Mujahid a dit à propos du verset : « Mais regarde la montagne : si elle tient en place, alors tu Me verras » : « Elle est plus grande que toi et d’une création plus solide. Lorsque son Seigneur Se manifesta à la montagne, il l’observa et elle ne put se maintenir. La montagne avança, puis s’écrasa à son sommet. Moïse vit ce que subissait la montagne et tomba alors inconscient. »
Nous avons mentionné dans le “Tafsîr” (1) ce qui a été rapporté par l’imam Ahmad (2), par at-Tirmidhî (3) qui l’a déclaré authentique, ainsi que par Ibn Jarîr (4) et al-Hâkim (5), selon la chaîne de transmission de Hammâd ibn Salama d’après Thâbit — Ibn Jarîr ajoute Layth —, d’après Anas : le Messager d’Allah (ﷺ) récita : « Lorsque son Seigneur Se manifesta à la montagne, Il la mit en poussière » (Coran, 7 : 143). Ensuite, il (ﷺ) fit ce geste avec son doigt, en plaçant son pouce sur le haut de la phalange de l’auriculaire, puis la montagne s’enfonça. C’est la version rapportée par Ibn Jarîr.
As-Suddî rapporte d’après ‘Ikrima, et d’après Ibn ‘Abbâs : « Il ne Se manifesta — c’est-à-dire en Sa grandeur — qu’à la mesure de l’auriculaire ; et la montagne fut mise en poussière. » Ibn ‘Abbâs dit : « Elle fut réduite en poussière, et Moïse s’effondra inconscient (صَعِقًا). » Selon Qatâda, il mourut, mais l’opinion correcte est la première, puisqu’il est précisé : « Lorsqu’il reprit ses esprits », et la “reprise des sens” survient après un évanouissement. Moïse dit alors : « Gloire à Toi », Te glorifiant, Te magnifiant et T’exaltant au point qu’aucune créature ne peut Te voir dans Ta grandeur. « Je me repens à Toi », c’est-à-dire : « Après cela, je ne Te demanderai plus à Te voir. » Et « Je suis le premier des croyants », à savoir qu’aucun être vivant ne peut Te voir sans mourir, et qu’aucune chose solide ne peut Te voir sans être brisée.
Il est établi dans les deux recueils authentiques (al-Bukhârî et Muslim), d’après ‘Amr ibn Yahyâ ibn ‘Umâra ibn Abî Hasân al-Mâzinî al-Ansârî, qui le tenait de son père, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî, que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Ne me préférez pas aux autres prophètes. Le Jour de la Résurrection, les gens seront tous foudroyés, et je serai le premier à reprendre mes sens. Et je verrai Moïse fermement agrippé à un des pieds du Trône (7). Je ne sais pas s’il a repris connaissance avant moi ou s’il fut exempté grâce au foudroiement qu’il subit lors du Mont (8). » (9) Ceci est la version rapportée par al-Bukhârî. Au début du récit, il est question de l’épisode du juif dont le visage fut giflé par un homme des Anṣâr, lorsque ce dernier entendit ses propos.