Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-‘Abbās ibn Muḥammad, seigneur de la dynastie abbasside, avait pour poète Marwān ibn Abī Ḥafṣa, pour chanteur Ibrāhīm al-Mawṣilī, l’unique de son temps dans son art, pour bouffon Ibn Abī Maryam, et pour joueur de flûte Barṣūmā. Son épouse était Umm Ja‘far – c’est-à-dire Zubayda –, la personne la plus désireuse de tout bien et la plus prompte à tout acte de bienfaisance et de générosité. C’est elle qui introduisit l’eau dans le Ḥaram après que cela eut été jugé impossible. Elle accomplit, en outre, de nombreux bienfaits que Dieu laissa se réaliser par son intermédiaire (1).

Al-Khaṭīb al-Baghdādī (2) rapporta qu’al-Rashīd disait : « Nous sommes issus d’un peuple dont le malheur fut grand, mais dont l’héritage fut vertueux (3). Nous avons hérité du Messager de Dieu (ﷺ), et la fonction califale de Dieu subsiste en notre sein. »

Un jour, tandis qu’al-Rashīd effectuait le ṭawāf autour de la Ka‘ba, un homme s’approcha de lui et lui dit : « Ô Commandeur des croyants, je souhaite te parler avec rudesse. » Al-Rashīd répondit : « Non, point du tout, car Dieu a envoyé quelqu’un de meilleur que toi à quelqu’un de pire que moi, et Il lui a commandé de lui adresser une parole douce : ﴿قَوْلًا لَّيِّنًا﴾ [Ṭāhā : 44]. »

D’après Shu‘ayb ibn Ḥarb, voici ce qu’il raconta : « Je vis al-Rashīd sur la route de La Mecque. Je me dis : “Tu dois ordonner le bien et interdire le mal.” Mais la peur me saisit en me murmurant : “Il te fera décapiter.” Je me ressaisis en concluant qu’il fallait néanmoins agir. Je l’interpellai donc : “Ô Hārūn, tu as épuisé la communauté et les bêtes !” Il ordonna de me saisir, puis on me conduisit devant lui. Il tenait en main un morceau de fer (5) avec lequel il jouait, assis sur un trône. Il me dit : “Qui es-tu donc ?” Je répondis : “Un homme parmi les musulmans.” Il reprit : “Puisse ta mère te pleurer, précisons : de qui es-tu ?” Je dis : “Je descends d’al-Anbār.” Il poursuivit : “Qu’est-ce qui t’a incité à m’appeler par mon nom ?” »

« Alors, une idée qui ne m’était pas venue jusque-là me vint immédiatement à l’esprit. Je lui dis : “J’invoque Dieu par Son nom – ô Dieu – et je ne pourrais pas t’appeler par le tien ? Or Dieu – exalté soit-Il – a appelé de son nom la créature qu’Il aimait le plus, Muḥammad (6), et Il a employé une kunya pour nommer la créature la plus haïe, en disant : ﴿تَبَّتْ يَدَا أَبِي لَهَبٍ﴾ (Périssent les deux mains d’Abū Lahab).” Alors al-Rashīd déclara : “Qu’on le fasse sortir ! Qu’on le fasse sortir !” »

Et un jour, Ibn al-Sammāk lui dit : « Tu mourras seul, tu entreras seul dans ta tombe et tu en seras ressuscité seul. Prends-y garde. »

(1) Le récit dans Tārīkh Baghdād (14/11).\n(2) Dans Tārīkh Baghdād (14/8).\n(3) Dans (Q) : « leur mission », ce qui est une erreur de transcription ; la forme correcte est attestée dans (B, Ḥ) et Tārīkh Baghdād.\n(4) Et non pas « la grâce de ton œil » : cela signifie que je ne fais pas cela par dignité à ton égard, ni en te gratifiant de tes yeux. Sībawayh a dit : tout cela est construit sur l’omission d’un verbe implicite. Voir Lisân al-ʿArab (s.v. naʿma).\n(5) Dans Mukhtaṣar Tārīkh Ibn ʿAsākir : « Il tenait en main une matraque avec laquelle il jouait. » Al-Lut (avec un dhamma sur le lām) : un type d’arme, connu à notre époque ; c’est un terme dérivé, non issu de la langue arabe originelle, et je ne l’ai pas trouvé dans aucun ouvrage classé parmi les makhrab (mots arabés). Le cheikh Abū al-Ḥusayn ʿAlī ibn Aḥmad ibn ʿAbd al-Wāḥid m’a informé qu’il l’a lu chez l’auteur avec un dhamma, donc il doit être lu avec un dhamma, comme les gens le prononcent. Fin. Celui qui consulte Abwāb al-Muqniʿ de Muḥammad ibn Abī al-Fatḥ al-Baʿlī (décédé en 709 H.) p. 357.\n(6) Dans (Q), avant la mention de Muḥammad : « par leurs noms : Ô Adam, Ô Nūḥ, Ô Hūd, Ô Ṣāliḥ, Ô Ibrāhīm, Ô Mūsā, Ô ʿĪsā », attesté dans (B, Ḥ) et Mukhtaṣar Tārīkh Ibn ʿAsākir (27/19).
العباس بن محمد صاحب العباسيَّة، وشاعره مروان بن أبي حفصة، ومُغنِّيه إبراهيم الموصلي واحد عَصْرِهِ في صناعِته، ومُضْحِكه ابن أبي مريم، وزامره بَرْصُوما، وزوجته أم جعفر -يعني زُبيدة- وكانتْ أرغبَ الناس في كلِّ خير، وأسرعَهُمْ إلى كلِّ بِرٍّ ومعروف، أدخلتِ الماءَ الحرَم بعد امتناعِه من ذلك. إلى أشياء من المعروف أجراها اللَّه على يدِها (١) . وروى الخطيبُ البغدادي (٢) ، أنَّ الرشيد كان يقول: إنَّا من قومٍ عَظمُتْ رَزِيَّتُهم، وحَسُنتْ بَقِيَّتُهم (٣) ، وَرِثْنا رسولَ اللَّه ﷺ ، وبقيت فينا خلافةُ اللَّه. وبينما الرشيدُ يطوفُ يومًا بالبيت إذْ عَرضَ له رجلٌ فقال: يا أميرَ المؤمنين، إني أريدُ أنْ أُكلِّمكَ بكلامٍ فيه غِلْظة. فقال: لا، ولا نعْمَةَ عَيْن (٤) ، قد بعث اللَّه منْ هو خير منكَ إلى منْ هو شرٌّ منِّي، فأمرَهُ أن يقولَ له: ﴿قَوْلًا لَّيِنًا﴾ [طه: ٤٤] . وعن شُعيب بن حَرْب قال: رأيتُ الرشيدَ في طريق مكة، فقلتُ في نفسي: قد وجَبَ عليك الأمرُ بالمعروف والنَّهْي عن المنكر، فخوَّفَتْني فقالت: إنه الآن يضربُ عُنقَك. فقلت: لابدَّ من ذلك. فنادَيْتُهُ فقلت: يا هارون، قد أتعبتَ الأمَّة والبهائم. فقال: خذوه. فأُدخلتُ عليه وفي يَدِهِ لُتٌّ من حديد (٥) يلعبُ به، وهو جالسٌ على كُرسيّ، فقال: ممَّنِ الرجل؟ فقلت: رجلٌ من المسلمين. فقال: ثَكِلَتْكَ أمُّك؟ ممَّنْ أنت؟ فقلت: من الأنبار. فقال: ما حمَلك على أنْ دعوتَني باسمي؟ قال: فخطر ببالي شيءٌ لم يخطُرْ قبلَ ذلك. فقلت: أنا أدعو اللَّهَ باسمه يا اللَّه، أفلا أدعوكَ باسمك؟ وهذا اللَّه سبحانه قد دعا أحبَّ خلقِهِ إليه باسمه محمد (٦) ، وكنَّى أبغضَ خَلْقِهِ إليه فقال: ﴿تَبَّتْ يَدَا أَبِي لَهَبٍ﴾. فقال الرشيد: أخرجُوه، أخرِجُوه. وقال له ابن السَّماكِ يومًا: إنك تموتُ وحدَك، وتدخُلُ القبرَ وحدَك، وتُبعثُ منه وحدَك، فاحذَرِ
(١) الخبر في تاريخ بغداد (١٤/ ١١). (٢) في تاريخ بغداد (١٤/ ٨). (٣) في (ق): "بعثتهم"، وهو تصحيف، والمثبت من (ب، ح) وتاريخ بغداد. (٤) ولا نعمة عين: أي لا أفعل ذلك كرامةً لك، وإنعامًا بعينك. قال سيبويه: نصبوا كل ذلك على إضمار الفعل المتروك إظهاره. انظر لسان العرب (نعم). (٥) في مختصر تاريخ ابن عساكر: وبيده عمود يلعب به. واللُّت -بضم اللام-: نوعٌ من آلةِ السلاح، معروفٌ في زمانِنا؛ وهو لفظٌ مولَّد، ليس من كلام العرب، ولم أره في شيءٍ مما صُنِّف في المعرَّب. وأخبرني الشيخ أبو الحسين علي بن أحمد بن عبد الواحد أنه قرأه على المصنف بالضَّمّ، فينبغي أن يُقرأ مضمومًا كما يقولُه الناس. اهـ. المطلع على أبواب المقنع لمحمد بن أبي الفتح البعلي المتوفّى (٧٠٩ هـ) ص (٣٥٧). (٦) في (ق) قبل ذكر محمد: "بأسمائهم: يا آدَمُ، يا نُوحُ، يا هُودُ، يا صالحُ، يا إبراهيمُ يا موسى، يا عيسى"، والمثبت من (ب، ح) ومختصر تاريخ ابن عساكر (٢٧/ ١٩).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies