Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Harûn al-Rachîd dit : « Continue. »

Il récita alors :
« Quand la nuit pèse sur toi, t’engloutit dans sa noirceur
Et que l’obscurité s’épaissit au point que l’aube ne t’apparaît plus,
Fais-la simplement paraître : tu verras la lune. »

Harûn al-Rachîd déclara : « Nous l’avons effectivement vue, et nous avons ordonné de te remettre dix mille dirhams. »

Parmi les poèmes de cet auteur que Baššâr ibn Burd lui-même reconnut, et grâce auxquels il l’accueillit dans le cercle des poètes, on trouve ces vers :
« Je pleure ceux qui m’ont fait goûter à leur affection,
Puis, quand ils m’ont éveillé à l’amour, ils se rendormirent.
Ils m’ont encouragé à me lever mais, lorsque je me suis redressé
Sous le lourd fardeau qu’ils m’avaient imposé, ils restèrent assis. »

Il dit encore :
« Tu m’as raconté son histoire, ô Sa‘d, et tu m’as ainsi rendu plus fou encore ;
Raconte-m’en davantage, je t’en prie, ô Sa‘d !
Son amour est tel que le cœur n’en a jamais connu d’autre ;
Il n’a donc ni “avant” ni “après”. »

Al-Aṣma‘î raconta : « Je suis entré auprès d’al-‘Abbâs ibn al-Aḥnaf à Baṣra tandis qu’il gisait sur son lit, l’âme sur le point de s’en aller. Il disait :
“Ô toi, lointain de sa patrie, solitaire pleurant ses peines !
Chaque fois que ses sanglots s’intensifient, ses maux dans son corps augmentent.”
Puis il perdit connaissance. Il reprit ses esprits au chant d’un oiseau perché sur un arbre et dit :
“Mon cœur a ressenti plus de tristesse encore
En entendant la plainte de cet oiseau sur sa branche.
Ce qui m’a bouleversé l’a troublé également, si bien qu’il a pleuré,
Et nous voilà tous deux pleurant notre demeure.”
Ensuite, il s’évanouit de nouveau. Quand je l’ai touché, il était déjà mort. »

Aṣ-Ṣûlî dit : « Son décès survint cette année-là. » Al-Qâḍî Ibn Khallikân affirme qu’il mourut après, d’autres disent avant, en l’an 188 de l’Hégire. Dieu seul le sait. ‘Umar ibn Šabba avance également l’an 188, tandis que certains historiens prétendent qu’il vécut après le règne d’ar-Rachîd.

(1) Les vers se trouvent dans le Dīwān d’al-Ahnaf, p. 152, et sa phrase « tara » est au nominatif dans les deux hémistiches du dernier vers, ce qui est une nécessité poétique. Le terme dans le Dīwān est « yakun » dans les deux hémistiches. (2) Les deux vers sont dans le Dīwān d’al-‘Abbās, p. 104, et ils figurent également dans le Dīwān de Bashshār ibn Burd, p. 434. (3) Les deux vers se trouvent dans le Dīwān d’al-‘Abbās, p. 120. (4) Les vers, avec des formulations proches, figurent dans le Dīwān d’al-‘Abbās, p. 311.
فقال الرشيد: زِدْ. فقال: إذا ما الليل مالَ علَيْـ … ــكَ بالإظْلامِ واعْتَكَرا ودَجَّ فلم تَرَى فَجْرًا … فأبْرِزْها تَرَى قَمَرًا (١) فقال: إنَّا قد رأيناها، وقد أمرنا لك بعشرةِ آلافِ درهم. ومن شعرِهِ الذي أقرَّ له فيه بشارُ بنُ بُرْد، وأثبته في سِلْك الشعراء بسببِه قولُه: أبكي الذين أذاقوني مَوَدَّتَهُمْ … حتى إذا أيقظوني للهوَى رَقَدوا واستنهضوني فلمَّا قمتُ مُنتصبًا … بِثقْلِ ما حَمَّلوني منهمُ قَعَدوا (٢) وله أيضًا: وحدَّثتَنِي يا سعدُ عنها فِزِدْتَني … جنونًا فزِدْني من حديثِكَ يا سَعْدُ هواها هوى لم يعرِفِ القلبُ غيرَهُ … فليس له قَبْلٌ وليس لَهُ بَعْدُ (٣) قال الأصمعي: دخلتُ على العباسِ بنِ الأحنف بالبصرةِ وهو طَريحٌ على فراشِه، يَجُودُ بنفسِهِ وهو يقول: يا بعيدَ الدارِ عن وطنِهْ … مُفردًا يبكي على شَجَنِهْ كلَّما جدَّ النحيبُ بهِ … زادَتِ الأسقامُ في بَدَنِهْ ثم أُغمي عليه، ثم انتبه بصوتِ طائرٍ على شجرةٍ فقال: ولقد زاد الفؤادَ شجًا … هاتفٌ يبكي على فَنَنِهْ شاقَهُ ما شاقَني فبَكَى … كُلُّنا يبكي على سَكَنِه (٤) قال: ثم أُغمي عليه أخرى، فحرَّكْتُهُ فإذا هو قد مات. قال الصولي: كانتْ وفاتُه في هذه السنة. وقال القاضي ابن خلِّكان إنه تُوفي بعدَها، وقيل قبلَها، في سنةِ ثمانٍ وثمانين ومئة. فاللَّه أعلم. وقال عمر بن شبَّة: سنة ثمان وثمانين. وزعم بعضُ المؤرِّخين أنه بَقي بعدَ الرشيد.
(١) الأبيات في ديوان الأحنف ص (١٥٢)، وقوله: "ترى" برفع المجزوم في شطري البيت الأخير، من ضرورات الشعر. ولفظ الديوان "يكن" في الشطرين. (٢) البيتان في ديوان العباس ص (١٠٤)، وهما في ديوان بشار بن برد أيضًا ص (٤٣٤). (٣) البيتان في ديوان العباس ص (١٢٠). (٤) الأبيات بألفاظٍ مقاربة في ديوان العباس ص (٣١١).

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