Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis vint l’an cent soixante-seize (de l’Hégire). Cette année-là, Yahyâ ibn ‘Abd Allâh ibn al-Ḥasan ibn al-Ḥasan ibn ‘Alî ibn Abî Tâlib se fit connaître dans la région du Daylam, et une foule nombreuse se rallia à lui en si grand nombre qu’il gagna fortement en puissance. Des gens des divers districts et cités affluèrent vers lui, semant l’inquiétude chez ar-Rachîd et l’amenant à se préoccuper vivement de cette affaire. Il envoya alors al-Faḍl ibn Yaḥyâ ibn Khâlid ibn Barmak à la tête de cinquante mille hommes et lui donna le gouvernement des provinces du Djabal, du Rayy, du Djurdjân, du Ṭabaristân, du Qûmis, et d’autres encore. Al-Faḍl se dirigea vers ces régions avec grand apparat, tandis que les missives du calife, accompagnées de présents, lui parvenaient à chaque nouvelle étape. Ar-Rachîd écrivit également au souverain du Daylam pour lui promettre la somme d’un million de dirhams s’il facilitait la sortie de Yahyâ vers ses territoires.

Par ailleurs, al-Faḍl adressa des lettres à Yahyâ ibn ‘Abd Allâh pour l’assurer de sa protection et lui donner de grands espoirs, lui promettant d’intercéder en sa faveur auprès d’ar-Rachîd s’il venait à obtempérer. Toutefois, Yahyâ s’y opposa tant qu’il n’aurait pas obtenu un acte de sûreté (amân) signé de la main du calife. Al-Faḍl en informa ar-Rachîd, qui s’en réjouit et le considéra dès lors avec beaucoup d’importance. Le calife rédigea de sa propre main l’amân, avec comme témoins les juges, les juristes et les notables de Banû Hâchim, dont ‘Abd aṣ-Ṣamad ibn ‘Alî. Il l’envoya accompagné de riches présents et de multiples offrandes. Lorsque al-Faḍl reçut l’acte, il le transmit intégralement à Yahyâ ibn ‘Abd Allâh. Par la suite, il prit Yahyâ avec lui pour le conduire à Bagdad. Ar-Rachîd sortit à sa rencontre, l’honora et lui accorda une généreuse rétribution. Les membres de la famille Barmak se mirent à le servir avec une grande déférence, au point que Yaḥyâ ibn Khâlid déclara : « Je l’ai servi personnellement, ainsi que mes propres fils. » Cet exploit valut à al-Faḍl d’être hautement estimé par ar-Rachîd, car il avait œuvré à la réconciliation entre les ‘Abbâssides et les Fâṭimides. Au sujet de cette action, Marwân ibn Abî Ḥafṣa ibn Yaḥyâ composa des vers où il le remercia pour ce qu’il avait accompli :

« Tu as triomphé – puisses-tu ne jamais être privé de ta noble main de Barmakide ! –
Qui a recousu la déchirure entre les Hâshim.
À un moment où les réparateurs furent impuissants à la raccommoder,
Ils abandonnèrent, disant qu’elle était irrémédiable.
Ainsi tes mains ont-elles occupé une place glorieuse,
Dont le souvenir persistera lors des grands rassemblements.
Le bâton du pouvoir vous revient victorieux,
Dès lors que s’assemblent les bâtons des concurrents. » (1)

On rapporte ensuite que le comportement d’ar-Rachîd à l’égard de Yahyâ ibn ‘Abd Allâh ibn al-Ḥasan changea : il se mit en colère contre lui, et l’on dit même qu’il l’emprisonna. Il le convoqua alors en présence de plusieurs membres de la famille hachémite et produisit l’acte d’amân qu’il lui avait envoyé. Ar-Rachîd interrogea Muḥammad ibn al-Ḥasan pour savoir si cet acte était valide. Celui-ci répondit : « Oui. » Le calife s’irrita à son encontre. Abû al-Bakhtarî dit alors : « Cet acte d’amân ne vaut rien : prononce ton jugement comme tu l’entends. » Il déchira le document et le couvrit de son mépris. Ar-Rachîd se tourna alors vers Yahyâ ibn ‘Abd Allâh et lui dit, d’un ton faussement rieur qui masquait sa colère : « Hein, hein ! Les gens prétendent que nous t’avons empoisonné. » Yahyâ s’exprima alors : « Ô Commandeur des croyants, nous avons entre nous un lien de parenté, une parenté de sang et un droit de protection ; pourquoi donc me torturer et m’emprisonner ? » Ar-Rachîd fut ému à son propos, mais c’est alors que Bakkâr ibn… (la suite du récit se poursuit).

(1) Les vers dans al-Muntazam d'Ibn al-Jawzī (vol. 9, p. 17).
[ثم دخلت سنة ست وسبعين ومئة] فيها كان ظهورُ يحيى بن عبد اللَّه بن حسن بن حسن بن علي بن أبي طالب ببلاد الدَّيْلَم، واتَّبَعهُ خلقٌ كثير، وجَمٌّ غَفير، وقَويتْ شوكتُه، وارتَحَلَ إليه الناسُ من الكُوَرِ والأمصار، فانزعجَ لذلك الرشيد، وقَلِقَ من أمرِه؛ فنَدَب إليه الفضلَ بن يحيى بن خالد بن بَرْمك في خمسين ألفًا، وولَّاهُ كُوَرَ الجبلِ والرَّيِّ وجُرْجَانَ وطَبَرِسْتانَ وقُومس، وغيرِ ذلك، فسار الفضلُ بن يحيى إلى تلك الناحية في أبَّهةٍ عظيمة، وكُتُب الرشيدِ تَلْحَقُه مع البُرُدِ في كلِّ مَنْزلة، وأنواعُ التُّحَفِ والبِرّ. وكاتَبَ الرشيدُ صاحبَ الدَّيْلم، ووعَدَهُ بألفِ ألفِ درهم إنْ هو سَهَّلَ خروجَ يحيى إليهم. وكتب الفضلُ إلى يحيى بن عبد اللَّه يَعِدُه ويُمَنِّيه، ويؤمِّلُه ويُرَجيه، وأنه إنْ خرجَ إليه أنْ يُقيم له العُذْرَ عند الرشيد؛ فامتنَعَ يحيى أن يخرجَ إليهم حتى يكتُبَ له الرشيدُ كتابَ أمانٍ بيدِه فكتبَ الفضلُ إلى الرشيد بذلك، ففَرِحَ الرشيد، ووقَعَ منه موقعًا عظيمًا. وكتب الإمانَ بيدِه، وأشهَدَ عليه القضاةَ والفقهاء، ومشيخةَ بني هاشم، منهم عبدُ الصمد بنُ علي. وبعث الأمانَ وأرسل معه جوائزَ وتُحَفًا كثيرةً جدًّا، فلما وصلَتْ إلى الفضل، بعثَها بكمالِها إلى يحيى بن عبد اللَّه، فسارَ بهِ الفضلُ، فدخل بهِ بغداد، وتلقَّاهُ الرشيدُ وأكرَمَهُ، وأجزَلَ له في العطاء، وخدَمَهُ آلُ برمكَ خدمة عظيمة، بحيث إنَّ يحيى بنَ خالد كان يقول: خدمتُه بنفسي وولدي، وعَظُمَ الفضلُ عندَ الرشيدِ جدًّا بهذه الفَعْلة، حيث سعى بالصُّلح بين العباسيِّين والفاطميِّين؛ ففي ذلك يقولُ مروان بنُ أبي حَفْصَة بن يحيى، ويشكرُهُ على صَنيعهِ هذا: ظَفِرْتَ فلا شَلَّتْ يَدٌ بَرْمَكيَّةٌ … رَتَقْتَ بها الفَتْقَ الذي بين هاشِمِ على حينِ أعْيَا الرَّاتِقينَ التئامُهُ … فكَفُّوا وقالوا ليس بالمتلائِمِ فاصبحتَ قد فازَتْ يداكَ بخطَّةٍ … من المجدِ باقٍ ذكرُها في المواسِمِ وما زالَ قِدْحُ المُلكِ يَخْرُجُ فائزًا … لكُمْ كلَّما ضُمَّتْ قِدَاحُ الْمُسَاهِم (١) قالوا: ثم إنَّ الرشيدَ تنكَرَ ليحيى بن عبد اللَّه بن حسن، وتغَيَّرَ عليه، ويُقال إنه سَجَنَه، ثم استحضرَه، وعندَهُ جماعاتٌ من الهاشميِّين وأحضرَ الأمانَ الذي بعثَ به إليه، فسأل الرشيدُ محمدَ بن الحسن عن الأمان، أصحيحٌ هو؟ قال: نعم. فتغيظَ الرشيدُ عليه؛ وقال أبو البَخْتَرِيّ: ليس هذا الأمانُ بشيء، فاحكُمْ فيه بما شئت. ومزَّقَ الأمانَ وبصق فيه أبو البختريّ، وأقبل الرشيدُ على يحيى بن عبد اللَّه فقال: هيهِ، هيه! وهو يتبسَّمُ تبسُّمَ الْمُغضَب وقال: إنَّ الناس يزعمون أنَّا سَممناك. فقال يحيى: يا أمير المؤمنين، إنَّ لنا قرابةً ورَحمًا وحقًّا، فعلامَ تعذِّبُني وتَحبسُني؟ فرَقَّ له الرشيد، فاعترض بكَّارُ بن
(١) الأبيات في المنتظم لابن الجوزي (٩/ ١٧).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies