Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ô toi qui te réjouis de retrouver tes frères… Ralentis donc : te sens-tu à l’abri des ruses du Diable ?
Les cœurs se sont détournés de l’au-delà et de son rappel, et ils se sont affairés à l’avidité et à la perte.
Les assemblées de ceux que tu côtoies et leurs propos consistent désormais à dévoiler ce qui est caché et à faire périr la vitalité spirituelle.

(1)

Le Halabî dit :
« J’ai dit à Sary : “Ceci est l’exhortation de Bishr ; exhorte-moi donc à ton tour.” »
Il répondit : « Attache-toi à l’effacement (al-ikhmâl). »
Je dis : « J’aime cette idée. »
Il entonna alors :
« Ô toi qui prétends rechercher l’effacement, si tu es sincère, prépare-toi à certaines vertus :
Abandonne les réunions et les discussions, ô mon frère, et considère même ta sortie pour la prière comme un simple mirage.
Sois plutôt en elle pleinement vivant, comme si tu étais mort, au point que le proche ne s’attende pas à renouer avec toi. »

Muhammad ibn Muhammad al-Qasrî dit :
« J’ai dit au Halabî : “Ceci est l’exhortation de Sary pour toi ; exhorte-moi à ton tour.” »
Il répondit : « Ô mon frère, l’action la plus aimée de Dieu est celle qui monte jusqu’à Lui depuis le cœur de celui qui se détourne de ce monde. Détourne-toi donc de ce monde, et Dieu t’aimera. »
Puis il récita :
« Tu te trouves dans un monde de dispersion, prépare-toi donc à cette dispersion.
Considère le monde d’ici-bas comme un jour de jeûne, où tu t’abstiens de tes désirs.
Quant à la rupture du jeûne, place-la le jour de ta mort. »

Ibn Khurrâzâd dit :
« J’ai dit à ‘Alî : “Ceci est l’exhortation du Halabî pour toi ; exhorte-moi donc à ton tour.” »
Il me répondit : « Préserve ton temps, consacre-toi pleinement à Dieu – exalté soit-Il – et enlève de ton cœur la valeur que tu accordes aux choses. Ainsi, ton for intérieur s’épongera de toute souillure et ton rappel (de Dieu) s’élèvera. »
Ensuite il récita :
« Ta vie n’est qu’un nombre de souffles comptés : dès qu’un souffle s’en va, tu perds une partie de toi-même.
Tu te lèves ainsi diminué et tu te couches de même, sans même saisir où va ta perte.
Ce qui te fait vivre te tue à chaque instant, et un aiguillon t’entraîne, ne faisant qu’accroître ta dérision. »

Abû Muhammad dit :
« J’ai dit à Ahmad : “Ceci est l’exhortation d’‘Alî pour toi ; exhorte-moi donc à ton tour.” »
Il me répondit : « Ô mon frère, persévère dans l’obéissance à Dieu. Garde tes distances de toute forme d’avidité et de convoitise. Sois satisfait de ce que tu as et ne vends pas ton au-delà pour ce monde. Occupe-toi de ce qui importe vraiment et délaisse ce qui ne te concerne pas. »
Puis il récita :
« Je me suis repenti de mes actes, et quiconque suit ses passions le regrettera tôt ou tard.
Craignez (Dieu) afin d’être en sécurité après la mort, car vous rencontrerez un Seigneur juste qui n’est pas injuste.
Rien ne retient celui que ce bas-monde trompe. Il regrettera quand son pas trébuchera, sache-le. »

(1) Dans (B, H) : « et il créa un Coran », en remplacement de « et la mort de Janan », ce qui est confirmé dans (Q). (2) Ainsi dans les Ousûl, avec une emphase dans la rime ; il est probable que la forme correcte soit : « lam yuẓallam », c’est-à-dire qu’on ne lui attribua jamais une injustice.
يا مَنْ يُسرُّ برؤيةِ الإخوانِ … مهْلًا أمِنْتَ مَكايِدَ الشيطانِ خَلَتِ القلوبُ من الْمَعادِ وذِكْرِهِ … وتشاغلوا بالحِرْصِ والخُسْرانِ صارَتْ مجالسُ منْ تَرَى وحديثُهم … في هَتْكِ مَسْتُورٍ ومَوْتِ جَنَانِ (١) قال الحلبي: فقلتُ لِسَريّ: هذه موعظةُ بشر، فعِظْني أنت. فقال: عليك بالإخْمال. فقلت: أحبُّ ذاك. فأنشأ يقول: يا منْ يَرُومُ بزَعْمِهِ إخْمالًا … إنْ كان حقًّا فاستعِدَّ خِصالا تَرْكَ المجالِسِ والتذاكُرِ يا أخي … واجعَلْ خروجَكَ للصلاةِ خَيَالا بل كُنْ بها حَيًّا كأنَّكَ مَيِّتٌ … لا يَرْتَجي منه القريبُ وِصَالا قال محمد بن محمد القَصْري: قلتُ للحلبي: هذه موعظةُ سَريٍّ لك، فعِظْني أنت. قال: يا أخي أحَبُّ الأعمالِ إلى اللَّه ما صَعِدَ إليه من قلبِ زاهدٍ في الدُّنيا؛ فازْهَدْ في الدنيا يُحبَّكَ اللَّه ثم أنشأ يقول: أنتَ في دارِ شَتاتٍ … فتأهَّبْ لِشَتاتِكْ واجعلِ الدُّنيا كيومٍ … صمْتَهُ عن شَهَواتِكْ واجعلِ الفِطْرَ إذا … ما صُمْتَهُ يومَ وفاتِكْ قال ابنُ خُرَّزاد: فقلت لعلي: هذه موعظةُ الحلبيِّ لك، فعِظْني أنت. فقال لي: احفَظْ وقتَك، واسخُ بنفسِك للَّهِ – Exalté soit-Il – ، وانْزِعْ قيمةَ الأشياءَ من قلبِك، يَصْفُ لك بذلك سِرُّك، وَيذْكُو به ذِكْرُك. ثم أنشدَ يقول: حياتُكَ أنفاسٌ تُعدُّ فكلَّما … مضَى نَفَسٌ منها انْتَقَصْتَ بهِ جُزْءا فتصبحُ في نَقْصٍ وتُمْسي بمِثْلهِ … ومالَكَ مَعْقولٌ تُحسُّ بك رُزْءا يُميتُكَ ما يُحْييكَ في كلِّ ساعةٍ … ويَحدُوكَ حادٍ ما يَزيدُ بكَ الْهُزءا قال أبو محمد: قلتُ لأحمد: هذه موعظةُ على لك، فعِظْني. فقال: يا أخي، عليك بلُزومِ الطاعة، وإيَّاك أنْ تُفارقَ بابَ القناعة، وأصْلِحْ مَثْواك، ولا تُؤْثِرْ هَوَاك، ولا تَبعْ آخرَتَكَ بدُنياك؛ واشتغِلْ بما يَعْنيكَ بِتَرْكِ ما لا يَعْنيك. ثم أنشد: نَدِمْتُ على ما كانَ منِّي نَدَامةً … ومنْ يَتَّبِعْ ما تشتهي النفسُ يَنْدَمِ فخافوا لكيما تأمنوا بعدَ موتِكُمْ … ستَلْقَوْنَ رَبًّا عادِلًا ليس يَظْلِمُ (٢) فليس لِمَغْرورٍ بدُنْياهُ زاجِرٌ … سيَنْدمُ إنْ زَلَّتْ بهِ النَّعْلُ فاعْلَمِ
(١) في (ب، ح): "وخلق قران"، بدل "وموت جنان"، والمثبت من (ق). (٢) كذا في الأصول، بإقواءٍ في القافية، ولعلّ الصواب: "لم يُظَلَّم"، أي لم ينسب إلى الظُّلْم أبدًا.

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