Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Celui qui observe trop les gens n’atteint pas son objectif… et l’audacieux, toujours emporté, obtient les bonnes choses. (1)

C’est ainsi que Salm déclara :
« Celui qui surveille les gens meurt de chagrin… et c’est l’intrépide qui jouit du plaisir. »

Bashâr s’irrita et s’écria : « Il a repris mes idées et les a habillées de termes plus légers que les miens. »

On raconte que Salm obtint des califes et des Barmécides environ quarante mille dinars – certains disent même davantage. À sa mort, il laissa trente-six mille dinars en dépôt chez Abû ach-Chimr al-Ghassânî. Un jour, Ibrâhîm al-Mawsilî chanta devant ar-Rashîd, qui en fut ravi. Le calife lui dit : « Demande ce que tu veux. » Ibrâhîm répondit : « Ô Commandeur des Croyants, je te sollicite pour une chose qui n’entame pas tes biens et ne te prive de rien d’autre. » Le calife lui demanda de quoi il s’agissait, et Ibrâhîm lui rappela le dépôt de Salm al-Khâsir, précisant qu’il n’avait laissé aucun héritier. Ar-Rashîd le lui octroya, et l’on dit que le montant s’élevait à cinquante mille dinars.

Quant à al-‘Abbâs ibn Muhammad ibn ‘Alî ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs, oncle paternel du père d’ar-Rashîd, il figurait parmi les grands dignitaires de Quraysh. Il fut nommé gouverneur de la Jazîra sous le règne d’ar-Rashîd, qui lui octroya, en un seul jour, cinq millions de dirhams. On attribue à al-‘Abbâs la fondation de la localité appelée al-‘Abbâsiyya, où il fut enterré à l’âge de soixante-cinq ans. Al-Amîn célébra la prière funéraire en sa mémoire.

Yaqtîn ibn Mûsâ (2) fut l’un des partisans qui œuvrèrent à l’établissement du pouvoir des Banû l-‘Abbâs. C’était un homme rusé et avisé. Il mit un jour au point une grande ruse lorsque Marwân al-Himâr emprisonna Ibrâhîm ibn Muhammad à Harrân. Les partisans abbassides étaient alors déconcertés : à qui devaient-ils prêter allégeance si Ibrâhîm venait à être tué ? Yaqtîn se rendit auprès de Marwân, se présentant sous l’apparence d’un marchand. Il lui dit : « Ô Commandeur des Croyants, j’ai vendu une marchandise à Ibrâhîm ibn Muhammad sans en toucher le prix, puis tes hommes l’ont saisi. Si tu le veux bien, qu’on nous mette face à face afin que je reprenne mon dû. » Marwân accepta et l’envoya avec un serviteur auprès d’Ibrâhîm. Lorsque Yaqtîn le vit, il lui lança : « Ennemi de Dieu, à qui as-tu confié tes affaires après toi pour que je réclame mon argent ? » Ibrâhîm répondit : « À Ibn al-Hârithiyya », désignant ainsi son frère ‘Abd Allâh as-Saffâh. Yaqtîn retourna chez les partisans abbassides pour leur rapporter ses propos. Ils prêtèrent serment d’allégeance à as-Saffâh, et la suite des événements fut telle que nous l’avons décrite.

Puis vint l’année 187 de l’Hégire : ce fut le déclin des Barmécides par la main d’ar-Rashîd. Il fit exécuter Ja‘far ibn Yahyâ ibn Khâlid al-Barmakî, dévasta leurs demeures, anéantit leurs traces et dispersa leurs petits comme leurs grands. Les historiens ont divergé quant aux causes de cette disgrâce, et Ibn Jarîr en a rapporté plusieurs récits.

(1) La maison dans le dīwān de Bachār, p. 235. (2) Sa biographie dans al-Muntaẓam d'Ibn al-Jawzī (tome 9, p. 125), al-Nujūm al-Zāhira (tome 2, p. 120).
منْ راقَبَ النَّاسَ لم يظفَرْ بحَاجَتِهِ … وفاز بالطَّيِّباتِ الفاتِكُ اللَّهِجُ (١) فقال سَلْم: منْ راقَبَ النَّاسَ ماتَ غَمًّا … وفاز باللَّذَّةِ الجسورُ فغَضِبَ بشارٌ وقال: أخذَ مَعانيَّ فكساها ألفاظًا أخفَّ من ألفاظي. وقد حَصَلَ له من الخلفاءِ والبرامكة نحو من أربعين ألفَ دينار؛ وقيل: أكثر من ذلك؛ ولما مات ترَكَ ستةً وثلاثين ألفَ دينار وديعة عند أبي الشِّمْر الغسَّاني؛ فغنَّى إبراهيمُ المَوْصِليُّ يومًا الرَّشيد، فأطرَبَه، فقال له: سلْ. فقال: يا أميرَ المؤمنين، أسألُكَ شيئًا ليس فيه من مالِكَ شيء، ولا أرْزَؤكَ شيئًا سواه. قال: وما هو؟ فذكر له وديعةَ سَلْم الخاسِر، وأنَّهُ لم يترُكْ وارثًا. فأمر له بِها. ويقال: إنها كانت خمسين ألفَ دينار. والعباس بن محمد بن علي بن عبد اللَّه بن عباس، عمُّ أبي الرشيد، كان من ساداتِ قُريش، ولي إمارةَ الجزيرة في أيامِ الرشيد، وقد أطلَقَ له الرشيدُ في يومٍ خمسةَ آلافِ ألفِ درهم، وإليه تُنسب العبَّاسية، وبها دُفن وعُمرُه خمسٌ وستون سنة. وصلَّى عليه الأمين. ويَقْطِينُ بنُ مُوسى (٢) : كان أحدَ الدُّعاة إلى دولةِ بني العباس، وكان داهيةً ذا رأي وقدِ احتالَ مرَّةً حيلةً عظيمة، لما حبس مروانُ الحمار إبراهيمَ بن محمد بِحَرَّان، فتحيَّرَتِ الشيعةُ العباسية فيمَنْ يولُّون؟ ومَنْ يكونُ وليَّ الأمرِ من بعدِه إنْ قُتل؟. فذهب يقطينُ هذا إلى مروان، فوقف بين يديه في صورةِ تاجرٍ فقال: يا أمير المؤمنين، إني قد بعتُ إبراهيم بن محمد بضاعةً ولم أقبِضْ ثمنَها منه، حتى أخَذَتْهُ رُسُلُك، فإنْ رأى أميرُ المؤمنين أن يجمعَ بيني وبينه لأطالبَهُ بمالي فعَل. قال: نعم. فأرسل به إليه مع غلام، فلما رآه قال: يا عدوَّ اللَّه، إلى مَنْ أوْصَيْتَ بعدَك آخُذُ مالي منه؟ فقال له: إلى ابنِ الحارثيَّة. يعني أخاه عبدَ اللَّه السفَّاح. فرجَعَ يقطينُ إلى الدعاة إلى بني العباس، فأعلمهم بما قال، فبايعوا السفَّاح، فكان من أمرِهِ ما ذكَرْناه. [ثم دخلت سنة سبع وثمانين ومئة] فيها كان مَهْلِكُ البَرامكة على يدَي الرشيد، قتَلَ جعفرَ بن يحيى بن خالد البَرْمَكي، ودَمَّرَ ديارَهم، واندرستْ آثارُهم، وذهب صغارُهم وكبارُهم. وقد اختُلف في سبَبِ ذلك على أقوال، ذكرها ابنُ جرير
(١) البيت في ديوان بشار ص (٢٣٥). (٢) ترجمته في المنتظم لابن الجوزي (٩/ ١٢٥)، النجوم الزاهرة (٢/ ١٢٠).

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