(1) Ou‘âzar vint alors, et Moïse l’accueillit et l’honora. Les anciens des Enfants d’Israël se réunirent autour de lui, le vénérèrent et l’exaltèrent. Ils rapportent qu’il remarqua combien les Enfants d’Israël affluaient vers Moïse pour régler les différends qui surgissaient entre eux. Il proposa donc à Moïse de placer sur le peuple des hommes honnêtes, pieux et chastes, détestant la corruption et la trahison, et de les établir chefs de milliers, chefs de centaines, chefs de cinquantes et chefs de dizaines, afin qu’ils jugent entre les gens. Lorsque certaines affaires leur paraîtraient trop compliquées, ils pourraient alors venir le consulter pour qu’il tranche ce qui leur échappait. Moïse — que la paix soit sur lui — mit ce conseil en application.
(2) Ils racontent également que, pendant le troisième mois après leur sortie d’Égypte, les Enfants d’Israël pénétrèrent dans le désert près du Sinaï. Leur Exode avait eu lieu au début de l’année qui leur fut prescrite, correspondant au début du printemps. Il semble donc qu’ils pénétrèrent dans la période d’errance au commencement de l’été, et Dieu sait mieux.
(3) Les Enfants d’Israël campèrent alors autour du mont Sinaï. Moïse gravit la montagne, et son Seigneur lui parla. Il reçut l’ordre de rappeler aux Enfants d’Israël la faveur que Dieu leur avait accordée en les sauvant de Pharaon et de son peuple, et en les portant telle une aigle soustrayant sa progéniture à l’emprise de leurs ennemis. Moïse fut chargé de demander aux Enfants d’Israël de se purifier, de se laver et de laver leurs vêtements, et de se préparer pour le troisième jour. En ce troisième jour, ils devaient se rassembler autour de la montagne sans s’en approcher, et quiconque s’en approcherait serait mis à mort, même parmi leurs bêtes, tant qu’ils entendraient le son du cor. Lorsque le cor se tairait, il leur serait alors permis de gravir la montagne (4). Les Enfants d’Israël entendirent cet ordre et obéirent : ils se lavèrent, se purifièrent et se parfumèrent. Quand arriva le troisième jour, une nuée épaisse recouvrit la montagne, accompagnée de tonnerres et d’éclairs, tandis que retentissait très fortement le son du cor. Saisis d’une grande frayeur, les Enfants d’Israël sortirent et se tinrent au pied de la montagne. Celle-ci fut enveloppée d’un intense nuage de fumée, en son centre se dressait une colonne de lumière, et toute la montagne trembla violemment. Le son du cor — le “bouc” ou le “shofar” (5) — se poursuivit et s’intensifia, alors que Moïse — que la paix soit sur lui — se tenait au sommet et y dialoguait avec Dieu. Le Seigneur ordonna à Moïse de redescendre pour demander aux Enfants d’Israël de s’approcher de la montagne afin d’entendre la Parole divine, et d’inciter les prêtres — c’est-à-dire leurs savants — à gravir la montagne pour s’y sanctifier (6). Voilà un passage explicite de leur Livre qui affirme l’inévitabilité d’un remplacement ou d’une abrogation de certaines règles.
Moïse dit : « Ô mon Seigneur, ils ne peuvent y monter, car Tu leur as déjà interdit cela. » Mais Dieu le Très-Haut lui enjoignit de descendre et de revenir avec son frère Aaron, tandis que les prêtres — leurs savants — et le peuple — le reste des Enfants d’Israël — resteraient à proximité. Moïse exécuta ces ordres, puis le Seigneur lui adressa la parole en ce moment même et lui prescrivit alors les Dix Paroles (les Dix Commandements).