Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Voici la traduction en français :

« Mûsâ déversa donc (son autorité) sur elle, aux moyens de sa cavalerie et de ses troupes,
Et la Syrie se soumit lorsque ce tisseur unique s’y rendit ;
C’est ce généreux qui a surpassé toute largesse par sa propre largesse,
Son père Yahyâ l’a précédé par sa générosité, tout comme ses aïeux ;
Ainsi Mûsâ ibn Yahyâ fit don de biens nouveaux et anciens ;
Et Mûsâ atteignit les sommets de la gloire alors qu’il n’était qu’au berceau.
Je l’ai distingué par mes louanges, autant en prose qu’en vers,
De la lignée des Barmékides, et qu’excellente est cette lignée !
Ils ont recueilli la poésie dans son ensemble, qu’elle soit concise ou prolongée.

Cette année-là, ar-Rachîd (Hârûn) destitua al-Ghatrîf ibn ‘Atâ’ du gouvernement du Khorassan et y nomma Hamza ibn Mâlik ibn al-Haytham al-Khouza‘î, surnommé « al-‘Arûs ». Au cours de la même année, ar-Rachîd désigna Ja‘far ibn Yahyâ ibn Khâlid ibn Barmak pour gouverner l’Égypte en son nom. Ja‘far délégua alors cette charge à ‘Umar ibn Mih’rân, qui était réputé pour sa mauvaise nature et son allure peu avenante parmi les scribes, et qui était atteint de strabisme. La raison de cette nomination était que le gouverneur en place, Mûsâ ibn ‘Îsâ, projetait de se révolter contre ar-Rachîd. Alors ar-Rachîd déclara : « Par Dieu, je vais le destituer et je mettrai à sa place l’homme le plus noble. » Il fit donc venir ‘Umar ibn Mih’rân et le désigna sous l’autorité de son délégué, Ja‘far ibn Yahyâ al-Barmakî.

‘Umar ibn Mih’rân se rendit en Égypte sur le dos d’une mule, accompagné de son serviteur Abû Durrah également monté sur une mule. C’est ainsi qu’ils entrèrent dans le pays. Il rejoignit l’assemblée de Mûsâ ibn ‘Îsâ, s’assit en dernier parmi les gens, puis, une fois ces derniers dispersés, Mûsâ ibn ‘Îsâ s’approcha de lui, sans savoir qui il était, et lui dit : « Que désires-tu, vieil homme ? » Il répondit : « Oui, que Dieu améliore la condition de l’émir. » Puis il lui remit les lettres. À leur lecture, Mûsâ ibn ‘Îsâ s’écria : « Es-tu ‘Umar ibn Mih’rân ? » Il dit : « Oui. » Alors Mûsâ lança : « Que Dieu maudisse Pharaon lorsqu’il dit : “N’est-ce pas à moi qu’appartient la royauté d’Égypte ?” (Coran 43 :51). » Il remit donc l’administration à ‘Umar et quitta les lieux.

‘Umar ibn Mih’rân prit alors ses fonctions. Il n’acceptait comme dons que l’or, l’argent ou des étoffes, notant sur chaque présent le nom de l’auteur du don. Ensuite, il réclamait l’impôt et insistait pour qu’on le lui verse. Certains tentaient de tarder ou d’esquiver, mais il jura de ne jamais rien prendre d’eux sur place : il les envoyait plutôt à Bagdad pour y acquitter leur dû et lui en rapporter un reçu. Il le fit avec quelques-uns et cela servit de leçon aux autres. Puis il préleva la deuxième échéance de l’impôt. Arriva la troisième échéance, et beaucoup se trouvèrent incapables de payer. Alors il eut recours aux présents précédemment reçus : si c’était de l’argent, il l’utilisait pour régler leur dû ; et s’il s’agissait de tissus, il les vendait, puis s’acquittait de leur dû en leur nom. Il leur disait : « Je n’ai conservé cela que pour vous, pour le moment où vous en auriez besoin. » Il parvint ainsi à recouvrer tous les impôts de la région d’Égypte, ce que personne avant lui n’avait accompli. Ensuite, il repartit ; en effet, ar-Rachîd avait stipulé que lorsque le pays serait pacifié et l’impôt collecté, il pourrait partir. Et il ne disposait d’aucune armée en Égypte à part son serviteur Abû Durrah et son chambellan, qui exécutait ses décisions.

Cette même année, ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Abd al-Malik mena la campagne d’été (as-sâ‘ifah) et s’empara d’une forteresse. Cette année-là également, Zubayda, épouse d’ar-Rachîd, accomplît le pèlerinage avec son frère. La conduite du pèlerinage fut assurée par Sulaymân ibn Abî Ja‘far al-Mansûr, oncle d’ar-Rachîd. »

فصَبَّ موسى عليها … بخَيْلِهِ وجُنودِهْ فدانتِ الشَّامُ لمَّا … أتى نَسيجُ وَحيدِهْ هذا الجَوَادُ الذي بَذْ … ذَ كُلَّ جُودٍ بجُودِهْ أعْدَاهُ جودُ أبيهِ … يَحْيَى وجُودُ جُدُودِهْ فجاد موسى بن يحيى … بطارفٍ وتَليدِهْ ونالَ موسى ذُرَا الْمَجْـ … ـدِ وهو حَشْوُ مُهُودِهْ خَصَصْتُهُ بِمَديحي … مَنْثُورِهِ وقَصِدِهْ من البرامِكِ عُودًا … لَهُ فأكْرِمْ بِعُودِهْ حَوَوْا على الشِّعْرِ طُرًّا … خَفيفِهِ ومَدِيدِهْ وفيها عَزَلَ الرشيدُ الغِطْريفَ بنَ عطاء عن خراسان وولَّاها حمزةَ بنَ مالك بن الهيثم الخزاعي الملقَّب بالعروس. وفيها ولى الرشيدُ جعفرَ بن يحيى بن خالد بن بَرْمَك نيابةَ مصر، فاستنابَ عليها جعفر عمرَ بن مِهْرَان، وكان شَنيعَ الخُلُق زَريَّ الشكل بين الكتَبَة، أحوَل، وكان سببُ ولايته إيَّاها أنَّ نائبَها موسى بن عيسى كان قد عزَمَ على خَلْع الرشيد، فقال الرشيد: واللَّهِ لأعزِلَنَّه، ولأوَلِّينَّ عليها أحسنَ الناس. فاستدعى عمرَ بن مهران هذا، فولَّاهُ عليها عن نائبِهِ جعفر بن يحيى البَرْمكي؛ فسار إليها عمر بن مهران على بغل، وغلامه أبو دُرَّة على بغلٍ آخر، فدخلها كذلك، فانتهى إلى مجلسِ نائبها موسى بنِ عيسى، فجلس في أُخرَيَاتِ الناس، فلمّا انفضَّ الناسُ أقبل عليه موسى بن عيسى وهو لا يعرِفُ منْ هو فقال: ألَكَ حاجةٌ يا شَيخ؟ قال: نعَمْ أصلَحَ اللَّه الأمير. ثم دفَعَ الكُتُبَ إليه، فلمَّا قرأها قال: أنت عمرُ بن مِهْران؟ قال: نعم. قال: لعَنَ اللَّه فِرْعون حين قال: ﴿أَلَيْسَ لِي مُلْكُ مِصْرَ﴾ [الزخرف: ٥١] . ثم سلَّم إليه العمل، وارتحل منها، وأقبل عمر بن مِهْرَان على عمَلِه، وكان لا يقبلُ شيئًا من الهدايا إلَّا ما كان ذهبًا أو فضة أو قماشًا، ثم يكتبُ على كلِّ هديَّةٍ اسمَ مُهْديها، ثم يطلبُ الخراجَ ويُلحُّ في طلَبِهِ عليهم، فشرَعَ بعضُهم في مُماطَلَتِه، فأقسم لا يَمْطُلُهُ أحدٌ فيقبض منه شيئًا؛ وإنما يَبْعَثُهُ إلى بغداد، ويَزنُ خراجَهُ بها، ويأتي بورقة القبض، ففعل ذلك ببعض الناس، فتأدَّبَ بقيَّتُهم، ثم جَباهُمُ القسط الثاني، فلما كان الثالث عَجَزَ كثيرٌ منهم عن الأداء، فجعَلَ يستحضرُ ما كانوا أدَّوْهُ إليه من الهدايا، فإنْ كان نقدًا أدَّاهُ عنهم، وإنْ كان بزًّا باعَهُ وأدَّاهُ عنهم، وقال لهم: إنِّي إنَّما ادخَرْتُ هذا لكم إلى وقتِ حاجتِكم. ثم أكمل استخراجَ جميعِ الخراج بديارِ مصر، ولم يفعلْ ذلك أحدٌ قبلَه. ثم انصرف عنها لأنه كان قد شرَط الرشيدُ أنه إذا مهد البلاد، وجَبَى الخراج، فذاك إذنُهُ في الانصراف. ولم يكنْ معه بالديارِ المصريةِ جيشٌ ولا غيرُه، سوى مولاهُ أبو دُرَّةَ وحاجبُه، وهو منفذٌ أمورَه. وفيها غزا الصائفة عبدُ الرحمن بن عبد الملك، ففتح حصنًا. وفيها حجَّتْ زُبيدة زوجةُ الرشيد ومعها أخوها، وكان أميرَ الحج سليمانُ بن أبي جعفر المنصور، عمُّ الرشيد.

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