Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou al-Chiṣ l’a pleuré en ces termes :
« Un soleil s’est couché à l’est… ses deux yeux en versent des larmes.
Jamais nous n’avons vu un soleil se coucher là où il se lève. » (1)

Les poètes dans leur ensemble l’ont également pleuré dans leurs poèmes.

Ibn al-Jawzî a dit dans “al-Muntaẓam” (2) : « Ar-Rachîd a laissé en héritage ce qu’aucun calife avant lui n’avait jamais laissé. Outre ses domaines et ses demeures, il laissa également des joyaux, des meubles et des biens divers, dont la valeur s’élevait à cent millions de dinars, plus trente-cinq millions de dinars supplémentaires. »

Ibn Jarîr a dit (3) : « Il se trouvait dans la trésorerie neuf cents millions de dinars et un surplus au-delà de ce chiffre. »

[Évocation de ses épouses, de ses fils et de ses filles]

Il épousa Umm Ja‘far, Zubaïda, fille de son oncle paternel Ja‘far ibn Abî Ja‘far al-Manṣour, en l’an 165, du vivant de son père al-Mahdî. Celle-ci lui donna pour fils Muḥammad al-Amîn. Zubaïda mourut en 216, comme on le rapportera plus loin.

Il épousa également ’Amat al-‘Azîz, une “umm walad” (mère d’enfant) qui avait appartenu à son frère Mûsâ al-Hâdî ; elle mit au monde ‘Alî ibn ar-Rachîd.

Puis il épousa Umm Muḥammad, fille de Ṣâliḥ al-Miskîn, ainsi que al-‘Abbâsa, la fille de son oncle paternel Sulaymân ibn Abî Ja‘far ; toutes deux lui furent présentées au cours de la même nuit de l’an 187, à ar-Raqqa.

Il épousa encore ‘Azîza, fille d’al-Ghiṭrîf, laquelle était la fille du frère de sa mère al-Khayzurân.

Il épousa enfin la fille de ‘Abd Allâh ibn Muḥammad ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn ‘Uthmân ibn ‘Affân, surnommée la « ‘Uthmâniyya », également appelée « al-Jurashiyya » car elle était née à Jurash, au Yémen.

À son décès, quatre épouses lui survécurent : Zubaïda, al-‘Abbâsa, la fille de Ṣâliḥ, et la ‘Uthmâniyya. Quant à ses concubines, elles étaient en très grand nombre, au point que certains affirment qu’il possédait quatre mille esclaves concubines remarquables par leur beauté.

Pour ce qui est de ses fils, citons : Muḥammad al-Amîn, fils de Zubaïda ; ‘Abd Allâh al-Ma’mûn, fils d’une concubine du nom de Marâjil ; Muḥammad Abû Isḥâq al-Mu‘taṣim, fils d’une « umm walad » appelée Mârida ; al-Qâsim al-Mu’ta’man, fils d’une concubine nommée Qaṣf ; ‘Alî, dont la mère est ‘Amat al-‘Azîz ; Ṣâliḥ, fils d’une concubine appelée Ra’m ; et plusieurs autres fils prénommés Muḥammad Abû Ya‘qûb, Muḥammad Abû ‘Îsâ, Muḥammad Abû al-‘Abbâs, Muḥammad Abû ‘Alî, tous issus de mères esclaves différentes.

(1) Les deux vers dans "Al-Muntaẓam" d’Ibn al-Jawzī (9/232). (2) "Al-Muntaẓam" (9/232). (3) C’est-à-dire al-Ṭabarī dans son "Tārīkh" (5/26).
وقد رثاه أبو الشِّيص فقال: غرَبَتْ في الشرقِ شمسٌ … فلها العَيْنانِ تَدْمَعْ ما رأينا قَطُ شمسًا … غرَبَتْ من حيثُ تَطْلُعْ (١) وقد رثاهُ الشعراء بقصائد. قال ابنُ الجوزي في المنتظم (٢) : قد ترَكَ الرشيدُ من الميراث ما لم يُخَلِّفْهُ أحدٌ من الخلفاء، وخلَّفَ من الجواهرِ والأثاثِ والأمتعةِ سوى الضياعِ والدُّور ما قيمتُه مئةُ ألف ألف دينار، وخمسة وثلاثون ألفَ ألفِ دينار. قال ابنُ جرير (٣) : وكان في بيتِ المال تسعُمئةِ ألف ألف ونَيِّف. [ذكر زوجاته وبنيه وبناته] تزوَّج أمَّ جعفر زُبيدةَ بنت عمِّه جعفر بن أبي جعفر المنصور، تزوَّجها في سنةِ خمسٍ وستين ومئة في حياةِ أبيه المهدي، فولدَتْ له محمدًا الأمين. وماتَتْ زُبيدة في سنةِ ستَّ عشرةَ ومئتين كما سيأتي. وتزوَّجَ أمَةَ العزيز، أُمَّ وَلَد، كانتْ لأخيه موسى الهادي، فولَدَتْ له عليَّ بنَ الرشيد. وتزوَّجَ أمَّ محمد بنتَ صالح المسكين، والعبَّاسة بنت عمِّه سليمان بن أبي جعفر، فزُفَّتا إليه في ليلةٍ واحدة، سنةَ سبعٍ وثمانين ومئة بالرَّقَّة. وتزوَّجَ عزيزةَ بنتَ الغِطْرِيف، وهي بنتُ خالِه أخي أُمِّهِ الخَيْزُرَان. وتزوَّجَ ابنةَ عبدِ اللَّه بن محمد بن عبدِ اللَّه بن عمرو بن عثمان بن عفان العثمانية، ويُقال لها الجُرَشِية لأنها وُلدَتْ بِجُرَش باليمن. وتُوفِّي عن أربع: زُبيدة، وعبَّاسة، وابنة صالح، والعثمانية هذه. وأمَّا الحظايا من الجوار [ي] فكثيرٌ جدًّا، حتى قال بعضُهم: إنه كان في دارِهِ أربعة آلاف جاريةٍ سرارِيّ حسان. وأما أولادُه الذكور فمحمد الأمين ابن زُبيدة، وعبدُ اللَّه المأمون من جاريةٍ اسمُها مراجل، ومحمد أبو إسحاق المعتصِم من أُمِّ وَلَدٍ يُقالُ لها ماردة، والقاسمُ المؤتمن من جاريةٍ يُقال لها قصف، وعليّ أُمُّه أمَةُ العزيز، وصالح من جاريةٍ اسمُها رئم، ومحمد أبو يعقوب، ومحمد أبو عيسى، ومحمد أبو العباس، ومحمد أبو علي، كلُّ هؤلاءِ من أُمهات أولاد.
(١) البيتان في المنتظم لابن الجوزي (٩/ ٢٣٢). (٢) المنتظم (٩/ ٢٣٢). (٣) يعني الطبري في تاريخ (٥/ ٢٦).

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