Cette année, parmi les notables qui s’éteignirent, on compte :
• Ismaʿîl ibn ʿAyyâsh al-Ḥimṣî (1) : il était l’un des célèbres imams de Syrie, bien connu, bien qu’il y ait des propos divergents à son sujet.
• Marwân ibn Abî Ḥafṣa (2) : poète réputé et apprécié, il faisait l’éloge des califes, des Banû al-Barâmika (les Barmécides), ainsi que de Maʿn ibn Zâʾida (3). Il amassait de très grandes sommes d’argent, tout en étant l’un des hommes les plus avares : il ne consommait presque jamais de viande par pure avarice, n’allumait pas de lampe chez lui et ne portait comme vêtements que du lin (4) et une pelisse épaisse. Son compagnon était Salm al-Khâsir : lorsque ce dernier se rendait au palais califal, il montait un beau cheval (birḏawn), vêtu d’une somptueuse robe valant mille dinars, d’où émanait un parfum capiteux. Marwân, quant à lui, arrivait vêtu d’un habit modeste (5), des plus médiocres.
Un jour, il se rendit auprès du calife al-Mahdî. Une femme de son entourage lui dit alors : « Si le calife te donne quelque chose, réserve-m’en une part. » Il répondit : « S’il me donne cent mille dirhams, je t’en offrirai un. » Le calife lui donna soixante mille dirhams, et il ne lui donna que quatre dawânîq (pièces de petite valeur). Il mourut à Bagdad cette année-là et fut inhumé dans le cimetière de Naṣr ibn Mâlik.
• Le cadi Abû Yûsuf (6), dont le nom est Yaʿqûb ibn Ibrâhîm ibn Ḥabîb ibn Saʿd ibn Ḥabtah (7) – Ḥabtah étant sa mère –, tandis que son père était Bujayr ibn Muʿâwiya. Quant à ce Saʿd, c’était un Compagnon (du Prophète) qui fut jugé trop jeune le jour de Uḥud. Abû Yûsuf fut le plus éminent des disciples d’Abû Ḥanîfa (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
Il transmit le hadith d’al-Aʿmash, Hishâm ibn ʿUrwa, Muḥammad ibn Isḥâq, Yaḥyâ ibn Saʿîd et d’autres. Parmi ceux qui rapportèrent de lui figurent Muḥammad ibn al-Ḥasan, Aḥmad ibn Ḥanbal et Yaḥyâ ibn Maʿîn.