J’ai délaissé le vin à ses adeptes… et désormais je bois une eau limpide. Car le vin avilit l’homme noble et noircit les visages au matin. S’il peut être permis à la jeunesse, quelle excuse donner quand les cheveux blanchissent ?
Al-Aṣmaʿī raconta : « Je lui dis : “Tu as raison. C’est toi l’homme sensé et lui le fou.” »
ʿUbayda ibn Ḥumayd ibn Ṣuhayb (1), également surnommé Abū ʿAbd al-Raḥmān al-Taymī (2), originaire de Koufa, fut le précepteur d’al-Amīn. Il transmit (ses connaissances) d’al-Aʿmash et d’autres personnes. Aḥmad ibn Ḥanbal reçut également son enseignement et faisait son éloge.
[Cette même année s’éteignit] Yaḥyā ibn Khālid ibn Barmak (3), Abū ʿAlī le vizir, père de Jaʿfar al-Barmakī. Al-Mahdī lui avait confié la garde du jeune ar-Rašīd pour qu’il l’éduquât, et l’épouse de Yaḥyā l’allaita en même temps que son propre fils, al-Faḍl ibn Yaḥyā. Lorsque ar-Rašīd accéda au pouvoir, il lui rendit son dû et disait souvent : « Mon père a dit… » Il lui délégua alors les affaires du califat et il demeura ainsi jusqu’à la disgrâce des Barmakides. Ar-Rašīd fit exécuter Jaʿfar (4) et maintint son père, Yaḥyā, en prison jusqu’à sa mort cette année-là. C’était un homme généreux, éloquent et doué d’un jugement sûr ; ses actes révélaient toujours de la bienveillance et de la rectitude.
Un jour, il dit à ses enfants : « Puisez un peu de chaque savoir, car celui qui ignore une chose s’y oppose. » Il leur dit encore : « Consignez par écrit ce que vous entendez de meilleur, mémorisez ce que vous mettez par écrit de meilleur et échangez-vous ce que vous mémorisez de meilleur. » Il leur répétait aussi : « Lorsque la fortune se présente à vous, dépensez-en, car elle ne dure pas. Et lorsqu’elle vous tourne le dos, dépensez-en également, car elle ne dure pas. » (5)