La terre est obscure et le feu est étincelant… et le feu est adoré depuis qu’existe le feu (1). Alors, al-Mahdī ordonna qu’on le frappât, et il fut battu jusqu’à ce qu’il meure. On raconte également qu’il se noya, puis on le transféra à Bassora cette même année.
En cette année décédèrent : al-Ḥasan ibn Ṣāliḥ ibn Ḥayy, Ḥammād ibn Salama, al-Rabī‘ ibn Muslim, Sa‘īd ibn ‘Abd al-‘Azīz ibn Muslim, ainsi que ‘Utba al-Ghulām — c’est-à-dire ‘Utba ibn Abān ibn Ṣama‘a (2), l’un des ascètes célèbres et des « pleureurs » évoqués dans les récits. Il se nourrissait du produit de son travail manuel en tressant des feuilles de palmier, jeûnait constamment et rompait son jeûne avec du pain et du sel. Décédèrent également al-Qāsim al-Ḥaddhā’, Abū Hilāl Muḥammad ibn Salīm, Muḥammad ibn Ṭalḥa, ainsi qu’Abū Ḥamza al-Sukkarī (3), à savoir Muḥammad ibn Maymūn.
[Puis commença l’an 168] : durant le mois de Ramaḍān de cette année, les Byzantins rompirent le traité conclu avec les Musulmans sur ordre du père de Hārūn al-Rachīd, al-Mahdī. Ils ne respectèrent ce traité que pendant trente-deux mois. Alors, le gouverneur de la Jazīra envoya une expédition de cavalerie contre les Byzantins, qui tuèrent, firent des prisonniers, s’emparèrent du butin et revinrent sains et saufs.
Cette même année, al-Mahdī institua les bureaux (dīwān) des garanties, ce que les Umayyades ne connaissaient pas (4).