Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Par Dieu, l’injustice est un funeste présage… et celui qui commet le mal demeure toujours l’oppresseur.
Nous nous en remettons au Juge du Jour de la rétribution… et c’est auprès de Dieu que se retrouveront les adversaires.

(1)
On raconte : il le convoqua, le déclara quitte de toute responsabilité, lui fit don de mille dinars et le laissa libre.

Al-Husayn ibn al-Fahm (2) dit : « Muhammad ibn ‘Abbad nous a rapporté, d’après Sufyân ibn ‘Uyaynah, ce qui suit : “J’entrai auprès d’al-Rachîd, qui me demanda : ‘Quelles nouvelles ?’ Je lui répondis :

‘Sous l’œil de Dieu se trouvent les secrets que dissimulent les demeures… la patience et le silence ont déjà bien trop duré.’

Alors il s’écria : ‘Ô toi, apporte cent mille à Ibn ‘Uyaynah, que cela suffise à ses besoins et à ceux de sa descendance, sans nuire en rien au calife al-Rachîd.’” »

(3)
Al-Asmāʻî raconta : « J’étais avec al-Rachîd durant le pèlerinage. Nous passâmes par une vallée, et là, sur son rebord, se tenait une jeune femme d’une grande beauté, devant elle un plat dont elle mangeait tout en disant :

‘Les coups durs des années nous ont écrasés… et les vicissitudes des jours nous ont frappés.
Nous voilà venus à vous, tendant la main… à la recherche de votre subsistance et de votre nourriture.
Cherchez donc la récompense et le salaire (divin) en nous venant en aide… ô vous qui visitez la Demeure sacrée.
Celui qui me voit, me voit ainsi que mes modestes affaires… ayez pitié de mon exil et de l’humiliation de ma condition.’

Je partis aussitôt trouver al-Rachîd pour l’informer de son histoire. Il vint en personne jusqu’à elle, l’écouta, s’émut et se mit à pleurer. Il ordonna alors à Masrūr, son serviteur, de remplir son plat d’or. Celui-ci s’exécuta et le remplit à tel point qu’il débordait de toutes parts. »

(4)
Une autre fois, al-Rachîd entendit un bédouin chanter ses chameaux sur la route du pèlerinage :

‘Ô toi qui nourris des inquiétudes, ne t’angoisse pas… car si la fièvre t’est décrétée, tu ne pourras y échapper.
Comment te protéger alors que la Plume (du destin) est déjà sèche ?… La santé et la maladie t’ont été imposées.’

(5)

(1) Les vers et le récit se trouvent dans le dīwān d’Abū al-‘Atāhiyya, p. 398. Ils sont attribués à l’imâm ‘Alī ibn Abī Ṭālib et figurent dans son dīwān, p. 113. (2) Dans (Q) : « al-Ḥasan ibn Abī al-Fahm », ce qui est une erreur de lecture corrigée en (B, Ḥ) ; je n’ai pas trouvé de biographie pour lui, mais il est mentionné comme transmetteur du livre « al-Ṭabaqāt al-Kabīr » d’Ibn Sa‘d, dans l’édition imprimée de ce dernier on trouve des ajouts accompagnant le texte. C’est Abū ‘Alī al-Ḥusayn ibn Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn al-Fahm. Voir Ṭabaqāt Ibn Sa‘d (3/542, 7/357) et Tahdhīb al-Kamāl (2/129, 3/15, 159, 8/301, 17/180, 31/212). (3) Mukhtaṣar Tārīkh Ibn ‘Asākir d’Ibn Manẓūr (27/23). (4) Voir Mukhtaṣar Ibn ‘Asākir d’Ibn Manẓūr (27/23‑24). (5) Le récit et les deux vers dans le Mukhtaṣar Tārīkh Ibn ‘Asākir d’Ibn Manẓūr (27/24); Ibn Qutaybah a relaté les deux vers avec une interprétation différente.
أما واللَّهِ إنَّ الظُّلمَ شُومُ … وما زال المُسيءُ هو الظَّلُومُ إلى دَيَّانِ يومِ الدِّينِ نَمْضي … وعندَ اللَّه تَجتمعُ الخُصومُ (١) قال: فاستَدعاهُ واستجعله في حِلّ، ووهبَهُ ألفَ دينارٍ وأطلقَه. وقال الحسين بن الفهم (٢) : حدَّثنا محمد بن عباد، عن سفيان بن عُيينة قال: دخلتُ على الرشيد فقال: ما خبَرُك؟ فقلت: بعينِ اللَّه ما تُخْفي البيوتُ … فقد طال التَّحمُّل والسكوتُ فقال: يا فلان، مئة ألفٍ لابنِ عُيينة تُغْنيه وتُغْني عَقِبَه، ولا تضُرُّ الرشيدَ شيئًا (٣) . وقال الأصمعي: كنتُ مع الرشيدِ في الحج، فمرَرْنا بوادٍ، فإذا على شفيرِهِ امرأةٌ صَبيَّةٌ حسناء، بين يدَيْها قصعة، وهي تأكلُ منها وهي تقول: طَحْطَحَتْنا طَحَاطِحُ الأعوامِ … ورَمَتْنا حوادثُ الأيَّامِ فأتيناكُمُ نَمُدُّ أكُفًّا … نائلات لِزادِكُمْ والطَّعَامِ فاطلُبوا الأجْرَ والمثوبَةَ فينا … أيُّها الزائرونَ بيتَ الحرامِ مَنْ رآني فقد رآني ورَحْلي … فارْحَمُوا غُرْبَتي وذُلَّ مَقَامِي قال الأصمعي: فذهبتُ إلى الرشيد، فأخبرتُهُ بأمرِها، فجاء بنفسِهِ حتى وقف عليها، فسمعَها، فرَحِمَها وبكى، وأمَرَ مسرورًا الخادمَ أنْ يَملأ قصعتهَا ذهبًا، فملأها حتى جعلَتْ تَفِيضُ يَمينًا وشِمالًا (٤) . وسمع مرَّة الرشيدُ أعرابيًا يَحْدو إبلَهُ في طريق الحج: أيها المُجمِعُ هَمًّا لا تُهَمّ … إنك إنْ تُقْضى لكَ الحُمَّى تُحَمْ كيف توَقِّيكَ وقد جَفَّ القلَمْ … حُطتِ الصِّحَّةُ منكَ والسَّقَم (٥)
(١) الأبيات والخبر في ديوان أبي العتاهية ص (٣٩٨). وتنسب إلى الإمام علي بن أبي طالب، وهي في ديوانه ص (١١٣). (٢) في (ق): "الحسن بن أبي الفهم"، وهو تصحيف والمثبت من (ب، ح)؛ ولم أقف على ترجمة له، ولكن له ذكر وهو راوي كتاب "الطبقات الكبير" لابن سعد، وفي المطبوع منه زيادات على ابن سعد طبعت مع النص. وهو أبو علي الحسين بن محمد بن عبد الرحمن بن الفهم. انظر طبقات ابن سعد (٣/ ٥٤٢، ٧/ ٣٥٧)، وتهذيب الكمال (٢/ ١٢٩، و ٣/ ١٥، ١٥٩، و ٨/ ٣٠١، و ١٧/ ١٨٠، و ٣١/ ٢١٢). (٣) مختصر تاريخ ابن عساكر لابن منظور (٢٧/ ٢٣). (٤) انظر مختصر ابن عساكر لابن منظور (٢٧/ ٢٣، ٢٤). (٥) الخبر والبيتان في مختصر تاريخ ابن عساكر لابن منظور (٢٧/ ٢٤)، وقد روى ابنُ قتيبة البيتين في تأويل مختلف =

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