Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Personne ne l’achète si ce n’est le fils d’une prostituée… ou bien Qalṭabān (1), qui que ce fût.

(1) Selon le récit rapporté par Thumâma ibn Ashras, il dit : « J’ai passé une nuit avec Jaʿfar ibn Yaḥyâ ibn Khâlid. Il se réveilla de son sommeil en pleurant, terrifié. Je lui demandai : “Qu’as-tu ?” Il répondit : “J’ai vu un vieil homme venir, saisir les deux montants de cette porte et dire :

« Comme s’il n’y avait jamais eu, entre al-Ḥajûn et aṣ-Ṣafâ, de confident, et nul n’eût veillé en causant la nuit à la Mecque… »

Alors je lui ai répondu :

« Mais si, nous en étions les habitants, et les successives épreuves des nuits et les revers de la destinée nous ont anéantis. » (2)

Thumâma poursuivit : « Lorsque arriva la nuit suivante, ar-Rachîd le fit mettre à mort et exposa sa tête sur le pont. Puis ar-Rachîd sortit, le regarda longuement avant de réciter :

“Le temps t’a réclamé ce que tu avais jadis commis
Et ta vie s’est assombrie après avoir été sereine.
Ne t’étonne point : le destin
Se charge toujours de séparer ce qu’il avait réuni.”

Je considérai alors Jaʿfar et lui dis : “Ne voilà-t-il pas que tu es devenu aujourd’hui un exemple pour tous ? Mais tu fus autrefois le sommet de la générosité et de la libéralité.” Il me jeta un regard semblable à celui d’un chameau fougueux, puis il déclama :

“Ce qui étonne le monde à propos de Jaʿfar,
C’est seulement qu’ils l’ont vu à nos côtés.
Qui est donc Jaʿfar ? Quel est son père ?
Et que seraient les Banû Barmak sans nous ?”

Ensuite, il tourna la tête de sa monture et s’en alla. »

La mise à mort de Jaʿfar eut lieu dans la nuit du samedi, au premier jour de Ṣafar de l’an 187 de l’Hégire. Il avait alors trente-sept ans et avait occupé la fonction de vizir pendant dix-sept ans. Un jour de fête du sacrifice (ʿÎd al-Aḍḥâ), la mère de Jaʿfar, ʿUbâda, alla trouver des gens pour leur demander la peau d’un bélier afin de se réchauffer. Ils l’interrogèrent sur la fortune qu’elle avait autrefois possédée. Elle répondit : « Il y a déjà eu un jour comme celui-ci où quatre cents servantes m’entouraient. Et pourtant je disais : “Mon fils Jaʿfar est un ingrat envers moi.” »

Al-Khaṭîb al-Baghdâdî rapporta, par sa chaîne de transmission, que lorsque Sufyân ibn ʿUyaynah apprit que ar-Rachîd avait tué Jaʿfar et commis… »

(1) Al-Qalṭabān, ou al-Qarṭabān : terme utilisé par le commun des gens pour désigner celui qui n’a pas de jalousie. Il s’agit d’une altération de sa forme originelle ; al-Asma‘ī a dit : "al-Kaltabān est dérivé de al-Kalab, qui signifie le harnais (la bride), et le t et le n sont des ajouts." Il a ajouté : "Ce terme est ancien parmi les Arabes, mais le peuple l’a altéré initialement en disant al-Qalṭabān. Puis un autre groupe plus populaire a encore altéré la forme précédente, en disant al-Qarṭabān." (Lisān al-‘Arab, article « Qaraṭab »). (2) Abū al-Faraj al-Asfahānī a rapporté dans Al-Aghānī (15/10) que le poète mentionné par Ibn Isḥāq, auteur des Maghāzī, est Muḍāḍ ibn ‘Amr al-Jurhamī. D’autres ont dit qu’il s’agit plutôt de al-Ḥārith ibn ‘Amr ibn Muḍāḍ. Le Jawharī nous en a informés, par ‘Umar ibn Shabba, d’Abū Ghassān Muḥammad ibn Yaḥyā, de Ghassān ibn ‘Abd al-Ḥamīd. ‘Abd al-‘Azīz ibn ‘Imrān a affirmé qu’il s’agit de ‘Amr ibn al-Ḥārith ibn Muḍāḍ.
لا يشتريها إلَّا ابنُ زانيةٍ … أو قَلْطَبَانُ (١) يكونُ منْ كانا وعن ثُمامةَ بنِ أشْرَس قال: بتُّ ليلةً مع جعفر بن يحيى بنِ خالد، فانتبه من منامِهِ يَبْكي مَذْعورًا، فقلت: ما شأنُك؟ قال: رأيتُ شيخًا جاء فأخذَ بِعَضَادَتَيْ هذا البابِ وقال: كأنْ لم يكنْ بين الحَجُونِ إلى الصَّفَا … أنيسٌ ولم يَسْمُرْ بمكَةَ سامرُ قال: فأجبتُهُ: بَلَى نحنُ كُنَّا أهلَها فأبادَنَا … صروفُ الليالي والجدودُ العواثِرُ (٢) قال ثُمَامة: فلما كانتِ الليلةُ القابلة، قتلَهُ الرشيد، ونصَبَ رأسَهُ على الجسر. ثم خرج الرشيد، فنظر إليه فتأمَّلَه، ثم أنشأ يقول: تقاضاكَ دَهْرُكَ ما أسْلَفَا … وكُدِّرَ عيشُكَ بعدَ الصَّفَا فلا تَعْجَبَنَ فإنَّ الزمانَ … رَهينٌ بتفريقِ ما ألَّفَا قال: فنظرتُ إلى جعفرٍ وقلت: أمَا لئنْ أصبَحْتَ اليومَ آية، فلقد كنتَ في الكرَمِ والجودِ غاية. قال: فنظَرَ إليَّ كأنَّهُ جَملٌ صَؤول، ثم أنشأ يقول: ما يَعْجبُ العالَمُ من جعفرٍ … ما عايَنُوهُ فبِنَا كانا مَنْ جعفرٌ أوْ مَنْ أبوهُ ومَنْ … كانتْ بنو بَرْمكٍ لولانا ثم حَوَّلَ وَجْهَ فرسِهِ وانصرف. وقد كان مَقْتلُ جعفرٍ ليلةَ السبت، مُستهلَّ صفَر، من سنةِ سبع وثمانين ومئة. وكان عمرُه سبعًا وثلاثين سنة. ومكَثَ وزيرًا سبعَ عشرةَ سنةً. وقد دَخَلَتْ عُبادةُ أمُّ جعفرٍ على أناسٍ في يومِ أضْحَى تَسْتَمنحُهم جلدَ كبشٍ تدفَأُ به؛ فسألوها عما كانتْ فه من النِّعمة؟ فقالت: لقد أصبحتُ في مثلِ هذا اليوم وإنَّ على رأسي أربعَمئة وصيفة، وأقول: إنَّ ابني جعفرًا عاقٌ لي. وروى الخطيبُ البغداديُّ بإسناده، أنَّ سفيان بنَ عُيَيْنَةَ لَمَّا بلَغَهُ قتلُ الرشيد جعفرًا، وما أحلَّ
(١) القَلْطَبان، أو القَرْطبان: الذي تقولُه العامَّةُ للذي لا غيرةَ له. فهو مُغيَّرٌ عن وجهه؛ قال الأصمعي: الكَلْتَبان مأخوذٌ من الكَلَب، وهو القِيَادة، والتاء والنون زائدتان. قال: وهذه اللفظةُ هي القديمةُ عن العرب وغيَّرَتْها العامَّةُ الأولى فقالت: القَلْطَبان. قال: وجاءتْ عامَّةٌ سُفْلَى فغيَّرتْ على الأولى فقالت: القَرْطَبان - لسان العرب (قرطب). (٢) قال أبو الفرج الأصفهاني في الأغاني (١٥/ ١٠): الشعر فيما ذكر ابن إسحاق صاحب المغازي لِمُضاض بن عمرو الجُرْهُمي. وقال غيرُه: بل هو للحارثِ بن عمرو بن مُضَاض. أخبرنا بذلك الجوهري، عن عمر بن شَبَّة، عن أبى غسان محمد بن يحيى، عن غسان بن عبد الحميد. وقال عبدُ العزيز بن عمران: هو عمرو بن الحارث بن مُضَاض.

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