Al-Kâzim : il naquit en l’an 128 ou 129 (de l’Hégire). Il était très dévot et d’une grande noblesse de caractère. Lorsqu’il apprenait que quelqu’un lui causait du tort, il lui envoyait de l’or et des présents. Il eut quarante enfants, garçons et filles confondus. Un jour, un esclave lui offrit un plat d’ʿaṣîda. Al-Kâzim acheta alors l’esclave et le domaine où celui-ci se trouvait pour mille dinars, puis il affranchit l’esclave et lui concéda le domaine.
Le calife al-Mahdî le fit venir à Bagdad et l’emprisonna. Une nuit, al-Mahdî vit en rêve ʿAlî ibn Abî Tâlib qui lui cita ce verset : « Ô Muhammad, “Vous attendiez-vous, si vous repreniez le pouvoir, à semer la corruption sur terre et à rompre vos liens de parenté ?” » (Sourate Muhammad, 47:22). Réveillé en sursaut, il ordonna que Mûsâ al-Kâzim fût libéré durant la nuit. Il le fit asseoir auprès de lui, l’embrassa, l’honora grandement et lui fit prêter serment de ne pas se soulever contre lui ni contre aucun de ses descendants. Mûsâ répondit : « Par Dieu, ce n’est pas là mon intention et je n’y ai jamais pensé. » Et al-Mahdî de répliquer : « Tu dis vrai. » Il lui octroya alors trois mille dinars et ordonna qu’il fût reconduit à Médine. À l’aube, il se trouvait déjà sur la route du retour. Il demeura à Médine jusqu’au règne d’Hârûn ar-Rachîd.
Plus tard, Hârûn ar-Rachîd se rendit en pèlerinage. Lorsqu’il entra pour saluer la tombe du Prophète ﷺ en compagnie de Mûsâ ibn Jaʿfar al-Kâzim, il dit : « Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu, ô fils de mon oncle ! » Quant à Mûsâ, il dit : « Que la paix soit sur toi, ô mon père ! » Alors Hârûn commenta : « Voilà bien de quoi se glorifier, ô Abû al-Hasan ! » Mais ces mots restèrent dans sa mémoire. En l’an 169, il manda de nouveau Mûsâ al-Kâzim et l’emprisonna pour une longue période. Al-Kâzim lui envoya alors une lettre : « Après tout, ô Commandeur des croyants, chaque jour qui s’achève dans l’épreuve pour moi voit aussi un jour de ta prospérité prendre fin, jusqu’à ce que nous parvenions à ce Jour où les injustes seront les perdants. »
Il mourut à Bagdad cinq jours avant la fin du mois de Rajab de cette même année, et son tombeau, qui s’y trouve, est bien connu.
La même année, Hushaym ibn Bashîr Abî Khâzim (1) ibn al-Qâsim ibn Dînâr, Abû Muʿâwiya as-Sulamî al-Wâsitî, trouva également la mort. Son père avait été le cuisinier d’al-Hajjâj ibn Yûsuf ath-Thaqafî et vendait ensuite des plats de ṣiḥnâʾ et des condiments (2). Il empêchait pourtant son fils de se consacrer à l’étude du savoir.