Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En cette année, une grande secousse frappa al-Miṣṣīṣa, provoquant l’effondrement d’une partie de son rempart, et ses eaux se retirèrent durant un moment dans la nuit.

Cette même année, le calife ar-Rachīd envoya son fils al-Qāsim à la campagne d’été (aṣ-ṣāʾifa), le consacrant comme « offrande » et « intercesseur » auprès de lui, et lui confia la région des al-ʿAwāṣim. Al-Qāsim se rendit alors dans les terres byzantines, les assiégea et obligea leurs habitants à négocier la libération d’un grand nombre de captifs en échange de son retrait. Il accepta et procéda ainsi.

Au cours de cette même année, les Byzantins rompirent la trêve qu’ils avaient conclue avec les musulmans, laquelle avait été établie par ar-Rachīd avec la reine des Romains, Rīnī, surnommée Augusta. En effet, ils la déposèrent, proclamèrent Nicéphore comme roi à sa place, homme réputé pour sa bravoure et dont on disait qu’il était issu de la lignée de la famille Jafna. Ils destituèrent donc Rīnī et lui crevèrent les yeux.

Nicéphore écrivit alors à ar-Rachīd : « De Nicéphore, roi des Romains, à Hārūn, roi des Arabes. Après quoi : la reine qui m’a précédé t’a traité comme la pièce maîtresse et s’est elle-même assimilée à un simple pion. Elle t’envoyait de ses biens ce que tu aurais dû, à vrai dire, lui acheminer, par faiblesse et sottise de sa part. Ainsi, après avoir lu ma lettre, renvoie-moi les richesses qu’elle t’a transmises et rachète ta personne avec elles, faute de quoi, c’est l’épée qui nous départagera. »

Lorsque Hārūn ar-Rachīd lut la missive, il entra dans une telle colère que nul n’osait plus le regarder ni même s’adresser à lui, et ses proches craignirent pour sa vie. Il réclama alors une écritoire et, au dos de la lettre, il rédigea : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. De Hārūn, commandeur des croyants, à Nicéphore, le chien des Romains. J’ai lu ta lettre, ô fils de la mécréante. Tu trouveras ta réponse dans les actes plutôt que dans les mots. Salut. »

Il partit aussitôt et marcha jusqu’à se présenter aux portes de Héraclée, s’en empara (3), choisit pour lui-même la fille de son roi et s’empara de son butin

(1) Il y a une erreur dans le manuscrit (Q) où il est écrit « رنى » au lieu de ce que nous avons établi dans (B, Ḥ) ainsi que chez al-Ṭabarī et d'autres. (2) « Ar-Rukhkh » : un des objets du jeu d'échecs, il est la pièce la plus importante après le pion, et ce terme est arabisé d'une langue étrangère. Voir Lisān al-ʿArab (entrée « Rukhkh »). (3) « Hirqala » (avec une kasra puis une fatḥa) : une ville en terre des Romains, nommée d’après Hirqala, fille des Romains, descendante d'Alifz ibn Sām ibn Nūḥ (Noé) – paix sur lui –. Al-Rashīd l’a conquise en personne, puis l’a prise de force après un siège et une guerre intense, utilisant le feu et le pétrole, jusqu’à ce que ses habitants soient vaincus. C’est pourquoi le poète al-Makkī dit : Hirqala est tombée quand elle a vu, étonnée... Le ciel s’élevant, jetant du pétrole et du feu Comme si nos flammes, sur les flancs de leur forteresse, Sont des teintures sur les murs de Qassār. Ensuite il arriva à ar-Raqqa au mois de Ramadan; lors de la fête, il reçut les poètes, parmi lesquels se trouvait Achjaʿ as-Sulmī, qui composa et chanta : Tu ne cesses de disséminer des fêtes puis de les abréger... Des jours s’écoulent pour elles, et d’autres s’en vont Ni le monde ne t’a âprement quitté, ni n’est-il parti... Le temps déroule avec toi des jours et les fait passer Puissent la victoire et les jours heureux t’honorer... À toi la victoire dont les couronnes sont nouées Hirqala vacille de ses flancs... Et le Défenseur d’Allah et de l’Islam la combat Tu l’as prise et tu as tué les renégats... Avec le secours de Celui qui possède le monde et ce qu’il contient.
وفيها كانت زلزلةٌ عظيمة بالمِصِّيصَة، فانهدَمَ بعضُ سورِها، ونَضَبَ ماؤها ساعةً من الليل. وفيها بعث الرشيدُ ولدَهُ القاسِمَ على الصائفة، وجعَلَهُ قُرْبانًا ووسيلةً بين يديه، وولَّاهُ العَوَاصم. فسار إلى بلادِ الرُّوم فحاصرَهَم حتى افتَدَوْا بِخَلْقٍ من الأسَارَى، يُطِلقُونَهم، ويَرْجِعُ عنهم. ففعَلَ ذلك. وفيها نقَضَتِ الرُّوم الصُّلحَ الذي كان بينهم وبين المسلمين، الذي كان عقَدَهُ الرشيدُ بينه وبِنَ رينى (١) مَلِكَةِ الروم، الملقبة أغسطه. وذلك أنَّ الرُّومَ عَزَلوها عنهم، ومَلَّكُوا عليهمُ النَّقْفُور، وكان شجاعًا، يقال: إنه من سُلالةِ آلِ جَفْنَة، فخلعوا رينى وسَمَلوا عينيْهَا، فكتب نَقْفُور إلى الرشيد: من نَقْفُور ملكِ الرُّوم إلى هارونَ ملِكِ العرب، أمَّا بعد، فإنَّ الملكةَ التي كانتْ قبلي أقامَتْكَ مقامَ الرُّخّ (٢) ، وأقامَتْ نفسَها مقامَ البَيْدَق، فحملَتْ إليك من أموالِها ما كنتَ حقيقًا بحَمْلِ أمثالِهِ إليها، وذلك من ضَعْفِ النساءِ وحُمقِهِنَّ. فإذا قرأتَ كتابي هذا فارْدُدْ إليَّ ما حملَتْهُ إليكَ من الأموال، وافتدِ نفسَك به، وإلَّا فالسيفُ بيننا وبينَك. فلما قرأ هارونُ الرشيدُ كتابَه أخَذَهُ الغضَبُ الشديد، حتى لم يتمكَّنْ أحدٌ أنْ ينظُرَ إليه، ولا يستطيعُ مخاطبتَه، وأشفَقَ عليه جلساؤه خوفًا منه، ثم استدعى بدواةٍ وكتب على ظهرِ الكتاب: بسم اللَّه الرحمن الرحيم، من هارونَ أميرِ المؤمنين إلى نقفور كلبِ الرّوم. قد قرأتُ كتابَك يا ابنَ الكافرة، والجوابُ ما تراهُ دونَ ما تسمَعُه. والسلام. ثم شخَصَ من فَوْرِه، وسار حتى نزَلَ ببابِ هِرَقْلَة ففتحها (٣) ، واصطفَى ابنةَ مَلِكِها، وغَنِمَ من
(١) تصحفت في (ق) إلى: "رنى"، وما أثبتناه من (ب، ح) والطبري وغيره. (٢) "الرُّخّ": من أداة الشطرنج، وهو أكبر مَنْزلةً من البيدق، وهو معرّب من كلام العجم. انظر لسان العرب (رخخِ). (٣) "هِرَقلة" -بالكسر ثم الفتح-: مدينة ببلادِ الروم، سُميت بهرْقلة بنتِ الرُّوم بن اليفز بن سام بن نوح (عليه السلام) . وكان الرشيدُ غزاها بنفسه، ثم افتتحها عَنْوةً بعدَ حصارٍ وحَرْبٍ شديد، ورمى بالنارِ والنِّفْط، حتى غلب أهلها. فلذلك قال المكي الشاعر: هَوَتْ هِرَقْلةُ لَمَّا أنْ رأتْ عَجَبا … جوَّ السما تَرْتَمي بالنِّفْطِ والنارِ كأَنَّ نيراننَا في جنب قلعتِهم … مُصَبَّغات على أرسانِ قصَّارِ ثم قَدِم الرقَّة في شهرِ رمضان، فلما عيَّد جلسَ للشعراء فدخلوا عليه وفيهم أشجع السُّلَمي، فبدر فأنشد: لا زلتَ تنشُرُ أعيادًا وتطويها … تمضي لها بك أيامٌ وتُمضيها ولا تقضَّتْ بك الدنيا ولا بَرِحَتْ … يَطْوي بك الدهرُ أيامًا وتطْويها لِيَهْنِكَ الفتحُ والأيامُ مُقبلةٌ … إليك بالنصرِ معقودًا نواصيها أمْسَتْ هِرَقْلةُ تهْوي من جوانبِها … وناصرُ اللَّه والإسلامِ يرميها مَلَكْتَها وقتلتَ الناكثين بها … بنصرِ منْ يَمْلِكُ الدنيا وما فيها =

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies