Au cours de cette même année, Hamza al-Chârî sema le trouble dans la région de Bâdhghîs(1) au Khorasan. ‘Îsâ ibn ‘Alî ibn ‘Îsâ marcha alors contre dix mille hommes de l’armée de Hamza, les anéantit et poursuivit Hamza jusqu’à Kaboul et Zâboulestân(2).
Durant cette même période, Abû al-Khasîb se souleva, s’empara de la région d’Abîwurd, ainsi que de Tûs et de Naysâbûr ; il assiégea ensuite Marw, et son autorité se renforça.
C’est également cette année-là que Yazîd ibn Mazîd mourut à Bardha‘a(3), et ar-Rachîd désigna son fils, Asad ibn Yazîd, pour lui succéder. Ensuite, le vizir Yahyâ ibn Khâlid demanda à ar-Rachîd l’autorisation d’accomplir la ‘umra pendant le mois de Ramadan ; il obtint son accord, puis se posta avec ses troupes jusqu’au moment du pèlerinage. Cette année-là, l’émir du pèlerinage fut Mansûr ibn Muhammad ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Alî ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs.
La même année, ‘Abd as-Samad ibn ‘Alî(4) ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib al-Hâshimî décéda. Il était l’oncle paternel d’as-Saffâh et d’al-Mansûr. Né en l’an 104 de l’hégire, il était d’une constitution particulièrement imposante. Il ne changea jamais ses dents, dont les racines formaient une seule plaque d’os.
Un jour, il déclara à ar-Rachîd : « Ô Commandeur des croyants, en cette assemblée se trouvent l’oncle du Commandeur des croyants, l’oncle de l’oncle du Commandeur des croyants et l’oncle de l’oncle de l’oncle du Commandeur des croyants. » En effet, Sulaymân ibn Abî Ja‘far était l’oncle d’ar-Rachîd, al-‘Abbâs ibn Muhammad ibn ‘Alî était l’oncle de Sulaymân, et ‘Abd as-Samad ibn ‘Alî était l’oncle d’as-Saffâh. En résumé, ‘Abd as-Samad était l’oncle de l’oncle de l’oncle d’ar-Rachîd, puisqu’il était l’oncle de son grand-père.
‘Abd as-Samad transmit un hadith de son père, qui le tenait de son grand-père ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs, lequel le rapportait du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) :
« En vérité, la bienfaisance (al-birr) et le maintien des liens de parenté (as-silah) prolongent la durée de vie, font prospérer les demeures et accroissent les richesses, même si les gens concernés sont des pécheurs. »(5)