Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mufaddal ibn Fadala (1) exerça la fonction de juge en Égypte à deux reprises. Il était pieux et digne de confiance. Il invoqua Dieu pour qu’Il lui retirât toute forme d’espérance, et Dieu la lui ôta. Dès lors, plus rien de cette vie ne parvenait à le réjouir. Puis, il supplia Dieu de la lui rendre, et Il la lui rendit, si bien qu’il revint à son état initial.

Quant à Ya‘qûb al-Tâ’ib, l’ascète de Kûfa, ‘Alî ibn al-Muwaffaq rapporte les propos de Mansûr ibn ‘Ammâr : « Une nuit, je sortis pensant qu’il faisait déjà jour, alors qu’il faisait encore nuit. Je m’assis devant une petite porte et entendis un jeune homme qui pleurait en disant : “Par Ta Puissance et Ta Majesté, je n’ai pas voulu Te désobéir par défi envers Toi, mais c’est mon âme qui m’a séduit, mon infortune m’a dominé et ton voile protecteur si largement déployé sur moi m’a trompé. Maintenant, qui donc me sauvera de Ton châtiment ? À quelle corde m’attacher si Tu coupes le Lien qui me rattache à Toi ? Malheur à moi pour les jours écoulés dans la désobéissance à mon Seigneur ! Combien de fois me suis-je repenti ? Combien de fois y suis-je revenu ? Il est grand temps pour moi d’éprouver de la honte devant mon Seigneur…” »

Mansûr poursuivit : « Je récitai alors : “Je cherche protection auprès de Dieu contre le diable lapidé, Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux : ‘Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu dont le combustible sera fait d’hommes et de pierres, gardé par des Anges rudes et sévères qui ne désobéissent pas à Dieu en ce qu’Il leur ordonne, et qui exécutent ce qui leur est commandé’ (Coran 66:6).” » Mansûr dit encore : « J’entendis aussitôt un grand fracas et des gémissements. Je partis vaquer à mes occupations puis, repassant devant cette porte, je vis un cercueil. J’interrogeai à son sujet, et l’on m’informa que c’était la dépouille de ce même jeune homme, décédé après avoir entendu ce verset. »

Ensuite, arriva l’année 182 de l’Hégire. Durant celle-ci, Hârûn al-Rachîd conféra à son fils ‘Abd Allâh al-Ma’mûn l’héritage du califat après son frère Muhammad al-Amîn, fils de Zubayda. Cela se passa à ar-Raqqa, à son retour du pèlerinage. Il confia l’éducation de son fils al-Ma’mûn à Ja‘far ibn Yahyâ al-Barmakî, l’envoya à Bagdad avec un groupe de notables dévoués à son service, et lui attribua la gouvernance du Khorassan et des régions voisines. C’est alors qu’on lui attribua le surnom de al-Ma’mûn.

La même année, Yahyâ ibn Khâlid al-Barmakî rentra à Bagdad après avoir séjourné à La Mecque. Cette année-là, ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Abd al-Malik ibn Sâliḥ mena l’armée pour la campagne d’été et atteignit la cité des Compagnons de la Caverne. Au cours de la même période, les Byzantins crevèrent les yeux de leur roi, Constantin ibn Alyûn, puis his­sèrent au pouvoir sa mère, Rînî, surnommée ‘A‘tisha. Quant au pèlerinage, il fut dirigé par Mûsâ ibn ‘Îsâ ibn al-‘Abbâs.

(1) Al-Tārīkh al-Kabīr (7/405), Al-Tārīkh al-Ṣaghīr (2/227), Al-Jarḥ wa al-Taʿdīl (8/317), Al-Thiqāt d'Ibn Ḥibbān (7/496), Al-Kāmil fī al-Ḍuʿafāʾ d'Ibn ʿAdī (6/409), Man Takallama Fīhi d'al-Ḍhahabī (p. 180), Mīzān al-Iʿtidāl (6/501). (2) Dans (Q) et Tārīkh al-Ṭīrī : « Aghsṭa », attesté dans (B, Ḥ) ainsi que dans Al-Kāmil d'Ibn al-ʿAṭīr.
ومُفَضَّل بن فَضَالَة (١) : وَليَ قضاءَ مصر مرتَيْن، وكان دَيِّنًا ثقةً، فسألَ اللَّه أنْ يُذهِبَ عنه الأمَل، فأذهبَهُ، فكان بعدَ ذلك لا يُهنئُهُ العيش، ولا شيءٌ من الدنيا؛ فسأل اللَّه أنْ يردَّهُ عليه فرَدَّه، فرَجَعَ إلى حالِه. ويعقوب التائب: العابدُ الكوفي. قال علي بن الموفق عن منصور بن عمَّار: خرجتُ ذاتَ ليلةٍ وأنا أظن أني قد أصبحت، فإذا عليَّ ليل، فجلستُ إلى بابٍ صغير، وإذا شابٌّ يبكي وهو يقول: وعِزَّتِكَ وجلالِك، ما أردتُ بِمَعصيتِكَ مخالفتَك، ولكنْ سَوَّلَتْ لي نفسي، وغلبَتْني شِقْوَتي، وغرَّني سِتْرُك المُرْخَى علي فالآن من عذابك مَنْ يستنقذُني؟ وبحبل منْ أتَّصِلُ إنْ أنْت قطعتَ حبلَكَ عني؟ واسَوْأتاهُ على ما مضَى من أيامي في معصيةِ ربي، يا وَيْلي! كم أتوبُ؟! وكم أعود؟! قد حان لي أنْ أستحيَ من ربِّي (عز وجل) . قال منصور: فقلتُ أعوذُ باللَّه من الشيطان الرجيم، بسم اللَّه الرحمن الرحيم: ﴿يَاأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا قُوا أَنْفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَارًا وَقُودُهَا النَّاسُ وَالْحِجَارَةُ عَلَيْهَا مَلَائِكَةٌ غِلَاظٌ شِدَادٌ لَا يَعْصُونَ اللَّهَ مَا أَمَرَهُمْ وَيَفْعَلُونَ مَا يُؤْمَرُونَ﴾ [التحريم: ٦] . قال: فسمعتُ صوتًا واضطرابًا شديدًا، فذهبتُ لِحاجتي، فلما رجعتُ مررتُ بذلك الباب، فإذا جنازةٌ موضوعة، فسألتُ عنه، فإذا ذاك الفتى قد مات من هذه الآية. [ثم دخلت سنة ثنتين وثمانين ومئة] فيها أخذ الرشيدُ لولدِهِ عبدِ اللَّه المأمون ولايةَ العَهْدِ من بعدِ أخيه محمد الأمين بن زُبيدة، وذلك بالرَّقَّة، بعد مَرْجِعِهِ من الحجّ، وضمَّ ابنَهُ المأمونَ إلى جعفر بن يحيى البَرْمكي، وبعثَهُ إلى بغداد، ومعه جماعة من أهلِ الرَّشيد، خدمةً له، وولَّاهُ خراسانَ وما يتَّصلُ بها، وسماه المأمون. وفيها رجع يحيى بنُ خالد البرمكي من مُجاورَتِهِ بمكةَ إلى بغداد. وفيها غزا الصائفةَ عبدُ الرحمن بن عبد الملك بن صالح، فبلغ مدينةَ أصحاب الكهف. وفيها سَمَلتِ الرومُ عَيْني ملكِهم قُسْطَنْطين بن أليون، وملَّكوا عليهم أمَّه رينى، وتُلقَّبُ أعطشة (٢) . وحجَّ بالناس موسى بن عيسى بن العباس.
(١) التاريخ الكبير (٧/ ٤٠٥)، التاريخ الصغير (٢/ ٢٢٧)، الجرح والتعديل (٨/ ٣١٧)، الثقات لابن حبان (٧/ ٤٩٦)، الكامل في الضعفاء لابن عدي (٦/ ٤٠٩)، من تكلم فيه للذهبي (١٨٠)، ميزان الاعتدال (٦/ ٥٠١). (٢) في (ق) وتاريخ الطيري: "أغسطة"، والمثبت من (ب، ح) والكامل لابن الأثير.

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