Après s’être abstenu de nourriture, lorsque le mois fut achevé, il prit l’écorce d’un arbre (1) et la mâcha afin de parfumer l’odeur de sa bouche. Dieu lui ordonna alors de jeûner dix jours de plus, ce qui porta la durée totale à quarante nuits. C’est pourquoi il est établi dans le hadith (2) que l’haleine du jeûneur est plus agréable auprès de Dieu que l’odeur du musc (3).
Lorsqu’il se prépara à partir, il confia la direction du peuple des Enfants d’Israël à son frère Aaron, un homme aimé, vénéré et illustre. Il était le fils de son père et de sa mère, et son ministre dans l’appel à Celui qui les avait élus. Moïse lui fit ses recommandations et lui donna ses instructions (4). Cela ne contredit en rien la haute dignité de sa prophétie.
Dieu – Exalté soit-Il – dit : «Et quand Moïse vint à Notre rendez-vous…», c’est-à-dire au moment où il avait reçu l’ordre de se présenter. Puis : «Et Son Seigneur lui adressa la parole», autrement dit, Dieu lui parla de derrière un voile, tout en lui faisant entendre clairement Ses paroles. Il l’appela, l’entretenait, le rapprocha et le fit s’approcher de Lui. Voilà une station éminente, une prééminence inébranlable, un rang honorable et une position de grand prestige. Que les prières et le salut de Dieu soient continuellement sur lui, en ce monde et dans l’autre.
Lorsque Moïse eut reçu ce rang sublime et cette distinction élevée, qu’il entendit la Parole divine, il demanda la levée du voile. Il s’adressa alors à l’Auguste, que nulle vision ne peut saisir, au Détenteur de preuves infaillibles, en disant : «Ô mon Seigneur, montre-Toi à moi, que je Te voie.» Dieu lui répondit : «Tu ne Me verras point.» Ensuite, le Très-Haut montra qu’il ne pourrait demeurer impassible face à la Manifestation divine, car la montagne – plus solide, plus imposante et mieux établie que l’humain – ne peut elle-même supporter la Theophanie du Tout-Miséricordieux.
C’est pourquoi Dieu dit : «Mais regarde la montagne : si elle demeure en place, alors tu Me verras.» Dans les Écrits antérieurs, il est rapporté que Dieu – Exalté soit-Il – déclara à Moïse : «Ô Moïse, tout vivant qui Me voit périt, et toute chose inanimée qui Me voit se disloque» (5).
Dans les deux recueils authentiques (6), selon le hadith rapporté par Abou Moussa, le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : «Son voile est la lumière.» Dans une autre version : «[Son voile est] le feu. S’Il le retirait, les rayons de Sa Face consumeraient toute l’étendue de Sa création que Son regard atteint.»
Ibn ‘Abbâs a dit au sujet de la parole du Très-Haut : «Les regards ne peuvent Le saisir» [Al-An‘âm : 103] : «Cela fait référence à Sa lumière – car c’est Sa lumière. Si Elle se manifeste à une chose, rien ne peut subsister devant Elle.» C’est pour cela que Dieu dit : «Et lorsque Son Seigneur Se manifesta à la montagne, Il la réduisit en poussière, et Moïse s’effondra, foudroyé. Lorsqu’il revint à lui, il dit : “Gloire à Toi ! Je me repens à Toi et je suis le premier des croyants.”»