Puis arriva l’année cent soixante-cinq (de l’Hégire). En cette année, al-Mahdî équipa son fils, ar-Rachîd, pour la campagne d’été (ṣâ’ifa) et envoya avec lui quatre-vingt-quinze mille soldats, ainsi que sept cents quatre-vingt-treize hommes. Il disposait en outre, pour les dépenses, de cent mille dinars, plus quatre-vingt-quatorze mille dinars, et quatre cent cinquante dinars ; et en argent (dirhams), vingt et un millions, plus quatre cent mille, plus quatorze mille huit cents dirhams. C’est ce que rapporte Ibn Jarîr (1).
Il atteignit avec ses troupes le bras de mer jouxtant Constantinople. Le souverain des Romains (Byzance) était alors la régente nommée Oughsata (Augusta), veuve de Léon, gouvernant avec son fils encore enfant. Elle sollicita la paix auprès d’ar-Rachîd, s’engageant à lui verser soixante-dix mille dinars chaque année. Il accepta sa proposition, après avoir tué parmi les Romains, au cours des batailles, cinquante-quatre mille hommes, et fait prisonniers parmi les femmes et les enfants cinq mille six cent quarante personnes. Il fit exécuter par mise à mort deux mille prisonniers, s’empara de vingt mille chevaux harnachés, abattit cent mille têtes de bœufs et de moutons. Les prix chutaient tellement que le cheval de selle (birḏawn) fut vendu à un dirham, la mule pour moins de dix dirhams, la cotte de mailles pour moins d’un dirham, et vingt épées pour un seul dirham.
À ce propos, Marwân ibn Abî Ḥafṣa s’exprima (2) :
« Tu as tourné autour de la Constantinople byzantine, appuyé
sur ta lance, au point que ses murailles furent couvertes d’humiliation.
Tu ne l’as pas attaquée avant que ses rois ne se présentent à toi
avec leur tribut, alors même que la marmite de la guerre bouillonnait. »
Cette même année, ce fut Ṣâliḥ ibn Abî Ja‘far al-Manṣūr qui dirigea le pèlerinage (ḥajj) des gens.
Décédèrent cette année :
• Sulaymân ibn al-Mughīra.
• ‘Abd Allâh ibn al-‘Alâ’ ibn Zabr (3).
• ‘Abd ar-Raḥmân ibn Thâbit ibn Thawbân (4).
• Wahb ibn Khâlid.