Il se fabriquait un visage en or et une multitude considérable le suivit dans son ignorance. Il montrait aux gens une « lune » visible à deux mois de voyage, puis elle disparaissait ; leur conviction à son sujet en fut grandement renforcée, et ils le protégèrent par les armes. Il prétendait – qu’Allah le maudisse et qu’Il soit exalté au-delà de ce qu’ils affirment – que Dieu était apparu sous la forme d’Adam, et c’est pour cela que les anges s’étaient prosternés devant lui ; ensuite sous la forme de Noé, puis dans celle des prophètes, l’un après l’autre, avant de se manifester à Abou Mouslim al-Khorasani, puis de se manifester en lui.
Lorsque les musulmans l’assiégèrent dans sa forteresse qu’il avait rebâtie dans la région de Kach, au-delà du fleuve (appelée Sanâm), il but alors, lui et ses femmes, un poison dont ils moururent. Les musulmans s’emparèrent de ses réserves et de ses biens.
Cette même année, al-Mahdi envoya des expéditions depuis le Khorassan et d’autres contrées contre les Byzantins. Il plaça à leur tête son fils Hârûn ar-Rachîd, qu’il accompagna en quittant Bagdad pour le soutenir sur plusieurs étapes, laissant à Bagdad la succession à son fils, Mûsâ al-Hâdî. Parmi ceux qui se trouvaient dans cette armée se trouvaient al-Housayn ibn Qahtaba, al-Rabî‘ le chambellan, ainsi que Khâlid ibn Barmak (dont la fonction était semblable à celle de vizir pour ar-Rachîd, héritier présomptif) et Yahyâ ibn Khâlid, qui était son secrétaire et gérait ses finances. Al-Mahdi continua de cheminer avec son fils jusqu’à ce qu’ils atteignent les cols des Byzantins, près de Djîhân. Là, il explora la ville appelée « al-Mahdiyya » en territoire byzantin, puis revint en Syrie et se rendit à Jérusalem. Ar-Rachîd se dirigea quant à lui vers les terres byzantines à la tête d’importantes armées. Par la grâce de Dieu, ils remportèrent de nombreuses victoires et saisirent d’immenses butins. Khâlid ibn Barmak y joua un rôle notable, surpassant celui de tout autre. Ils envoyèrent la bonne nouvelle à al-Mahdi par l’intermédiaire de Souleymân ibn Barmak, que ce dernier reçut avec grand honneur et récompensa généreusement.
La même année, al-Mahdi destitua son oncle ‘Abdou s-Samad ibn ‘Alî du gouvernorat de l’île de la Djazîra et y nomma Zoufar ibn ‘Âsim al-Hilâlî. Il le révoqua peu après pour le remplacer par ‘Abd Allâh ibn Sâlih ibn ‘Alî.
Durant cette année également, al-Mahdi confia à son fils Hârûn ar-Rachîd la gestion des contrées du Maghreb, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, et plaça à la tête de sa correspondance Yahyâ ibn Khâlid ibn Barmak. Il désigna et révoqua aussi plusieurs gouverneurs. Le pèlerinage annuel fut accompli par ordre d’al-Mahdi par ‘Alî ibn al-Mahdi.
Cette année-là, décédèrent :
• Ibrâhîm ibn Tahmân.
• Harîz ibn ‘Othmân al-Himsi ar-Rahabî.
• Mûsâ ibn ‘Alî al-Lakhmî l’Égyptien.