Pour l’aider dans son travail (1), il refusa toutefois de faire autre chose que d’écouter le ḥadīth. Il arriva que Huchaym tomba malade, alors Abū Chayba, le qāḍī (juge) de Wāsiṭ, vint lui rendre visite accompagné de nombreuses personnes. Lorsque Bachīr le vit, il s’en réjouit et s’exclama : « Ô mon fils, en sommes-nous au point où le juge se déplace jusqu’à ma demeure ? Je ne t’empêcherai plus, à partir de ce jour, de rechercher le ḥadīth. » Huchaym était l’un des maîtres parmi les savants ; Mālik, Chuʿba, al-Thawrī, Aḥmad ibn Ḥanbal et bien d’autres ont rapporté de lui. Il comptait parmi les pieux dévots : durant les dix dernières années de sa vie, il priait la prière de l’aube avec les ablutions de la prière du soir.
Yayā ibn Zakariyyā (2) ibn Abī Zāʾida, le qāḍī d’al-Madāʾin, était au nombre des imams dignes de confiance. Yūnus ibn Ḥabīb (3) fut l’un des grammairiens éminents ; il apprit la grammaire auprès d’Abū ʿAmr ibn al-ʿAlāʾ et d’autres, et al-Kisāʾī ainsi qu’al-Farrāʾ étudièrent auprès de lui. Il avait un cercle d’enseignement à Baṣra, où se rendaient les gens de savoir et de lettres, ainsi que les orateurs éloquents, qu’ils soient du pays ou étrangers. Il mourut cette année-là, à soixante-dix-huit ans.
[Puis débuta l’année 184 de l’Hégire.] Au cours de celle-ci, ar-Rachīd revint de ar-Raqqa à Bagdad et contraignit la population à s’acquitter des reliquats de l’impôt foncier qu’elle devait encore. Il nomma un homme chargé de frapper et d’emprisonner ceux qui ne s’en acquittaient pas, puis désigna et révoqua différents administrateurs aux confins du territoire, coupa et octroya (des subsides). Abū ʿAmr ach-Chārī se souleva en al-Jazīra, si bien qu’ar-Rachīd lui dépêcha Chahrāzūr depuis son poste. Cette même année, Ibrāhīm ibn Muḥammad al-ʿAbbāsī dirigea le pèlerinage.
Cette année vit aussi la mort d’Aḥmad, le fils du commandeur des croyants ar-Rachīd (4). C’était un ascète et un pieux dévot qui s’était voué à l’adoration. Il ne mangeait que ce qui provenait de son propre labeur dans l’argile. Il y travaillait en tant qu’ouvrier et ne possédait qu’une « marr » et un « zanbīl » (5) ; c’est-à-dire une pelle et un panier. Il travaillait chaque