À Bagdad. Cette même année, ‘Alî ibn al-Mahdî mourut également. Il avait exercé la fonction d’émir du pèlerinage à plusieurs reprises et il était plus âgé que ar-Rachîd de quelques mois.
Hassân ibn Sinân (1) ibn Abî Awfâ ibn ‘Awf at-Tanûkhî al-Anbârî : né en l’an soixante, il rencontra Anas ibn Mâlik, qui invoqua la bénédiction divine pour lui. De sa descendance vinrent des juges, des vizirs et des hommes pieux. Il vécut à l’époque des Omeyyades et des Abbassides. Chrétien d’origine, il se convertit à l’islam et sa conversion fut sincère. Il écrivait en arabe, en persan et en syriaque. Il traduisait des ouvrages pour Rabî‘a lorsque as-Saffâh lui confia la responsabilité de la province d’al-Anbâr.
Au cours de cette même année moururent également :
• ‘Abd al-Wârith ibn Sa‘îd at-Tannûrî (2), l’un des transmetteurs de hadith reconnus comme fiables.
• ‘Âfiyah ibn Yazîd (3) ibn Qays, qui fut nommé juge par al-Mahdî sur la rive orientale de Bagdad, lui et Ibn ‘Alâthah rendant leurs jugements à la mosquée de ar-Ruṣâfah. ‘Âfiyah était un homme pieux, ascète et plein de scrupules religieux.
Un jour, il se présenta chez al-Mahdî à l’heure de la mi-journée et lui dit : « Ô Commandeur des Croyants, relève-moi de mes fonctions. » Al-Mahdî lui répondit : « Pourquoi devrais-je te relever ? Un gouverneur s’est-il opposé à toi ? » Il répondit : « Non, mais deux hommes ont plaidé devant moi et l’un d’eux m’a apporté des dattes de sucre — sachant sans doute que je les apprécie — sur un plateau si raffiné qu’il ne conviendrait qu’à l’usage du Commandeur des Croyants. Je lui ai renvoyé son cadeau, mais lorsque le matin est arrivé et que je suis retourné siéger pour juger leur affaire, je me suis aperçu qu’ils n’étaient plus égaux dans mon cœur ni dans mon regard : mon cœur penchait vers celui qui m’avait fait ce présent, alors même que je ne l’avais pas accepté. Imagine ce que cela aurait été si je l’avais accepté ! Reprends donc ma charge, qu’Allâh ait pitié de toi. » Al-Mahdî le déchargea ainsi de sa fonction.
Al-Aṣma‘î raconta : « Un jour, j’étais auprès d’ar-Rachîd en présence de ‘Âfiyah, que l’on avait convoqué pour répondre à des plaintes. Ar-Rachîd lui soumit les griefs formulés à son encontre et il rétorquait à chaque question. L’audience se prolongea, et alors le calife éternua… »