Il ne subsista de lui que son souvenir et son récit… Ses épouses en deuil l’appelaient à grands cris. Il ne vécut plus que dix jours après cet événement, puis il mourut.
Que Dieu lui pardonne et l’admette au Paradis, par Sa miséricorde, Amen.
On rapporte qu’une voix (un être invisible) lui adressa ces paroles :
« Il me semble que les habitants de ce palais ont péri…
Ses étendards et ses demeures sont effacés. »
Al-Mahdi lui répondit :
« Telles sont les affaires des hommes : ce qui est neuf se fane,
Et tout jeune homme verra un jour ses actes dépérir. »
La voix reprit :
« Fais provision (des biens) de ce monde, car tu es destiné à mourir.
Tu seras interrogé : que répondras-tu donc ? »
Al-Mahdi répondit :
« Je dirai que Dieu est la Vérité, j’en témoigne,
C’est là une parole dont les mérites sont innombrables. »
La voix reprit :
« Fais provision (des biens) de ce monde, car tu vas le quitter,
Et l’heure approche de ce qui va t’advenir. »
Al-Mahdi répondit :
« Dis-moi quand ce sera, puisse-tu être guidé,
Car je ferai aussitôt ce que tu m’as préconisé. »
La voix déclara alors :
« Attarde-toi trois jours après vingt nuits,
Jusqu’à la fin d’un mois, et tu ne l’achèveras pas. »
On raconte qu’il ne vécut ensuite que vingt-neuf jours, puis il mourut. Que Dieu lui fasse miséricorde.
Ibn Jarir (1) mentionne plusieurs récits quant à la cause de sa mort. Certains disent qu’il poursuivit une gazelle, entouré de ses chiens. L’animal entra dans une ruine, les chiens à sa suite, puis le cheval d’Al-Mahdi, emporté par son élan, y entra à son tour, brisant ainsi le dos du calife, ce qui provoqua sa mort.
D’autres disent qu’une de ses concubines fit parvenir à une autre un lait empoisonné. Le messager croisa Al-Mahdi sur son chemin ; il but de ce lait et en mourut.
On raconte également qu’elle lui envoya un plateau de poires, dont la plus grosse en surface était empoisonnée. Comme Al-Mahdi aimait particulièrement les poires, la servante qui transportait ce plateau passa devant lui ; il l’aperçut, l’appela, s’empara de la poire empoisonnée posée sur le dessus et la mangea.