Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou al-Achhab al-‘Outâridî,
Abou Bakr an-Nahchalî,
et ‘Oufayr ibn Ma‘dân.

[Puis commença l’an 167 (de l’Hégire)]

Durant cette année, al-Mahdî envoya son fils, Mûsâ al-Hâdî, à Djourdjân avec une armée imposante, dont on n’avait jamais vu l’équivalent. Il confia la charge de ses correspondances à Abân ibn Sadaqa. Au cours de cette même année, ‘Îsâ ibn Mûsâ, qui avait été désigné héritier après al-Mahdî, mourut à Koufa. Le gouverneur de la ville, Rûh ibn Hâtim, fit alors venir le cadi et un groupe de notables pour attester de son décès, puis il fut inhumé. Or, Rûh ibn Hâtim avait refusé de prier sur sa dépouille, ce qui poussa al-Mahdî à lui adresser une lettre très sévère et à ordonner qu’on enquête sur sa conduite.

Cette même année, al-Mahdî révoqua Abou ‘Oubaid Allah Mu‘âwiya ibn ‘Oubaid Allah de la direction du dîwân des correspondances pour le confier à ar-Rabî‘ ibn Younus, le chambellan, qui délégua à son tour la fonction à Sa‘îd ibn Wâqid. Abou ‘Oubaid Allah continua néanmoins d’entrer auprès du calife avec son rang antérieur. Au même moment, un mal épidémique et une importante toux frappèrent Bagdad et Bassora, tandis que le ciel s’obscurcit au point de faire croire à la nuit en plein jour, phénomène qui dura jusqu’à une heure avancée. Cela se produisit au cours des dernières nuits de Dhou al-Hidja de cette année.

Al-Mahdî entreprit aussi de traquer un certain nombre de zindîqs à travers tous les horizons. Il les fit venir et les fit exécuter patiemment sous ses yeux(1). Celui qui dirigeait les poursuites contre eux était ‘Oumar al-Kalwâdhî. La même année, al-Mahdî ordonna une extension considérable de la Mosquée sacrée, incluant l’annexion de nombreuses maisons. Il en confia l’exécution à Yaqtîn ibn Mûsâ, chargé des affaires des Deux Lieux Saints. Il poursuivit ces travaux jusqu’à la mort d’al-Mahdî —ainsi qu’il sera rapporté— et, à cause de la trêve, les troupes ne partirent pas en campagne d’été.

Cette année-là, le pèlerinage fut dirigé par le gouverneur de Médine, Ibrâhîm ibn Mohammed, qui mourut quelques jours après avoir accompli le hadj. À sa place fut nommé Ishâq ibn ‘Îsâ ibn ‘Alî ibn ‘Abd Allah ibn ‘Abbâs.

Parmi les personnalités décédées cette année-là figure Bachchâr ibn Burd, Abou Mu‘âdh, le poète(2), affranchi de la tribu de ‘Ouqayl. Né aveugle, il commença à composer des vers avant l’âge de dix ans et produisit des comparaisons poétiques que les voyants eux-mêmes n’auraient pu imaginer. Al-Açma‘î, al-Djâhiz, Abou Tammâm et Abou ‘Oubeïda l’ont tous loué. Ce dernier affirme qu’il composa treize mille vers. Quand la nouvelle parvint à al-Mahdî que Bachchâr l’avait offensé en poésie et que des témoins l’accusaient de zandaqa, le calife ordonna

(1) Toute âme doit d'abord endurer la vie, puis elle est jetée jusqu'à ce qu'elle soit tuée. Elle a donc été tuée dans la patience. Lisan al-‘Arab (s. v. Sabr). (2) Sa biographie se trouve dans al-Aghānī (3/127), al-Ikmāl d’Ibn Mākūlā (7/184), al-Fihrist, p. 227, Tārīkh Baghdād (7/112), al-Muntaẓam (8/289), al-Kāmil fī al-Tārīkh (5/254), Wafayāt al-A‘yān (1/271), Siyar A‘lām al-Nubalā’ (7/24), Lisān al-Mīzān (2/15), al-Nujūm al-Zāhira (2/53), et Shudhūr al-Dhahab (1/264).
وأبو الأشهب العُطَارِديّ. وأبو بكر النَّهْشَلي. وعُفير بن مَعْدَان. [ثم دخلت سنة سبع وستين ومئة] فيها وجَّه المهديُّ ابنَهُ موسى الهادي إلى جُرْجان في جيشٍ كَثيف لم يُرَ مثلُه، وجعل على رسائِلِه أبان بن صدَقة، وفيها تُوفي عيسى بن موسى الذي كان وليَّ العَهْد من بعدِ المهدي، مات بالكوفة، فأشهدَ نائبُها روحُ بن حاتم على وفاته القاضيَ وجماعةً من الأعيان، ثم دُفن. وكان قد امتنع من الصلاةِ عليه، فكتب إليه المهديُّ يُعنِّفُهُ أشدَّ التَّعْنيف، وأمَرَ بِمُحاسَبَتِهِ على عمَلِه. وفيها عزل المهديُّ أبا عُبيد اللَّه معاويةَ بنَ عبيد اللَّه عن ديوانِ الرسائل وولَّاهُ الربيعَ بنَ يونس الحاجب، فاستخلف فيه سعيدَ بن واقد؛ وكان أبو عبيد اللَّه يدخلُ على مرتبتِه. وفيها وقع وباءٌ شديد، وسُعالٌ كثيرٌ ببغدادَ والبصرة، وأظلمتِ الدنيا حتى كانتْ كالليل، حتى تعالَى النهار، وكان ذلك لِلَيَالٍ بَقينَ من ذي الحجَّة من هذه السنة. وفيها تتبَّع المهديُّ جماعةً مَن الزنادقة في سائر الآفاق، فاستحضرَهم وقتلهم صَبْرًا بين يديه (١) ، وكان المتولي أمْرَ الزنادقة عمرُ الكَلْوَاذي. وفيها أمرَ المهديُّ بزيادةٍ كثيرةٍ في المسجد الحرام، فدخل في ذلك دورٌ كثيرة، وولَّى ذلك لِيَقْطين بن موسى الموكَّلِ بأمرِ الحرمَيْن، فلم يزل في عمارةِ ذلك حتى مات المهدي -كما سيأتي- ولم يكنْ للناسِ صائفةٌ للهُدْنة. وحجَّ بالناس في هذه السنة نائبُ المدينة إبراهيمُ بن محمد، وتوفي بعد فراغِهِ من الحجِّ بأيام، وولَّى مكانه إسحاق بن عيسى بن علي بن عبد اللَّه بن عباس. وممَّنْ تُوفي فيها من الأعيان: بَشَّارُ بنُ بُرْد أبو مُعَاذ الشاعر (٢) : مولى عُقَيل، وُلد أعمَى، وقال الشعرَ وهو دون عشرِ سنين، وله التشبيهاتُ التي لم يهتدِ إليها البُصَراء؛ وقد أثنى عليه الأصمعيّ، والجاحظ، وأبو تمام، وأبو عُبيدة وقال: له ثلاثةَ عشرَ ألفَ بيتٍ من الشعر، فلمَّا بلغَ المهديَّ أنه هَجَاه، وشهد عليه قومٌ أنَّه زِنْديق، أمَرَ به
(١) كلُّ ذي رُوح يُصْبَرُ حيًّا ثم يُرْمى حتى يُقتل. فقد قُتل صبرًا. لسان العرب (صبر). (٢) ترجمته في الأغاني (٣/ ١٢٧)، الإكمال لابن ماكولا (٧/ ١٨٤)، الفهرست ص (٢٢٧)، تاريخ بغداد (٧/ ١١٢)، المنتظم (٨/ ٢٨٩)، الكامل في التاريخ (٥/ ٢٥٤)، وفيات الأعيان (١/ ٢٧١)، سير أعلام النبلاء (٧/ ٢٤)، لسان الميزان (٢/ ١٥)، النجوم الزاهرة (٢/ ٥٣)، شذرات الذهب (١/ ٢٦٤).

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