Nous sommes entrés auprès de lui alors qu’il agonisait. Sâlih ibn ‘Alî al-Hâshimî lui dit : “Ô Abû ‘Alî, tu es aujourd’hui au dernier jour des jours de ce monde, et au premier des jours de l’au-delà ; il y a entre toi et Allâh des manquements (4). Repens-toi donc devant Allâh de tes actes.” Il répondit : “Me menaces-tu du châtiment divin ? Redressez-moi !” Nous l’avons donc redressé ; puis il dit : “Hammâd ibn Salama m’a rapporté d’après Yazîd ar-Raqâshî, d’après Anas ibn Mâlik, que le Messager d’Allâh (ﷺ) a dit : ‘Chaque prophète a une intercession, et moi j’ai réservé mon intercession aux grands pécheurs de ma communauté, le jour de la Résurrection.’” Puis il ajouta : “Ne me considère-t-on pas au nombre de ceux-là ?” »