Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il gagnait un dirham et un dāniq le vendredi pour se nourrir du vendredi au vendredi suivant, et il ne travaillait que le samedi seulement (1). Ensuite, il se consacrait à l’adoration pour le reste des jours de la semaine. Certains prétendaient qu’il était le fils de Zubayda, mais la version correcte est qu’il venait d’une femme dont ar-Rachīd s’était épris avant de l’épouser, et qui porta cet enfant. Plus tard, ar-Rachīd l’envoya à Bassora, lui remit une bague en rubis rouge et des objets précieux, et lui ordonna de se présenter à lui lorsqu’il accéderait au califat. Or, quand il devint calife, ni cette femme ni son fils ne vinrent ; ils se cachèrent. On rapporta à ar-Rachīd qu’ils étaient morts, alors que tel n’était pas le cas. Il s’informa sur eux sans rien découvrir.

Ce jeune homme, quant à lui, gagnait sa vie de ses propres mains. Puis il retourna à Bagdad, où il travaillait l’argile pour subvenir à ses besoins. Pourtant, il était le fils du Commandeur des croyants, sans jamais le révéler à personne, jusqu’au jour où il tomba malade chez celui qui l’employait dans ce travail. Cet homme le soigna et, lorsqu’il fut à l’agonie, il sortit la bague et dit à son hôte : « Va la porter à ar-Rachīd et dis-lui : “Le propriétaire de cette bague te conseille de prendre garde de mourir dans ta torpeur et de le regretter quand le repentir ne sera plus d’aucune utilité. Crains le moment où tu comparaîtras devant Dieu, dans cette vie-ci et dans l’autre, et méfie-toi qu’il s’agisse de ta dernière chance. Certes, si ce qui t’entoure avait pu durer pour quelqu’un d’autre, cela ne te serait pas parvenu, et cela ira à un autre après toi. Tu as déjà entendu parler de ceux qui ont quitté ce monde avant toi.” »

Le narrateur poursuit : « Lorsque ce jeune homme mourut, je l’enterrai. Puis je sollicitai une audience auprès du calife. Lorsque je me présentai devant lui, il me demanda : “Quel est ton besoin ?” Je répondis : “Un homme m’a confié cette bague avec l’ordre de te la remettre et m’a chargé de paroles à te transmettre.” Quand ar-Rachīd la vit, il la reconnut et s’exclama : “Malheur à toi ! Où est donc le propriétaire de cette bague ?” Je lui dis : “Il est mort, ô Commandeur des croyants, et il te met en garde contre le fait de mourir dans ta torpeur, puis de le regretter.” J’ajoutai qu’il ne travaillait qu’un seul jour par semaine, pour un dirham et quatre dānāiq, ou un dirham et un dāniq, afin de se nourrir durant toute la semaine et se vouer ensuite à l’adoration. »

Le calife, en entendant ces paroles, se leva et se jeta à même le sol, se roulant et se retournant sur le dos et sur le ventre en s’écriant : « Par Dieu, tu m’as sincèrement conseillé, ô mon fils ! » Puis il pleura, leva la tête vers le narrateur et lui demanda : « Sais-tu où il est enterré ? » Je répondis : « Oui, c’est moi qui l’ai mis en terre. » Il reprit : « Reviens me voir ce soir. » J’y retournai donc le soir, et il se rendit sur sa tombe, où il ne cessa de pleurer jusqu’au matin. Ensuite, il ordonna que l’on remît à cet homme dix mille dirhams, et il lui octroya une pension pour lui et sa famille.

[Cette année-là mourut également] ʿAbd Allâh ibn Muṣʿab (2) ibn Thâbit ibn ʿAbd Allâh ibn al-Zubayr ibn al-ʿAwâm al-Qurashî al-Asadî, père de Bakkâr, qui fut assigné

(1) Transmission (b, h) : « Sa rémunération pour chaque jour travaillé, du vendredi au vendredi, était d'un dirham et de daniq. » (2) Sa biographie se trouve dans al-Tārīkh al-Kabīr (5/211), al-Jarḥ wa al-Taʿdīl (5/178), al-Thiqāt d'Ibn Ḥibbān (7/56), Tārīkh Baghdād (10/173), Mīzān al-Iʿtidāl (4/201), al-Mughni fī al-Ḍuʿafāʾ (358), al-Ikmāl li al-Ḥusaynī (655), Lisān al-Mīzān (3/361), Taʿjīl al-Manfaʿa (235), Nuzhat al-Albāb fī al-Alqāb (2/10).
جمعةٍ بدِرْهمٍ ودانِق، يتَقَوَّتُ بهما من الجمعةِ إلى الجمعة، وكان لا يعملُ إلَّا في يومِ السبت فقط (١) ؛ ثم يُقبلُ على العبادةِ بقيَّةَ أيامِ الجُمعة، وكان من زُبيدةَ في قولِ بعضِهم، والصحيحُ أنَّهُ من امرأةٍ كان الرشيدُ قد أحبَّها فتزوَّجها، فحملَتْ منه بهذا الغلام؛ ثم إنَّ الرشيدَ أرسلها إلى البصرة، وأعطاها خاتمًا من ياقوتٍ أحمر، وأشياءَ نفيسة، وأمرَهَا إذا أفضَتْ إليه الخلافةُ أنْ تأتيه؛ فلما صارَتِ الخلافةُ إليه لم تأتِهِ، ولا ولَدُها، بل اختفيا. وبلَغَهُ أنَّهما ماتا، ولم يكنِ الأمرُ كذلك، وفحَصَ عنهما فلم يطلِعْ لهما على خبر، فكان هذا الشَّابُّ يعملُ بيدِهِ ويأكلُ من كَدَّها، ثم رجَعَ إلى بغداد، وكان يعملُ في الطين ويأكلُ مدَّةً زمانية. هذا وهو ابنُ أميرِ المؤمنين، ولا يذكرُ للناسِ منْ هو، إلى أن اتَّفَقَ مرَضُهُ في دارِ منْ كان يستعملُه في الطِّين، فمرَّضَهُ عندَه، فلمَّا احتُضر، أخرج الخاتمَ وقال لصاحبِ المنزل: اذهَبْ بهذا إلى الرشيد، وقل له: صاحبُ هذا الخاتم يقولُ لك: إيَّاكَ أنْ تموتَ في سكرتِكَ هذهِ فتندَمَ حيثُ لا ينفَعُ نادمًا نَدَمُه، واحذَرِ انصرافَكَ منْ بين يدي اللَّه إلى الدارَيْن، وأنْ يكونَ آخرَ العَهْدِ بك، فإنَّ ما أنتَ فيه لو دامَ لغيرِك لم يَصِلْ إليك، وسيصيرُ إلى غيرِك، وقد بَلَغكَ أخبارُ مَنْ مَضَى. قال: فلمَّا ماتَ دَفَنْتُه، وطلبتُ الحضورَ عندَ الخليفة، فلمَّا أُوقفتُ بين يديه قال: ما حاجتُك؟ قلت: هذا الخاتم دفعَهُ إليَّ رجل، وأمَرني أنْ أدْفعَهُ إليك، وأوصاني بكلامٍ أقوله لك. فلمَّا نظَرَ إليه عرَفَهُ فقال: وَيْحك! وأين صاحبُ هذا الخاتم؟ قال: فقلت: مات يا أميرَ المؤمنين، وهو يقولُ لك: احذَرْ أن تموتَ في سَكْرَتِكَ هذهِ فتندَم. وذكرتُ له أنه يعملُ بالفاعل في كلِّ جمعةٍ يومًا بدرهمٍ وأربعِ دوانيق، أو بدرهمٍ ودانق، يتقوَّتُ به سائرَ الجمعة، ثم يُقبلُ على العبادة. قال: فلما سمع هذا الكلام قامَ فضرَبَ بنفسِهِ الأرض، وجعل يتمرَّغُ ويتقلَّبُ ظهرًا لِبَطني ويقول: واللَّه لقد نصَحْتَني يا بُني. ثم بكى، ثم رفع رأسَهُ إلى الرجل وقال: أتعرِفُ قبرَه؟ قلت: نعم، أنا دفنتُه. قال: إذا كان العشيُّ فأْتني، قال: فأتيتُهُ فذهَبَ إلى قبرِه، فلم يزَلْ يبكي عندَهُ حتى أصبح. ثم أمر لذلك الرجل بعشرةِ آلافِ درهم، وكتب له ولعيالِهِ رزقًا. [وفيها مات] عبد اللَّه بن مُصْعَب (٢) بن ثابت بن عبد اللَّه بن الزبير بن العوام القُرَشيُّ الأسديّ، والدُ بكَّار، ألزمه
(١) رواية (ب، ح): "كانت أجرتُهُ في كل يوم يعملُ فيه من الجمعةِ إلى الجمعة درهما ودانِقًا". (٢) ترجمته في التاريخ الكبير (٥/ ٢١١)، الجرح والتعديل (٥/ ١٧٨)، الثقات لابن حبان (٧/ ٥٦)، تاريخ بغداد (١٠/ ١٧٣)، ميزان الاعتدال (٤/ ٢٠١)، المغني في الضعفاء (٣٥٨)، الإكمال للحسيني (٦٥٥)، لسان الميزان (٣/ ٣٦١)، تعجيل المنفعة (٢٣٥)، نزهة الألباب في الألقاب (٢/ ١٠).

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