Ash-Shâfi'î déclara : « Si le hadith (tradition prophétique) est établi, alors Mâlik est l’étoile. » Il dit aussi : « Quiconque veut s’adonner au hadith est dépendant de Mâlik. » (1)
Ses mérites sont innombrables et les louanges que les imams lui ont adressées dépassent largement le cadre de ce lieu. Abû Mus'ab raconta : « J'ai entendu Mâlik dire : “Je n’ai pas émis de fatwâ avant que soixante-dix personnes ne témoignent que j’étais apte à cela.” » (2)
Chaque fois qu’il souhaitait rapporter un hadith, il se purifiait, se parfumait, peignait sa barbe et revêtait ses plus beaux habits. Il portait toujours des vêtements élégants et l’inscription gravée sur son anneau était : « Hasbî Allâh wa niʿma l-wakîl » (« Allâh me suffit, Il est le Meilleur garant »). Lorsqu’il entrait chez lui, il disait : « Mâ sha’a l-Lâh, lâ quwwata illâ bi-l-Lâh » (« Ce qu’Allâh veut se réalise, il n’est de puissance que par Allâh »). Sa demeure était aménagée et décorée de divers tapis. Depuis que Muhammad ibn ‘Abd Allâh ibn Hasan était sorti de Médine, Mâlik se cloîtra chez lui, n’allant vers personne, ni pour un deuil ni pour une réjouissance, au point qu’on dit même qu’il ne se rendait plus ni à la prière du vendredi ni aux prières en congrégation. Il disait : « On ne divulgue pas tout ce que l’on sait et tout le monde n’est pas à même d’apporter une justification. »
Lorsque sa mort fut imminente, il proclama : « J’atteste qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allâh, et que Muhammad est le Messager d’Allâh. » Puis il se mit à réciter : « À Allâh appartient le commandement, tant avant qu’après » [Ar-Rûm (30), v. 4]. Il mourut dans la nuit du quatorzième jour de Safar – certains disent de Rabî‘ al-Awwal – de cette même année, alors qu’il était âgé de quatre-vingt-cinq ans. Selon Al-Wâqidî, il aurait atteint quatre-vingt-dix ans, puis il fut inhumé au Baqî‘.
At-Tirmidhî (4) rapporta d’après Sufyân ibn ‘Uyaynah, d’après Ibn Jurayj, d’après Abû Az-Zubayr, d’après Abû Sâlih, d’après Abû Hurayrah, un récit (5) : « Il est sur le point que les gens parcourent le monde, sillonnant les routes à dos de chameau à la recherche du savoir, sans trouver personne plus savant qu’un savant de Médine. » Puis at-Tirmidhî affirma : « C’est un hadith bon (hasan), c’est bien la version d’ibn ‘Uyaynah. » Il est également rapporté qu’ibn ‘Uyaynah précisa à propos de ce hadith : « Il s’agit de Mâlik ibn Anas. » De même, ‘Abd Ar-Razzâq et ibn ‘Uyaynah le considèrent dans une autre version comme ‘Abd Al-‘Azîz ibn ‘Abd Allâh Al-‘Umarî, un descendant de ‘Umar ibn Al-Khattâb.
Ibn Khallikân lui a consacré une notice dans son ouvrage Al-Wafayât, en y apportant de précieuses informations (6).
[Ensuite vint l’année 180 de l’hégire (796 ap. J.-C.)]
Cette année-là, une discorde éclata au Shâm (Syrie) entre les tribus nizârî et yamanî. Ar-Rashîd en fut alarmé et dépêcha Ja‘far Al-Barmakî en Syrie, accompagné de plusieurs émirs et soldats. Il arriva en Syrie, et les gens se soumirent à lui. Ja‘far ne laissa là-bas ni cheval ni