Dix coudées de haut, et sa longueur était de dix coudées. Il tenait en main son bâton, qui mesurait également dix coudées, de sorte qu’il parvint jusqu’au talon de son pied et le tua. On rapporte cela de Nuf (1) al-Bikâlî, et Ibn Jarîr (2) l’a également transmis d’après Ibn ‘Abbâs. Toutefois, la chaîne de transmission qui l’attribue à ce dernier est sujette à caution. De plus, tout cela relève des « isrâ’îliyyât » (traditions rapportées des Fils d’Israël), dont beaucoup proviennent de personnes ignorantes parmi eux. En effet, les récits mensongers y sont nombreux, et ils ne distinguent pas ce qui est authentique de ce qui ne l’est pas. Par ailleurs, si ce récit avait été exact, les Enfants d’Israël auraient été excusables de refuser de combattre. Or Dieu les a blâmés pour ce refus, puis les a châtiés en les condamnant à l’errance pour avoir abandonné le combat et désobéi à leur Messager. Deux hommes vertueux issus de leur communauté les avaient pourtant incités au courage et mis en garde contre la lâcheté.
On dit que ces deux hommes étaient Yûsha‘ ibn Nûn et Kâlib ibn Yuqnah, comme l’ont indiqué Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, ‘Ikrima, ‘Atiyya, as-Suddî, ar-Rabî‘ ibn Anas et bien d’autres (3).
« Deux hommes d’entre ceux qui craignaient [Dieu] » (Coran 5 :23) signifie qu’ils craignaient Dieu. Certains ont lu « yukhâfûna », c’est-à-dire qu’on les redoutait. « Dieu les avait comblés de Sa grâce », c’est-à-dire par l’Islam, la foi, l’obéissance et le courage. « Entrez par la porte contre eux », puis « lorsque vous l’aurez franchie, vous serez les vainqueurs. Et placez votre confiance en Dieu si vous êtes croyants » signifient que si vous vous en remettez à Dieu, que vous imploriez Son aide et vous réfugiiez auprès de Lui, Il vous accordera Sa victoire contre vos ennemis, vous soutiendra face à eux et vous donnera le dessus.
« Ils dirent : “Ô Moïse, jamais nous n’y entrerons tant qu’ils y demeurent. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez ! Quant à nous, nous restons assis ici.” » (Coran 5 :24). Ainsi, les notables parmi eux persistèrent dans leur refus de combattre, et la situation devint très grave, marquée par une grande faiblesse.
On raconte alors que, lorsque Yûsha‘ et Kâlib entendirent ces propos, ils déchirèrent leurs vêtements, et que Moïse et Hârûn se prosternèrent, par respect envers la gravité de leurs paroles, mais aussi par colère pour Dieu et par compassion face aux lourdes conséquences qu’elles allaient entraîner.
« [Moïse] dit : “Ô mon Seigneur, je ne détiens de pouvoir que sur moi-même et sur mon frère ; sépare-nous donc de ce peuple de pervers !” » (Coran 5 :25). Ibn ‘Abbâs a expliqué : « [Moïse invoquait Dieu pour] qu’Il rende Sa sentence entre lui et eux » (5).
« [Dieu] dit : “Alors, elle leur sera interdite pendant quarante ans, durant lesquels ils erreront sur Terre ; ne t’afflige donc pas pour ce peuple de pervers !” » (Coran 5 :26). Ils furent donc punis pour leur refus en étant condamnés à errer dans le désert, marchant sans but de jour comme de nuit, du matin au soir. On raconte qu’aucun de ceux qui y étaient entrés n’en ressortit, car ils moururent tous au cours de ces quarante années, à l’exception de leur descendance, ainsi que de Yûsha‘ et Kâlib (– qu'Allah lui fasse miséricorde –).
Cependant, les compagnons de Muhammad, le jour de Badr, ne lui répondirent pas comme le peuple de Moïse avait répondu à celui-ci ; au contraire, lorsqu’il les consulta pour partir