Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il est connu de lui qu’il aimait jouer avec des pigeons et organiser des courses entre eux. Un groupe de traditionnistes, parmi lesquels se trouvait Ghayath ibn Ibrâhîm, se rendit auprès de lui. Ghayath lui rapporta le hadith d’Abû Hurayra : « Il n’y a de course autorisée qu’avec le khuff, la flèche ou le sabot », et il ajouta au hadith : « ou l’aile ». Le calife lui attribua alors dix mille (dirhams). Puis, quand Ghayath repartit, il (le calife) déclara : « Par Dieu, je sais que Ghayath a menti au sujet du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui). » Ensuite, il ordonna de faire abattre les pigeons et ne reparla plus jamais de Ghayath.

Al-Wâqidî a dit : « Un jour, je me suis présenté devant al-Mahdî ; je lui ai rapporté des récits et il les fit mettre par écrit. Puis il se leva, entra dans les appartements de ses épouses et en ressortit rempli de colère. Je lui demandai : “Pourquoi es-tu en colère, ô Commandeur des croyants ?” Il me répondit : “Je suis allé voir Al-Khayzarân ; elle s’est levée, a déchiré mon vêtement et s’est exclamée : ‘Je n’ai jamais rien vu de bon venant de toi ! Par Dieu, ô Wâqidî, je l’ai achetée à un marchand d’esclaves, et voilà qu’elle est parvenue à la place qui est la sienne ! De plus, j’ai reconnu pour successeurs ses deux fils en tant qu’émirs des croyants après moi.’”

Je lui ai alors dit : “Ô Commandeur des croyants ! Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : ‘En vérité, elles (les femmes) l’emportent sur les hommes nobles, et les hommes vils l’emportent sur elles.’ (1) Il a également dit : ‘Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur avec sa famille, et je suis le meilleur d’entre vous envers la mienne’ (2). Par ailleurs, la femme a été créée à partir d’une côte courbe : si tu tentes de la redresser, tu la brises.” Je lui exposai à ce sujet tout ce qui me vint à l’esprit. Il m’attribua alors deux mille dinars. Et lorsque je rentrai chez moi, le messager d’Al-Khayzarân me rejoignit avec deux mille dinars moins dix, ainsi que d’autres vêtements. Elle m’envoyait ses remerciements et me témoignait sa gratitude.

On rapporte également qu’al-Mahdî avait promis une récompense de cent mille à qui livrerait un homme originaire de Kûfa dont il avait ordonné l’exécution. Cet homme entra clandestinement à Bagdad, et un individu le reconnut. Il l’agrippa par le pan de son vêtement en criant : “Voilà celui que cherche le Commandeur des croyants !” L’homme voulut s’échapper, mais ne le put. Tandis qu’ils se tiraient chacun à soi et qu’une foule se formait autour d’eux, un émir passa avec son cortège : il s’agissait de Maʿn ibn Zâʾida. L’homme interpellé cria : “Ô Abû al-Walîd, je suis un fugitif qui cherche protection !” Maʿn lui dit : “Malheur à toi ! Qu’as-tu à faire avec lui ?” L’autre répondit : “C’est l’individu que le Commandeur des croyants recherche, avec à la clef une récompense de cent mille.” Maʿn rétorqua : “Ne sais-tu pas que je viens de lui accorder ma protection ? Relâche-le immédiatement.” Il ordonna alors à l’un de ses serviteurs de mettre pied à terre, fit monter l’homme sur sa monture et le conduisit chez lui.

Quant au dénonciateur, il se rendit aux portes du calife pour l’informer de l’affaire. La nouvelle parvint à al-Mahdî ; celui-ci fit appeler Maʿn, qui entra et le salua, mais le calife ne lui rendit pas son salut. Il lui dit : “Ô Maʿn, te voilà au point de protéger un homme contre moi ?” Il répondit : “Oui.” Le calife s’exclama : “Vraiment, oui ! N’ai-je pas déjà tué sous mon règne quatre mille hommes en prière, et il ne me serait pas permis d’en tuer un seul de plus ?!” Al-Mahdî baissa ensuite la tête, puis la releva pour dire : “Nous accordons à présent la sauvegarde à celui que tu as protégé, ô Maʿn.” Maʿn répondit alors : “Ô Commandeur des croyants, c’est un homme faible.” Le calife lui attribua donc trente mille. Maʿn ajouta : “Son méfait est grand, et les largesses des califes…” (la suite n’étant pas rapportée).

(1) Il a été rapporté par al-Khaṭīb dans son "Tārīkh Baghdād" (14/430), dans ce contexte. Ibn Ḥajar l'a mentionné dans le commentaire du hadith de Umm Zarʿ dans son "Fatḥ al-Bārī" (9/265), en l'attribuant à Muʿāwiya. (2) Il a été rapporté par Ibn Saʿd dans "al-Ṭabaqāt" (8/205) de ʿAbd Allāh ibn Shaddād ; par Ibn Ḥibbān dans son "Ṣaḥīḥ" (9/484) (4177) de ʿĀʾisha, et (9/491) (4186) d'Ibn ʿAbbās ; par al-Tirmidhī (5/709) (3895) dans le chapitre sur le mérite des épouses du Prophète ﷺ ; par Ibn Mājah (1/636) (1977) dans le chapitre sur la bonne cohabitation avec les femmes ; par Abū Nuʿaym dans "al-Ḥilya" (7/138) ; et par al-Khaṭīb dans son "Tārīkh" (14/430) dans ce contexte, ainsi que (7/13) d'Abū Hurayra. Ce hadith est authentique, comme l'a affirmé al-Tirmidhī.
واشتهر عنه أنه كان يحبُّ اللَّعِبَ بالحمَام، والسِّبَاق بينها، فدخل عليه جماعةٌ من المحدِّثين فيهم غياث بن إبراهيم، فحدَّثه بحديثِ أبي هريرة "لا سَبْقَ إلَّا في خُفٍّ أو نَصْلٍ أو حافِر" وزادَ الحديث: أو جَنَاح. فأمر له بعشرةِ آلاف، ولما خرج قال: واللَّه إني أعلمُ أنَّ غِياثًا كذَبَ على رسولِ اللَّه ﷺ ثم أمرَ بالحمَام فذَبَحه، ولم يذكُرْ غِياثًا بعدَها. وقال الواقدي: دخلتُ على المهديِّ يومًا، فحدَّثته بأحاديث، فكتبها عني، ثم قام فدخل بيوتَ نسائه، ثم خرج وهو ممتلئٌ غيظًا، فقلت: ما لك يا أمير المؤمنين؟ ! فقال: دخلتُ على الخَيْزران، فقامَتْ ومزَّقَتْ ثَوْبي، وقالت: ما رأيتُ منك خيرًا، وإني واللَّه يا واقدي إنما اشتريتُها من نَخَّاس، وقد نالَتْ عندي ما نالت، وقد بايعتُ لولدَيْها بإمرَةِ المؤمنينَ من بعدي. فقلت: يا أميرَ المؤمنين، إنَّ رسولَ اللَّه ﷺ قال: "إنَّهنَّ يغلِبْنَ الكرام، ويغلِبُهُنَّ اللئام" (١) . وقال: "خيرُكم خيرُكم لأهلِه وأنا خيرُكم لأهلي" (٢) . وقد خُلقَتِ المرأةُ من ضِلَعٍ أعْوَج، إنْ قَوَّمْتَهُ كسَرْتَه. وحدَّثتُه في هذا الباب بكلامٍ حضَرَني، فامرَ لي بألفَىْ دينار، فلمَّا وافَيْتُ المنْزِل إذا رسولُ الخيزران قد لَحِقني بألفَيْ دينارٍ إلَّا عشرةَ دنانير، وإذا معه أثوابٌ أُخَر؛ وبعثَتْ تشكرُني وتُثني عليَّ معروفًا. وذُكر أن المهديَّ كان قد أهدَرَ دمَ رجلٍ من أهلِ الكوفة، وجعل لمن جاء به مئةَ ألف، فدخل الرجلُ بغدادَ متنكِّرًا، فلقيه رجل، فأخذ بمَجَامِعِ ثوبِهِ، ونادى: هذا طَلِبةُ أميرِ المؤمنين. وجعل الرجلُ يريد أن يُفلِتَ منه فلا يَقدِر، فبينما هما يتجاذبان، وقد اجتمع الناس عليهما إذْ مَرَّ أميرٌ في مَوْكِبه، وهو مَعْنُ بن زائدة، فقال الرجل: يا أبا الوليد، خائفٌ مستجير! فقال معن: وَيْلَك! ما لَكَ ولَه؟ فقال: هذا طَلِبةُ أمير المؤمنين، جعل لِمَنْ جاء به مئةَ ألف. قال معن: أما علمتَ أنِّي قد أجَرْتُه؛ أرسِلْهُ من يدِك. ثم أمر بعضَ غلمانِهِ فترجَّل، وأركبَهُ وذهَبَ به إلى مَنْزِله؛ وانطلق ذلك الرجلُ إلى بابِ الخليفة، وأنْهَى إليهمُ الخبر، فبلَغَ المهديَّ، فأرسل إلى معن، فدخل عليه، فسلَّمَ ولم يردَّ عليه السلام وقال: يا معن، أبَلَغَ من أمرِك أنْ تُجيرَ عليّ؟ قال: نعم. قال: ونَعَمْ أيضًا؟! نَعَمْ، قد قتلتُ في دولتِكم أربعةَ آلاف مُصَلٍّ، فلا يُجارُ لي رجلٌ واحد؟ فاطرَقَ المهديُّ ثم رفع رأسَهُ إليه وقال: وقد أجَرْنا من أجَرْتَ يا مَعْن. فقال: يا أمير المؤمنين إنَّ الرجلَ ضعيف، فأمر له بثلاثينَ ألفًا، فقال: إنَّ جريمتَهُ عظيمة، وإنَّ جوائزَ الخلفاء
(١) أخرجه الخطيب في تاريخ بغداد (١٤/ ٤٣٠)، بهذا السياق. وذكره ابن حجر في شرح حديث أم زرع في فتح الباري (٩/ ٢٦٥)، منسوبًا إلى معاوية. (٢) أخرجه ابن سعد في الطبقات (٨/ ٢٠٥) عن عبد اللَّه بن شداد؛ وابن حبان في صحيحه (٩/ ٤٨٤) (٤١٧٧) عن عائشة، و (٩/ ٤٩١) (٤١٨٦) عن ابن عباس؛ والترمذي (٥/ ٧٠٩) (٣٨٩٥) باب فضل أزواج النبي ﷺ ؛ وابن ماجه (١/ ٦٣٦) (١٩٧٧) باب حسن معاشرة النساء؛ وأبو نعيم في الحلية (٧/ ١٣٨)، والخطيب في تاريخه (١٤/ ٤٣٠) بهذا السياق، و (٧/ ١٣) عن أبي هريرة، وهو حديث صحيح كما قال الترمذي.

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