Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il exerçait des responsabilités pour les intérêts des musulmans en matière d’équipements, de canaux et d’autres domaines. Il s’agit de Muḥammad b. Sulaymān b. ʿAlī b. ʿAbd Allāh b. ʿAbbās. Sa mère était Umm Ḥusman bt. Jaʿfar b. Ḥasan b. Ḥasan b. ʿAlī. Il comptait parmi les hommes les plus éminents de Quraych et en était l’un des plus vaillants. Al-Manṣūr réunit pour lui l’autorité sur Basra et Kūfa, et al-Mahdī lui donna en mariage sa fille, al-ʿAbbāsa. Il possédait de grandes richesses : son revenu quotidien s’élevait à cent mille (pièces). Il détenait également une bague en rubis rouge dont on disait qu’on n’en avait jamais vu de semblable.

Il transmit un ḥadīth rapporté de son père, lui-même le tenant de son aïeul Ibn ʿAbbās. Il s’agit d’un ḥadīth remontant (au Prophète) qui porte sur la manière d’essuyer la tête de l’orphelin jusqu’au devant de son crâne, et la tête de celui qui a encore un père jusqu’à l’arrière de son crâne (1). Il se rendit auprès d’ar-Rashīd pour le féliciter de son accession au califat ; ar-Rashīd l’honora, le traita avec considération et étendit grandement ses fonctions. Lorsqu’il voulut partir, ar-Rashīd l’accompagna pour le saluer jusqu’à Kalwādhā (2).

Il décéda en Jumādā al-Ākhira de cette année, à l’âge de cinquante et un ans. Ar-Rashīd envoya des gens dignes de confiance afin de prélever une partie de ses biens mobiliers : ils trouvèrent trois millions de dinars d’or et six millions de dirhams d’argent, en dehors de ses propriétés. Ibn Jarīr a rapporté qu’il mourut le même jour qu’al-Khayzurān (3).

Une de ses servantes se tint auprès de sa tombe et improvisa ces vers :
« La poussière est désormais le gîte de celui que j’aimais…
Dis à cette poussière, en la touchant : “Nous te saluons !”
Ô poussière, nous t’aimons, et si nous sommes comme cela,
C’est par respect pour celui qui repose sous ton couvert.” »

Cette même année, mourut également al-Khayzurān, concubine d’al-Mahdī, et mère des deux califes al-Hādī et ar-Rashīd. Al-Mahdī l’avait achetée, puis l’avait comblée de faveurs ; il l’affranchit et l’épousa. Elle lui donna deux califes : Mūsā al-Hādī et ar-Rashīd. Un tel fait ne se produisit pour aucune autre femme, hormis Wallāda bt. al-ʿAbbās al-ʿAbsiyya, épouse de ʿAbd al-Malik b. Marwān, qui fut la mère d’al-Walīd et de Sulaymān. Il en alla de même pour Shāh Fūnd bt. Fayrūz b. Yazdajird, qui mit au monde pour al-Walīd b. ʿAbd al-Malik : Marwān et Ibrāhīm, tous deux devenus califes.

On rapporte également, par la voie d’al-Khayzurān qui le tenait d’al-Mahdī, lui-même le tenant de son père et de son grand-père, puis d’Ibn ʿAbbās, que le Prophète ﷺ a dit :
« Celui qui craint Dieu, Dieu le préserve de toute chose. » (4)

Et lorsque al-Khayzurān fut présentée

(1) Al-Bukhārī l'a rapporté dans al-Tārīkh al-Kabīr (4/292) dans la biographie de Ṣāliḥ al-Nājī, al-Khaṭīb dans son Tārīkh Baghdād (5/291) dans la biographie de Muḥammad ibn Sulaymān, et al-Dhahabī l'a mentionné dans Mīzān al-Iʿtidāl (6/176) dans sa biographie également en disant : « c’est un sujet fabriqué ». Ibn Ḥajar l’a suivi dans Lisān al-Mīzān (5/188) dans sa biographie aussi. (2) « Kulwādhī » : son dernier caractère est un alif qui s’écrit avec un yāʾ maqṣūra, c’est un faubourg (ṭasūj) de la ville de l’Islam Baghdād, situé du côté oriental de Baghdād et du côté occidental du fleuve Būq. C’est aujourd’hui en ruines, mais ses vestiges subsistent. La distance entre elle et Baghdād est d’un farsakh (environ 5 à 6 km) vers la pente. Les poètes l’ont mentionnée fréquemment, et elle est souvent citée comme un lieu désertique (khalʿāʾ). On dit qu’elle porte le nom de Kulwādhī ibn Ṭahmūrt le roi. On dit aussi que Kulwādh est le cercueil de la Torah de Mūsā (Moïse) ﷺ. Voir Muʿjam al-Buldān (4/477-478). (3) Voir Tārīkh al-Ṭabarī (4/623). (4) Rapporté par al-Khaṭīb al-Baghdādī dans son Tārīkh (14/435‑431). Al-Ḥāfiẓ al-Dhahabī a dit dans Tārīkh al-Islām : « Cela n’est pas authentifié ».
وعلى مصالح المسلمين من العُدَد والبرك وغير ذلك؛ وهو محمد بن سليمان بن علي بن عبد اللَّه بن عباس، وأمُّه أمُّ حسمن بنت جعفر بن حسن بن حسن بن علي، وكان من رجالاتِ قريشٍ وشُجعانهم. جمع له المنصورُ بين البصرةِ والكوفة، وزوَّجه المهديُّ ابنتهُ العبَّاسة. وكان له من الأموال شيءٌ كثير؛ كان دخلُهُ في كلِّ يومٍ مئةَ ألف، وكان له خاتمٌ من ياقوت أحمر، لم يُرَ مثلُه. وروى الحديث عن أبيه عن جدِّه الأكبر وهو ابنُ عباس، وهو حديث مرفوع في مَسْحِ رأسِ اليتيم إلى مقدَّم رأسِه، ومَسْح رأسِ منْ له أبٌ إلى مؤخَّرِ رأسِه (١) . وقد وَفَد على الرشد فهنَّأه بالخِلافة، فأكرمه وعظَمَه، وزاده في عمَلِهِ شيئًا كثيرًا. ولما أراد الخروجَ خرَجَ معه الرشيدُ يُشيِّعُهُ إلى كَلْوَاذى (٢) . توفي في جُمادَى الآخرة من هذه السنة عن إحدى وخمسين سنة، وقد أرسل الرشد منِ اصطفى من ماله الصامت، فوجد له من الذهب ثلاثة آلاف ألف دينار، ومن الدراهم ستة آلاف ألف خارجًا عن الأملاك. وقد ذكر ابنُ جرير أن وفاته ووفاة الخَيْزُران في يومٍ واحد (٣) . وقد وقفَتْ جاريةٌ من جواريه على قبرِه فأنشأت تقول: أمسى الترابُ لِمَنْ هَويتُ مَبِيتا … القَ الترابَ فقلْ له حُيِّيتا إئا نُحبُّكَ يا ترابُ وما بنا … إلَّا كرامةُ منْ عليه حُثِيتا وفيها توفيت الخيزُران جاريةُ المهدي، وأمُّ أميرِ المؤمنين الهادي والرشد، اشتراها المهديُّ وحَظِيَتْ عدَهُ جدًّا ثم أعتَقَها وتزوَّجَها، ولدَتْ له خليفتَيْن: موسى الهادي، والرشد، ولم يتفق هذا لغيرِها من النساء إلَّا لولَّادة بنت العباس العبسية، زوجةِ عبدِ الملك بن مروان، وهي أمُّ الوليد وسليمان، وكذلك لشاه فونْد بنت فَيْروز بن يَزْدَجِرْد، ولدَتْ لِمولاها الوليد بن عبد الملك: مروانَ وإبراهيم، وكلاهما وَلي الخلافة. وقد رُوي من طريق الخيزُرَان عن مولاها المهدي، عن أبيه، عن جدِّه، عن ابن عباس، عن النبيِّ ﷺ قال: "مَنِ اتقى اللَّه وقاهُ كل شيء" (٤) . ولما عُرضَتِ الخيزُران
(١) أخرجه البخاري في التاريخ الكبير (٤/ ٢٩٢) في ترجمة صالح الناجي، والخطيب في تاريخ بغداد (٥/ ٢٩١) في ترجمة محمد بن سليمان، وذكره الذهبي في ميزان الاعتدال (٦/ ١٧٦) في ترجمته أيضًا وقال: هذا موضوع وتابعه ابن حجر في لسان الميزان (٥/ ١٨٨) في ترجمته أيضًا. (٢) "كلواذى": آخره ألف تكتب ياء مقصورة، وهو طَسُّوج تُرب مدينة السلام بغداد، وناحيةُ الجانب الشرقي من بغداد من جانبها، وناحية الجانب الغربي من نهر بوق، وهي الآن خراب، أثرها باق بينها وبين بغداد فرسخٌ واحد للمنحدر، وقد ذكرها الشعراء ولهج كثيرًا بذكرها الخلعاء، يقال: إنها سُمِّيت بكلواذى بن طهمورث الملك. ويقال: إن الكلواذ تابوت توراة موسى (عليه السلام) . انظر معجم البلدان (٤/ ٤٧٧، ٤٧٨). (٣) انظر تاريخ الطبري (٤/ ٦٢٣). (٤) رواه الخطيب البغدادي في تاريخه (١٤/ ٤٣٥ - ٤٣١) قال الحافظ الذهبي في تاريخ الإسلام: لا يثبت.

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