Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Rifaʿa, qui était le client (‘mawlā’) de ʿAbd al-Raḥmān ibn Musāfir al-Fahmī. Al-Layth était l’imam des territoires égyptiens sans aucune contestation. Il naquit à Qarqashanda, en Égypte (1), en l’an quatre-vingt-quatorze. Son décès eut lieu en shaʿbân de cette même année, et il grandit dans les contrées égyptiennes.

Ibn Khallikân déclara : « Son origine remonte à Qalqalashanda (2) dont il a noté l’orthographe avec deux qâf, la seconde étant brève. » On rapporta que, selon certains, il était d’un esprit vif (3) et qu’il exerça la fonction de juge en Égypte, [mais on ne loua plus son intelligence par la suite] (4).

Il serait né en l’an cent vingt-quatre, ce qui est très surprenant. On mentionna qu’il retirait chaque année de son domaine cinq mille dinars. D’autres affirmèrent qu’il en gagnait quatre-vingt mille dinars par an en revenus de ses récoltes, et que la zakât ne lui incombait pas. Il était imam en fiqh, en ḥadîth et en arabe.

Ash-Shâfiʿî dit : « Al-Layth était plus savant en fiqh que Mâlik, mais ses disciples l’ont négligé » (5). Mâlik lui écrivit pour lui demander de l’assister en fournissant du ʿuṣfur (carthame) afin de préparer le trousseau de sa fille ; Al-Layth lui en expédia trente charges. Mâlik en utilisa la quantité voulue, puis en vendit pour cinq cents dinars, et il lui en resta encore. Une fois, Al-Layth accomplit le pèlerinage, et Mâlik lui fit porter un plateau rempli de dattes fraîches. Il le lui renvoya avec mille dinars à l’intérieur. Il offrait à l’un de ses compagnons parmi les savants mille dinars, voire des sommes avoisinant ce montant. Lorsqu’il se rendait à Alexandrie par la mer, il voyageait avec ses compagnons sur un navire, tandis que son intendance et sa cuisine occupaient un autre. Ses mérites sont innombrables, et nous l’avons déjà mentionné dans At-Takmîl.

Ibn Khallikân rapporta qu’il avait entendu quelqu’un dire, le jour de la mort d’Al-Layth :
« Al-Layth s’en est allé, et plus jamais vous n’aurez de lion (layth),
La science s’en est allée, jamais côtoyée, et fut enterrée. »
Ils se retournèrent mais ne virent personne.

Cette année-là mourut également : Al-Mundhir ibn ʿAbd Allâh ibn Al-Mundhir (6) al-Qurashî. Le calife al-Mahdî lui proposa de devenir juge en lui offrant cent mille dirhams puisés dans le trésor public. Il répondit : « J’ai promis à Dieu de ne jamais exercer aucune charge, et je demande protection au Commandeur des Croyants, au nom de Dieu, avant de trahir mon engagement. » Le calife lui dit : « Par Dieu ? » Il répondit : « Par Dieu. » Le calife lui dit alors : « Va, je t’en décharge. »

(1) Muʿjam al-Buldān (4/327). (2) Dans (Ḥ, Q) : « Qalaqshanda », ainsi que dans Wafayāt al-Aʿyān, et confirmé dans (B). (3) Dans (B) : « hanafi al-madhhab », dans (Ḥ) : « jayyid al-madhhab », et confirmé dans (Q). (4) Ce qui est entre crochets n’est pas dans (B, Ḥ), il provient de (Q). (5) Ṭabaqāt al-Muḥaddithīn bi’Aṣbahān (1/406), et Tahdhīb al-Asmāʾ wa al-Lughāt (2/382). (6) Sa biographie se trouve dans al-Thiqāt d’Ibn Ḥibbān al-Bustī (9/176), Tārīkh Baghdād (13/244), Tahdhīb al-Kamāl (28/503), Tuḥfat al-Taḥṣīl fī dhikr rawāt al-marāsīl (317), Taqrīb al-Tahdhīb (546).
رفاعة، وهو مولى عبدِ الرحمن بن مسافر الفَهْمي. كان الليثُ إمامَ الدَّيار المصرية بلا مُدَافَعَة، وولد بِقَرْقَشْندَة من بلادِ مصر (١) ، سنةَ أربعٍ وتسعين. وكانت وفاتُه في شعبان من هذه السنة، ونشأ بالديار المصرية. وقال ابنُ خلِّكان: أصلُهُ من قَلْقَلَشَنْدَة (٢) ، وضَبَطَهُ بقافين الثانية متحرِّكة. وحُكي عن بعضهم أنه كان جيِّدَ الذِّهْن (٣) ، وأنه وَلِي القضاءَ بمصر، [فلم يحمَدوا ذهنهُ بعدَ ذلك] (٤) . ولد سنةَ أربعٍ وعشرين ومئة، وذلك غريبٌ جدًّا. وذكروا أنه كان يدخلُه من مُلْكِه في كلِّ سنةٍ خمسةُ آلاف دينار. وقال آخرون: كان يدخُلُه من الغَلَّة في كلِّ سنة ثمانون ألفَ دينار، وما وجبَتْ عليه زكاة. وكان إمامًا في الفقه والحديث والعربية. قال الشافعي: كان الليثُ أفقهَ من مالك، إلَّا أنه ضيَّعهُ أصحابُه (٥) . وبعث إليه مالك يستهديه شيئًا من العصفر لأجلِ جهاز ابنتِه، فبعث إليه بثلاثين حِملًا، فاستعمل منه مالكٌ حاجتَه، وباع منه بخمس مئة دينار، وبقيَتْ عنده منه بقيَّة. وحجَّ مرةً فأهدى له مالكٌ طبقًا فيه رُطَب، فردَّ الطبقَ وفيه ألفُ دينار. وكان يهبُ للرجلِ من أصحابِهِ من العلماء الألف دينار وما يُقاربُ ذلك، وكان يخرج إلى الإسكندرية في البحر هو وأصحابه في مركب ومطبَخُهُ في مركب. ومناقبه كثيرةٌ جدًّا، وقد ذكرناه في التكميل. وحكى ابنُ خَلِّكان أنه سمع قائلًا يقولُ يوم مات الليث: ذهب اللَّيثُ فلا لَيْثَ لكم … ومَضَى العلمُ غريبًا وقُبِرْ فالتفتوا فلم يرَوْا أحدًا. وفيها تُوفي: المنذر بن عبد اللَّه بن المنذر (٦) القُرَشي، عَرَض عليه المهدي أنْ يليَ القضاء، ويعطيَهُ من بيت المال مئة ألف درهم؛ فقال: إني عاهدتُ اللَّه أنْ لا أليَ شيئًا، وأعيذُ أميرَ المؤمنين باللَّه أنْ أخيسَ بعَهْدي. فقال له المهدي: آللَّهِ؛ قال: آللَّهِ. قال: انطلقْ، فقد أعفَيْتُك.
(١) معجم البلدان (٤/ ٣٢٧). (٢) في (ح، ق): "قلقشندة"، وكذا في وفيات الأعيان، والمثبت من (ب). (٣) في (ب): "حنفي المذهب"، وفي (ح) "جيد المذهب"، والمثبت من (ق). (٤) ما بين المعقوفين ليس في (ب، ح)، وهو من (ق). (٥) طبقات المحدثين بأصبهان (١/ ٤٠٦)، وتهذيب الأسماء واللغات (٢/ ٣٨٢). (٦) ترجمته في الثقات لابن حبان البستي (٩/ ١٧٦)، تاريخ بغداد (١٣/ ٢٤٤)، تهذيب الكمال (٢٨/ ٥٠٣)، تحفة التحصيل في ذكر رواة المراسيل (٣١٧)، تقريب التهذيب (٥٤٦).

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