Selon eux (1), les Enfants d’Israël ont entendu la Parole de Dieu, mais ils ne l’ont pas comprise avant que Moïse ne la leur explique. Ils dirent alors à Moïse : « Transmets-nous toi-même la parole du Seigneur, car nous craignons de mourir. » Moïse la leur communiqua, et il prononça ces dix commandements, à savoir : l’ordre d’adorer Dieu Lui seul, sans associé ; l’interdiction de prêter serment mensonger au nom de Dieu ; l’ordre de respecter le sabbat, c’est-à-dire de consacrer un jour de la semaine à l’adoration. Or, ce commandement s’est vu remplacé par le vendredi, par lequel Dieu a abrogé le sabbat.
« Honore (2) ton père et ta mère afin que ta vie soit prolongée sur la terre (3) que ton Seigneur, Dieu, te donne ; ne tue pas, ne commets pas d’adultère, ne vole pas, ne rends pas de faux témoignage contre ton prochain, ne jette pas ton regard sur la maison de ton prochain, ne convoite ni la femme de ton prochain, ni son esclave, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni quoi que ce soit qui lui appartienne. » Cela signifie l’interdiction d’envier autrui.
De nombreux savants parmi les pieux prédécesseurs et d’autres (4) ont déclaré que le contenu de ces dix commandements se retrouve dans deux versets du Coran, à savoir la parole du Très-Haut dans la sourate al-An‘âm (6 : 151-153) : « Dis : “Venez, que je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien, et soyez bienfaisants envers vos père et mère ; ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté – Nous vous accordons subsistance, ainsi qu’à eux ; ne vous approchez point des turpitudes, qu’elles soient apparentes ou dissimulées ; et ne tuez aucune âme que Dieu a rendue sacrée, sinon en toute justice. Voilà ce qu’Il vous a recommandé. Peut-être comprendrez-vous. (151) Et ne vous approchez de la richesse de l’orphelin que de la manière la meilleure, jusqu’à ce qu’il ait atteint sa majorité. Et donnez la juste mesure et le bon poids, Nous n’imposons à aucune âme que selon sa capacité. Et lorsque vous parlez, soyez équitables, même s’il s’agit d’un proche parent. Et respectez l’engagement pris envers Dieu. Voilà ce qu’Il vous a recommandé. Peut-être vous rappellerez-vous. (152) Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude. Suivez-le donc...” » (fin de la citation).
Ils rapportèrent, après ces dix commandements, de nombreuses recommandations et divers préceptes précieux qui eurent cours un certain temps, avant de disparaître. On les mit en pratique durant une période, puis ceux qui en étaient chargés tombèrent dans la désobéissance. Ils altérèrent ensuite ces commandements, les déformèrent et en donnèrent des interprétations forcées. Finalement, ils les supprimèrent, si bien qu’ils furent abrogés et transformés après avoir été prescrits et complétés. À Dieu appartient l’ordre, hier comme aujourd’hui. C’est Lui qui juge ce qu’Il veut et fait ce qu’Il veut. N’est-ce pas à Lui qu’appartiennent la création et le commandement ? Béni soit Dieu, Seigneur de l’univers.
Dieu – exalté soit-Il – a également dit : « Ô Enfants d’Israël, Nous vous avons certes sauvés de votre ennemi, et vous avons donné rendez-vous sur le flanc droit du Mont (Tûr) et Nous avons fait descendre sur vous la manne et les cailles (80). Mangez des bonnes choses dont Nous vous avons pourvus, et ne commettez pas d’excès, sinon Ma colère s’abattra sur vous ; quiconque se voit frapper par Ma colère est perdu (81). Mais Je suis Grand Pardonneur pour quiconque se repent, croit, accomplit de bonnes œuvres, puis s’engage sur la bonne voie. » [Tâ-Hâ, 80-82].
Dieu rappelle ici la faveur et la bienveillance dont Il fit preuve envers les Enfants d’Israël en les sauvant de leurs ennemis et en les libérant de l’oppression et de la détresse. Il leur avait promis la compagnie de leur Prophète, Son interlocuteur, à la droite du mont Tûr, c’est-à-dire parmi eux, afin de révéler à ce dernier des lois grandioses dans lesquelles résidait leur intérêt pour ce bas-monde et pour l’au-delà. En outre, Dieu – exalté soit-Il – leur fit descendre, en situation de difficulté et de nécessité lors de leur voyage, la subsistance dont ils avaient besoin.