Ibn al-Jawzî prétendit dans son livre « Shudhûr al-ʿUqûd » qu’il serait mort en l’an 130, ce qui est très étrange, tandis que l’avis le plus connu demeure le premier. Et Dieu sait mieux.
Au cours de cette même année, al-Rabîʿ ibn Sulaymân ibn ʿAbd al-Jabbâr ibn Kâmil al-Murâdî, leur affranchi égyptien, l’éducateur, transmetteur d’al-Shâfiʿî et le dernier à avoir rapporté ses dires, s’éteignit. C’était un homme pieux. Al-Shâfiʿî avait discerné chez lui, tout comme chez al-Buwayṭî, al-Muzanî et Ibn ʿAbd al-Ḥakam, une prédisposition à la science, ce qui se vérifia par la suite.
De la poésie d’al-Rabîʿ, on rapporte ces vers :
« Patiente avec beauté, car la délivrance vient bien vite…
Quiconque est sincère envers Dieu dans ses affaires s’en sort victorieusement.
Celui qui craint Dieu n’est atteint d’aucun mal…
Et celui qui place son espoir en Dieu Le trouve là où il L’espère. »
Quant à al-Rabîʿ ibn Sulaymân ibn Dâwûd al-Jîzî, il transmit également d’al-Shâfiʿî puis mourut en l’an 256. Et Dieu sait mieux.
Puis arriva l’an 171. Cette année-là, Hârûn al-Rashîd adjoignit la garde du sceau à Yahyâ ibn Khâlid, en plus de sa fonction à la vizirat. Au cours de la même période, Hârûn al-Rashîd fit exécuter Abû Hurayra Muḥammad ibn Farrûkh, gouverneur de la Jazîra, dans le palais d’al-Khuld en sa présence. La rébellion d’al-Faḍl ibn Saʿîd al-Ḥarûrî éclata également cette année-là, et il fut tué. Dans le même temps, Rûḥ ibn Ḥâtim, gouverneur d’Ifriqiya, arriva. Cette année encore, la mère du Commandeur des croyants, al-Khayzurân, se rendit à La Mecque, où elle résida jusqu’au pèlerinage. Celui qui conduisit les fidèles pour le Ḥajj cette année-là fut ʿAbd al-Ṣamad ibn ʿAlî ibn ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs, oncle des califes, et il fut honoré et agréé.
Ensuite survint l’an 172 : Hârûn al-Rashîd supprima pour les habitants de l’Irak la dîme qui leur était prélevée en sus de la moitié. La même année, il quitta Bagdad à la recherche d’un lieu où s’installer, autre que Bagdad, mais il en fut troublé et revint sur ses pas. Cette année-là, le Ḥajj fut dirigé par Yaʿqûb ibn Abî Jaʿfar al-Manṣûr, oncle d’al-Rashîd. Par ailleurs, Isḥâq ibn Sulaymân ibn ʿAlî mena la campagne d’été.
Puis vint l’an 173. Cette année-là, Muḥammad ibn Sulaymân mourut à Baṣra. Hârûn al-Rashîd ordonna de placer sous séquestre les biens appropriés aux califes parmi ses possessions. On y trouva d’innombrables richesses, dont de l’or, de l’argent et du matériel de guerre, qu’on confisqua alors.