« Nous étions tous réunis, mais le temps nous a séparés… jusqu’aux confins les plus lointains. Qui donc peut faire confiance au temps ?»
Al-Khatîb al-Baghdâdî (1) rapporte : « On dit qu’il mourut à l’âge de trente-deux ans. »
Au cours de cette même année, mourut également ʿUfayra la dévote (2). Elle était sujette à une profonde tristesse et versait de nombreuses larmes. Un de ses proches rentra de voyage, et elle se mit aussitôt à pleurer. On lui dit : « Ce n’est pas le moment de pleurer. » Elle répondit : « L’arrivée de ce jeune homme m’a rappelé le Jour où nous comparaîtrons devant Dieu : certains seront comblés de bonheur et d’autres affligés. »
[Durant cette même année, mourut]
Muslim ibn Khâlid az-Zanjî (3), maître d’Ash-Shâfiʿî et originaire de La Mecque. Les gens le critiquaient pour sa faible mémoire.
[Puis arriva l’année 181 (de l’Hégire)]
Cette année-là, ar-Rachîd entreprit une expédition contre les terres byzantines et s’empara d’une forteresse appelée as-Safṣâf. À ce sujet, Marwân ibn Abî Ḥafṣa récita :
« En vérité, l’Émir des croyants, équitable et juste,
a laissé as-Safṣâf à l’état de plaine dénudée. »
La même année, ʿAbd al-Malik ibn Ṣâliḥ mena une campagne jusqu’à Anqara (Ankara) en territoire byzantin et conquit Maṭmûra (4).
Durant cette période, les Muḥammira (les « Rouges ») prirent le contrôle de Jurjân.
Au cours de ces mêmes événements, ar-Rachîd ordonna que l’on fasse apparaître la prière sur le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) en tête des lettres officielles, juste après la louange de Dieu (Exalté et Glorifié soit-Il).
Enfin, cette année-là, ar-Rachîd dirigea le pèlerinage, puis se hâta de quitter (ʿArafât). Yaḥyâ ibn Khâlid le supplia de lui retirer sa charge de gouverneur, ce qu’il accepta, et Yaḥyâ demeura alors à La Mecque.