Il reçut l’autorisation de se rendre à La Mecque et y demeura jusqu’à son décès survenu cette même année. Il déclara : « Yahyâ craint que je ne revienne aux charges officielles. Par Dieu, je ne le ferais jamais, même si l’on me rendait à mon poste. »
Au cours de cette année, s’éteignit Yazîd ibn Zuray‘ (1), Abû Mu‘âwiyya, maître (shaykh) de l’imâm Ahmad ibn Hanbal en matière de hadith. C’était un homme fiable, érudit, dévot et pieux. Son père, qui avait été gouverneur de Bassora, mourut en laissant cinq cents dirhams, dont Yazîd ne prit pas même un seul. Il travaillait de ses mains à tresser des palmes, pour subvenir à ses propres besoins et à ceux de sa famille. Il mourut à Bassora au cours de cette année, bien que certains rapportent qu’il serait décédé plus tôt. Dieu est plus savant.
[Ensuite commenca l’an 183 (de l’Hégire)]
Cette année-là, les Khazars surgirent contre la population depuis la région d’Arménie, semant le désordre et la corruption dans ces contrées. Ils réduisirent en esclavage environ cent mille personnes issues des musulmans et des gens du Livre (ahl adh-dhimma), en massacrèrent un grand nombre et mirent en fuite le gouverneur d’Arménie, Sa‘îd ibn Muslim. Le calife Hârûn ar-Rachîd dépêcha alors Khâzim ibn Khuzayma et Yazîd ibn Mazîd à la tête de puissantes armées pour rétablir la situation dans ces territoires. C’est al-‘Abbâs ibn Mûsâ al-Hâdî qui dirigea le pèlerinage cette année-là.
[Parmi les notables décédés cette année]
Il y eut ‘Alî ibn al-Fudayl ibn ‘Iyâd, qui mourut du vivant de son père. C’était un homme très assidu dans l’adoration, la piété, la crainte et la révérence de Dieu.
De même, Muhammad ibn Subayh (2), Abû al-‘Abbâs, affranchi des Banû ‘Ijl, appelant au rappel de Dieu (mudhakkir), connu sous le nom d’Ibn as-Sammâk. Il transmit des hadiths d’Ismâ‘îl ibn Abî Khâlid, de l’A‘mash, de Thawrî, de Hishâm ibn ‘Urwa et d’autres. Un jour, il entra auprès d’ar-Rachîd et lui dit : « Tu comparaîtras devant Dieu ; considère où tu seras renvoyé : au Paradis ou en Enfer ? » Ar-Rachîd pleura alors à tel point qu’il faillit mourir.
Sont également décédés : Mûsâ ibn Ja‘far (3) ibn Muhammad ibn ‘Alî ibn al-Husayn ibn ‘Alî ibn Abî Tâlib, Abû al-Hasan al-Hâshimî, surnommé